
C’est un débat qui tourne en rond, il me semble. Le directeur de l’Ordre britannique des infirmières et infirmiers a affirmé hier que l’héroïne devrait être prescrite aux héroïnomanes dans le système de santé. Il s’appuie sur un projet pilote auprès de 127 toxicomanes qui a démontré que leurs activités criminelles ont diminué de 66%. Leur prise en charge par le système de santé coûterait 14 000 livres sterling par personne au lieu de 44 000 livres sterling dans les infrastructures carcérales.
Le docteur Peter Carter a expliqué: “Ce n’est pas encourager la dépendance à l’héroïne, ces gens vont consommer de toute façon. Je crois qu’il devrait y avoir plus de recherches sur la mise en place de salles d’injection. Elles existent à Amsterdam et Sydney.”
Il aurait pu mentionner Vancouver, où les bienfaits d’Insite font consensus dans la communauté, même auprès des forces policières. Toutefois, le gouvernement Harper n’en veut pas. Il fait appel à la Cour suprême pour renverser un jugement autorisant la poursuite des opérations d’Insite.
Études à l’appui, les avantages d’offrir des injections sécuritaires aux héroïnomanes ne font aucun doute. Mais ce débat est une patate chaude politique pour des raisons évidentes. En les favorisant, un gouvernement s’expose à des attaques réactionnaires. Qui veut être accusé de cautionner des “piqueries”?
En Grande-Bretagne, nous ne sommes pas encore rendus là. Surtout que l’héro, ce n’est pas du cannabis. Elle fait peur. Et Londres, ce n’est pas Vancouver. Bref, le débat n’a pas fini de tourner en rond.
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