Quand l’économiste Nicholas Stern parle, la classe politique et la presse britannique écoutent. L’ancien économiste en chef de la Banque mondiale est une figure très respectée mais aussi contestée. Alors qu’il était conseiller du premier ministre Gordon Brown, il a publié un rapport explosif sur le réchauffement climatique. Les conclusions de l’ouvrage de 700 pages étaient graves. Le changement climatique sera catastrophique à long terme pour l’économie mondiale et les bénéfices de mesures préventives surpasseraient largement leurs coûts. Il suggérait la dépense de 1% du PIB mondial par année pour ces mesures (révisée à 2% depuis par Stern). Il prédisait aussi de nombreuses opportunités de croissance pour l’économie grâce à l’émergence de secteurs “verts”.
Il vient de faire froncer les sourcils en suggérant que nous devrions renoncer à manger de la viande pour sauver la planète. L’élevage de bétail produit d’énormes quantités de méthane, un gaz 23 fois plus nocif que le bon vieux CO2. Selon l’ONU, la production de viande est responsable de 18% des émissions de gaz carbonique.
Nicholas Stern prédit que l’attitude des gens face à la consommation de la viande évoluera. “J’ai 61 ans et l’attitude générale face à l’alcool au volant a complètement changé. La population sera de plus en plus consciente de l’impact carbonique de leur nourriture.”
Espérons qu’il a les pouvoirs d’un devin. Les environnementalistes savent depuis un bon moment ce qu’il vient d’affirmer. Mais ils n’ont pas la crédibilité d’un économiste maintes fois récompensé. Sa déclaration a fait du bruit dans les médias. Pas toujours bien accueillie, mais bon. J’ose espérer qu’elle fera du chemin jusque dans les chaumières. Et non, ceci ne vient pas d’une végétarienne pure et dure.
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