Pendant que la pire tempête de neige en trente ans s’abattait sur la Grande-Bretagne, une autre tempête frappait Downing Street hier. Deux anciens ministres, Patricia Hewitt et Geoff Hoon, ont tenté un putsch, un autre, contre Gordon Brown. Leur manoeuvre a raté de façon lamentable. Ils ont envoyé une lettre aux députés affirmant: “Alors que nous nous dirigeons vers des élections générales, le Parti Labour demeure profondément divisé sur la question du leadership…La seule façon de rémédier à cela est de permettre à tous les membres de voter à ce sujet.”
De longues heures se sont écoulées avant que les ministres ne commencent à publier des communiqués tièdes d’appui à Gordon Brown. Le plus attendu était celui de David Miliband, le ministre des Affaires étrangères, pressenti pour devenir le prochain chef du parti. Ce n’est qu’en début de soirée que Miliband a déclaré: “Je travaille de près avec le premier ministre sur les enjeux internationaux et j’appuie la campagne électorale pour le gouvernement travailliste qu’il dirige.” Comme enthousiasme, on a déjà vu mieux.
Le duo Hewitt-Hoon croyaient obtenir l’appui de six membres du cabinet que Nick Robinson identifie dans son excellent blogue de la BBC. Ils ont réalisé, peut-être trop tard, que les deux brutus étaient mal préparés pour fomenter ce coup. Sans programme électoral alternatif, ni successeur clairement désigné, cette rébellion semblait être un conflit de personnalités, une tentative de backstabbing. Une énième. On ne les compte plus contre ce bon vieux Brown. Plusieurs ministres avaient démissionné en bloc l’été dernier avant les élections locales, sans trop causer de vagues. Cette fois-ci encore, les alliés des comploteurs se sont dégonflés.
Où avaient-ils la tête? Comment ces opportunistes n’ont-ils pas vu le tort qu’il causait à leur parti? Et ce, à quelques mois des élections? Les conservateurs et les libéraux-démocrates sont morts de rire et exigent que des élections soient déclenchées immédiatement.
Et Gordon Brown dans tout ça? Il a affirmé que le coup foireux n’était qu’une “tempête dans une tasse de thé”. Business as usual, alors…
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