Le Big blogue de Londres

Archive, novembre 2009

Lundi 30 novembre 2009 | Mise en ligne à 13h40 | Commenter Commentaires (140)

Pas de minarets en Suisse: les réactions

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L’inquiétude plane sur l’Europe en ce moment. Une majorité de Suisses ont voté en faveur de l’interdiction des minarets. Des affiches comme celle ci-dessus ont attisé la peur envers les musulmans. La presse européenne interprète ce résultat comme un vote symbolique face aux musulmans, qui sont au nombre de 400 000 dans ce pays. Der Spiegel fait remarquer que les musulmans suisses sont modérés et bons citoyens pour la plupart, venant surtout de la Bosnie, du Kosovo et de la Turquie. Les mosquées sont à peu près invisibles et seulement quatre minarets ont été bâtis jusqu’à présent. Bref, le vote n’a pas été motivé par des problèmes réels.

Beaucoup prédisent que l’économie et l’image de la Suisse vont en souffrir. Je n’y crois pas vraiment. L’argent n’a pas d’odeur. Les exportateurs suisses vont continuer à faire des affaires avec leurs partenaires au Moyen-Orient (un partenariat valant plus de 6 milliards de dollars par an). À moins que le vote des Suisses soit contesté devant la Cour européenne des droits de l’homme, le monde aura oublié cette affaire dans une semaine et la Suisse redeviendra synonyme de chocolat, de paradis fiscaux et de montres luxueuses.

Mais la peur de l’islam n’est pas près de disparaître.

En fait, voici le temps où jamais pour les dirigeants européens de s’interroger sur ce qui ne va pas. Car les Suisses ont parlé pour des millions d’autres Européens qui se méfient des femmes voilées et des hommes en tunique de leur quartier. Des mesures urgentes, comme un dialogue inter-religieux, s’imposent et doivent partir de la base, dans les communautés. Autrement, le référendum d’hier ne sera qu’un avant-goût de politiques plus draconiennes et xénophobes.

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Vendredi 27 novembre 2009 | Mise en ligne à 13h14 | Commenter Commentaires (22)

Quand Dubaï tousse…

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…le monde attrape le rhume, on dirait. J’avais écrit sur ses difficultés quand j’y étais en octobre. Cela m’avait valu des commentaires assassins. Maintenant, on sait un peu plus l’étendue du désastre. Dubai World a annoncé à ses créanciers hier qu’elle serait incapable de les payer pendant les six prochains mois. Immédiatement, la valeur des banques britanniques a fondu de 14 milliards de livres sterling. Incroyable. Le FTSE 100 a aussi perdu des plumes.

Comme l’explique le Guardian: “Des banques britanniques ont prêté à Dubaï des milliards de dollars pour financer ses tours étincelantes et ses pistes de ski dans le désert. Il y a maintenant un risque que, si plusieurs de ces prêts tournent mal, le pire ne soit pas passé pour les banques qui ont été sauvées à coups de milliards par les contribuables.”

C’est dire jusqu’où s’est rendue la mondialisation: un joueur bascule et le roi est échec et mat. Cette observation peu paraître futile aux lecteurs qui ont un brin de connaissance en économie. Mais aux yeux d’une néophyte comme moi, la fragilité de notre système est plutôt inquiétante.

Ce sujet m’a fait penser à Brixton, un quartier réputé violent et pauvre dans le sud de Londres. Le secteur, un fief pour le crime organisé, vient de se doter de sa propre monnaie: la livre de Brixton. Il s’agit de la première zone urbaine de l’Angleterre à tenter l’expérience de la transition monétaire, un mouvement d’économie parallèle.

La livre de Brixton, qui n’a aucune valeur à l’extérieur du quartier, vise à stimuler l’économie locale et protéger le quartier des chocs économiques mondiaux. En encourageant les marchands et fournisseurs locaux, les instigateurs du projet espèrent réduire l’empreinte carbonique du quartier, donc sa dépendance au pétrole. Un voeu pieux? Une solution à la mondialisation? Le temps le dira.

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Jeudi 26 novembre 2009 | Mise en ligne à 8h31 | Commenter Commentaires (9)

Une enquête sur ce qu’on sait déjà

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Une enquête publique sur l’invasion irakienne a débuté cette semaine. Ne vous réjouissez pas trop vite! John Chilcot, le chef de l’enquête, a rappelé que cet exercice ne lui donne aucun pouvoir judiciaire. Bref, il ne fera pas le procès de Tony Blair. Il s’agit davantage de tirer au clair la participation britannique dans cette guerre. Qu’avons-nous appris jusqu’à présent? Que des faucons de l’administration Bush discutaient déjà d’un “changement de régime” en Irak avant les attaques du 11 septembre. À l’époque, la Grande-Bretagne ne voulait pas en entendre parler, jugeant une invasion illégale sous la loi internationale. Le 11 septembre aurait fait vaciller Downing Street.

Puis hier, l’ancien directeur britannique de la sécurité internationale a affirmé que Londres avait appris, seulement quelques jours avant l’invasion, que le programme d’armes de Saddam Hussein était probablement désuet. Sommes-nous vraiment étonnés?

Je me demande pourquoi ce genre de commission, où les preuves et les arguments en faveur d’une action militaire sont détaillés, n’est pas exécutée avant d’entrer en guerre. Bush et Blair ont bien tenté d’obtenir l’aval de l’ONU mais leurs citoyens ne méritaient-ils pas des explications? Blair a martelé plusieurs fois que Saddam Hussein pouvait déployer son arsenal d’armes de destruction massive en moins de 45 minutes. Bref, qu’il n’y avait pas de temps à perdre. Au diable la réflexion.

Cette enquête est bienvenue mais sa portée est très limitée, comme ont observé beaucoup de chroniqueurs. Et elle vient bien trop tard, les deux principaux artisans de cette guerre n’étant plus au pouvoir. Tony Blair aura néanmoins à répondre aux questions de Chilcot en janvier ou février. Sa parution ne procurera aucune satisfaction, sauf celle de le voir s’expliquer, à nouveau, sur cette aventure désastreuse. En tout cas, je vous mets dans le coup si cette commission provoque des révélations intéressantes.

Pour mémoire, voici l’extraordinaire discours de démission de Robin Cook, alors ministre de Blair, en 2003. Il a été ovationné à la fin de son allocution, un fait rare à la chambre des Communes

Première partie:

Deuxième partie:

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