L’inquiétude plane sur l’Europe en ce moment. Une majorité de Suisses ont voté en faveur de l’interdiction des minarets. Des affiches comme celle ci-dessus ont attisé la peur envers les musulmans. La presse européenne interprète ce résultat comme un vote symbolique face aux musulmans, qui sont au nombre de 400 000 dans ce pays. Der Spiegel fait remarquer que les musulmans suisses sont modérés et bons citoyens pour la plupart, venant surtout de la Bosnie, du Kosovo et de la Turquie. Les mosquées sont à peu près invisibles et seulement quatre minarets ont été bâtis jusqu’à présent. Bref, le vote n’a pas été motivé par des problèmes réels.
Beaucoup prédisent que l’économie et l’image de la Suisse vont en souffrir. Je n’y crois pas vraiment. L’argent n’a pas d’odeur. Les exportateurs suisses vont continuer à faire des affaires avec leurs partenaires au Moyen-Orient (un partenariat valant plus de 6 milliards de dollars par an). À moins que le vote des Suisses soit contesté devant la Cour européenne des droits de l’homme, le monde aura oublié cette affaire dans une semaine et la Suisse redeviendra synonyme de chocolat, de paradis fiscaux et de montres luxueuses.
Mais la peur de l’islam n’est pas près de disparaître.
En fait, voici le temps où jamais pour les dirigeants européens de s’interroger sur ce qui ne va pas. Car les Suisses ont parlé pour des millions d’autres Européens qui se méfient des femmes voilées et des hommes en tunique de leur quartier. Des mesures urgentes, comme un dialogue inter-religieux, s’imposent et doivent partir de la base, dans les communautés. Autrement, le référendum d’hier ne sera qu’un avant-goût de politiques plus draconiennes et xénophobes.
Lire les commentaires (140) | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 







