
Ai-je pris le mauvais avion en revenant de vacances? Il y a trois semaines, la grogne populaire grandissait à l’aube de la saison des primes dans le quartier des finances. “Sans conséquences”, m’étais-je dit. L’année dernière, les banquiers avaient été grassement payés et sabraient le champagne devant un David Cameron complice et des contribuables dégoûtés.
Je m’étais trompée. Le 1er février, l’ancien patron de la Royal Bank of Scotland (RBS), Fred Goodwin, a été dépouillé de son titre de noblesse, acquis en 2004, pour “ses services au secteur bancaire”. Il a rejoint les rangs peu enviables de Mugabe et Ceausescu parmi les anciens “Sir”.
Son successeur, Stephen Hester, a renoncé à son bonus cette année pour apaiser la colère des Britanniques. Rappelons que l’État a sauvé la banque de la faillite en 2008 et détient maintenant 83% des parts.
Barclays, une des “Big Five” en Grande-Bretagne, a aussi tenté de calmer le jeu en annonçant une baisse de 50% des primes à ses caciques. Et ce, même si elle est toujours entièrement privée.
Enfin, nous apprenons aujourd’hui que Lloyd’s, l’autre banque qui a été nationalisée parce que trop grosse pour couler (too big to fail), punit des cadres, dont l’ancien président Eric Daniels, pour une affaire de surcharge. Ils devront restituer jusqu’à 50% de leurs primes, soit environ deux millions de livres sterling. Pendant dix ans, Lloyd’s a vendu des assurances-prêts à des épargnants qui n’étaient pas éligibles.
La Grande-Bretagne n’est pas devenue marxiste pour autant. Mais il semble que les banques ne sont plus si intouchables.
Les pétrolières par contre…Devinez qui devrait recevoir 600 000 livres sterling de son ancien employeur? Tony Hawyard, ancien président de BP, dont l’apparente indifférence face à la marée noire dans le golfe du Mexique, en 2010, avait enragé les Américains. Il devrait être récompensé pour la “bonne performance” de BP de 2009 à 2011.
En passant, je vous recommande fortement de regarder le film “Too big to fail” pour comprendre comment l’injection de 700 milliards de dollars dans le secteur bancaire en 2008 a fragilisé davantage l’économie américaine.










ralbol
20 février 2012
10h31
Too Big to Fail…
Aurait dû être:
Too Pig do Bail.
chandelier
20 février 2012
18h41
La Lloyd’s force des cadres à rendre 50 % de leurs bonus ? C’est une ‘punition’ bien légère et ces braves gens sont encore loin d’être à plaindre, malgré leur incompétence et/ou malhonnêteté. Quand à BP, ils basculent carrément dans la caricature. Quand on sait à quel point l’image de BP a souffert sous le règne de Hayward, on croit rêver.
norm05
20 février 2012
20h41
Je me suis toujours demandé comme une personne nous pouvons arriver à vivre dans un château au milieu d’un bidon-ville… Comment un Big peut tenir le coup devant l’itinérant à la porte de son grand hôtel pour ne pas sourciller quelque peu de cette injustice… Je lisais le témoignage d’une teneuse de bordel de petites filles de pas plus de 8 ans et un peu plus. Elle racontait qu’au début, elle trouvait cela difficile à tenir. Il fallait shooter les petites filles au basuco ou encore les attacher à une chaise pour attendre le prochain client afin qu’elles ne fuient pas. Comment elle pouvait tenir le coup cette teneuse de bordel…Une copine qui faisait la même job lui avait dit: – Surtout tu t’blindes, en dedans. Faut qu’ce soye béton! Après tu verras, on sent plus rien. Et, on s’bousille pas comme celles qui se shootent! Avoir le coeur dans le béton pour devenir insensible au vrai monde, à tous ces ouvriers qui font leurs châteaux et qu’ils parviennent à culpabiliser… Les petites saisies ne font pas de failles dans le mur de béton et les bigs resteront convaincus que c’est une injustice et ils feront en sorte de faire sentir coupable ou de faire peur aux petites gens pour conserver leurs privilèges…