Le Big blogue de Londres

Archive, février 2009

Vendredi 27 février 2009 | Mise en ligne à 10h03 | Commenter Commentaires (31)

La nation des enfants-parents

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La semaine dernière, j’écrivais dans La Presse à propos d’Alfie, ce jeune père de 13 ans au visage de poupon. Une histoire triste mais pas exceptionnelle en Grande-Bretagne où le taux de grossesse chez les adolescents est le plus élevé de l’Occident, sauf pour les États-Unis. Eh bien, on vient d’apprendre que ce taux a augmenté. De 2006 à 2007, il est passé de 40,9 à 41,9 sur 1000 chez les filles de 15 à 17 ans. La première hausse en sept ans.

En 1998, le gouvernement avait promis de réduire de moitié le nombre d’adolescentes mères avant 2010. C’est clair qu’il ne réussira pas. Jusqu’à présent, il n’a pu faire mieux qu’une baisse de 12,6% chez les moins de 18 ans par rapport à 1998.

Les causes de ce problème? Définitivement un manque d’éducation sexuelle dans les écoles. Certains établissements sont toujours réticents à parler de sexe aux jeunes. Et avec le système scolaire alambiqué de la Grande-Bretagne, difficile pour le gouvernement d’installer un programme d’éducation sexuelle uniforme pour tous les jeunes.

Mais il y a une raison profondément culturelle à ce problème social: la pudeur excessive des Britanniques face au sexe et aux relations amoureuses. Le problème, c’est que des images sexuelles bombardent les jeunes chaque jour, sinon chaque semaine. Le sexe est partout mais personne n’en parle. Belle ambiance.

Dans un excellent éditorial, le Times parle de l’exemple des Pays-Bas, où il y a six fois moins de jeunes filles mères. Pourquoi? Parce que les Néerlandais ont une relation saine avec le sexe et sa dimension affective. “Nos inhibitions culturelles face à l’expression de l’amour ont enrichi notre littérature, et notre embarras à propos de la procréation a donné lieu à de grandes comédies. Mais la grossesse chez les adolescentes n’est pas drôle. La Grande-Bretagne a de sérieuses leçons à apprendre.”

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Jeudi 26 février 2009 | Mise en ligne à 13h26 | Commenter Commentaires (33)

Infantilisant, Facebook?

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Une sommité britannique en neurosciences a sonné l’alarme cette semaine sur l’utilisation de Facebook et autres réseaux virtuels. Selon Lady Greenfield, les enfants de Facebook, Bebo et Myspace pourraient devenir des adultes souffrant de déficit d’attention et de manque d’empathie, friands de sensationnalisme et pourvus d’une identité fragile. J’ajouterais à ça, un brin exhibitionnistes. Autrement dit, ils deviendraient des blogueurs. (Blague de blogueuse)

Elle a fait part de ses craintes à la Chambre des Lords.

Lady Greenfield croit que des recherches sont nécessaires pour examiner l’effet de ces interactions virtuelles sur le développement du cerveau humain. Elle explique dans une entrevue audio au Guardian comment notre société s’enfonce comme une somnambule dans ces technologies, qui agissent un peu comme des cloisons pour les humains. Elle se demande aussi si elles n’ont pas un lien avec le fait qu’il y a de plus en plus d’enfants autistes ou atteints de troubles de l’attention.

Vrai, l’arrivée de nouvelles technologies a toujours provoqué des pronostics d’horreur quant à leur impact social. Toutefois, je suis entièrement d’accord avec la scientifique sur la nécessité d’un débat de société sur Facebook et consorts.

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Mercredi 25 février 2009 | Mise en ligne à 11h07 | Commenter Commentaires (11)

Mort du fils de Cameron

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Le populaire chef de l’opposition conservatrice, David Cameron, n’a jamais caché l’importance qu’il voue à son rôle de père, ce qui lui a certainement fait gagner des points auprès de l’électorat. Il martèle depuis quelques années que la Grande-Bretagne est brisée et que la famille doit redevenir un pilier de la société. Aujourd’hui, c’est la famille de Cameron qui est brisée. Son fils aîné Ivan, sévèrement handicapé, est mort la nuit dernière dans un hôpital de Londres.

David Cameron a déjà parlé de son désarroi lorsqu’il a appris la maladie d’Ivan, atteint d’épilepsie et de paralysie cérébrale. “C’est comme si on était frappé par un train”, a-t-il déjà dit à ce sujet. Le fait qu’il ait côtoyé de si près les services de santé a influencé sa vision du système de santé britannique, qui n’est traditionnellement pas une priorité des Tories.

Par respect, le premier ministre Gordon Brown a écourté la session parlementaire aujourd’hui et a affirmé qu’il prierait pour la famille Cameron. Comme le fait remarquer le chroniqueur politique Nick Robinson, les deux rivaux -Brown et Cameron- ont maintenant en commun la terrible expérience de perdre un enfant. La première fille de Brown, Jennifer, n’a vécu que dix jours.

Cette nouvelle suscite un torrent de sympathie dans les médias. Cette mort du fils de David Cameron humanise certainement davantage le probable futur premier ministre de la Grande-Bretagne aux yeux des électeurs. Une humanité dont les Tories avaient bien besoin.

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