La plus longue occupation du mouvement des indignés n’est plus. Des dizaines de policiers ont démantelé le fameux camp de la cathédrale Saint-Paul à Londres hier soir. “Occupé depuis 137 jours, évacué en 137 heures”, titre aujourd’hui l’Evening Standard, quotidien londonien qui ne portait pas les indignés dans son coeur. Le tout s’est déroulé relativement dans le calme. Les journalistes cherchaient des manifestants qui avaient été brutalisés, en vain.
Il faut dire que la plupart d’entre eux ont quitté les lieux sans rechigner. Ils voyaient de toute façon la fin approcher: ils venaient de perdre leur dernier appel contre l’éviction. La poignée de campeurs qui narguaient les policiers du haut d’une forteresse de fortune ont été arrêtés.
Curieusement, cela m’attriste.
On s’était habitués à ces indignés au romantisme échevelé. Sur le parvis, on voyait souvent des touristes tourner le dos à la cathédrale pour prendre des photos et lire pensivement les pancartes qui ornaient les tentes de ces incorrigibles idéalistes. Le camp a eu de la belle visite en quatre mois: Julian Assange, le révérend américain Jesse Jackson, la designer Vivienne Westwood, Radiohead et un groupe de jeunes familles, pour ne nommer que ceux-ci.
Les quelques fois où je me suis aventurée dans le camp, j’ai rencontré des gens de toutes sortes. Des jeunes arrogants qui m’ont envoyer promener, de grands rêveurs qui m’ont tout de suite offert une tasse de thé, d’anciens consultants bancaires qui avaient été témoins d’évasion fiscale.
“Vous ne pouvez évincer une idée”, est le motto des expulsés. “Ce n’est que le début”, annonce le site internet d’Occupy London. Je n’en doute pas une seconde. M’est avis qu’ils attendront les jeux olympiques pour leur prochain coup.
En tout cas, après le succès de leur occupation, les attentes sont élevées pour la suite.
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