Le Big blogue de Londres

Archive du 20 février 2012

Lundi 20 février 2012 | Mise en ligne à 9h38 | Commenter Commentaires (3)

Une première: saisie de bonus

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Ai-je pris le mauvais avion en revenant de vacances? Il y a trois semaines, la grogne populaire grandissait à l’aube de la saison des primes dans le quartier des finances. “Sans conséquences”, m’étais-je dit. L’année dernière, les banquiers avaient été grassement payés et sabraient le champagne devant un David Cameron complice et des contribuables dégoûtés.

Je m’étais trompée. Le 1er février, l’ancien patron de la Royal Bank of Scotland (RBS), Fred Goodwin, a été dépouillé de son titre de noblesse, acquis en 2004, pour “ses services au secteur bancaire”. Il a rejoint les rangs peu enviables de Mugabe et Ceausescu parmi les anciens “Sir”.

Son successeur, Stephen Hester, a renoncé à son bonus cette année pour apaiser la colère des Britanniques. Rappelons que l’État a sauvé la banque de la faillite en 2008 et détient maintenant 83% des parts.

Barclays, une des “Big Five” en Grande-Bretagne, a aussi tenté de calmer le jeu en annonçant une baisse de 50% des primes à ses caciques. Et ce, même si elle est toujours entièrement privée.

Enfin, nous apprenons aujourd’hui que Lloyd’s, l’autre banque qui a été nationalisée parce que trop grosse pour couler (too big to fail), punit des cadres, dont l’ancien président Eric Daniels, pour une affaire de surcharge. Ils devront restituer jusqu’à 50% de leurs primes, soit environ deux millions de livres sterling. Pendant dix ans, Lloyd’s a vendu des assurances-prêts à des épargnants qui n’étaient pas éligibles.

La Grande-Bretagne n’est pas devenue marxiste pour autant. Mais il semble que les banques ne sont plus si intouchables.

Les pétrolières par contre…Devinez qui devrait recevoir 600 000 livres sterling de son ancien employeur? Tony Hawyard, ancien président de BP, dont l’apparente indifférence face à la marée noire dans le golfe du Mexique, en 2010, avait enragé les Américains. Il devrait être récompensé pour la “bonne performance” de BP de 2009 à 2011.

En passant, je vous recommande fortement de regarder le film “Too big to fail” pour comprendre comment l’injection de 700 milliards de dollars dans le secteur bancaire en 2008 a fragilisé davantage l’économie américaine.

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