La semaine dernière, j’écrivais dans La Presse à propos d’Alfie, ce jeune père de 13 ans au visage de poupon. Une histoire triste mais pas exceptionnelle en Grande-Bretagne où le taux de grossesse chez les adolescents est le plus élevé de l’Occident, sauf pour les États-Unis. Eh bien, on vient d’apprendre que ce taux a augmenté. De 2006 à 2007, il est passé de 40,9 à 41,9 sur 1000 chez les filles de 15 à 17 ans. La première hausse en sept ans.
En 1998, le gouvernement avait promis de réduire de moitié le nombre d’adolescentes mères avant 2010. C’est clair qu’il ne réussira pas. Jusqu’à présent, il n’a pu faire mieux qu’une baisse de 12,6% chez les moins de 18 ans par rapport à 1998.
Les causes de ce problème? Définitivement un manque d’éducation sexuelle dans les écoles. Certains établissements sont toujours réticents à parler de sexe aux jeunes. Et avec le système scolaire alambiqué de la Grande-Bretagne, difficile pour le gouvernement d’installer un programme d’éducation sexuelle uniforme pour tous les jeunes.
Mais il y a une raison profondément culturelle à ce problème social: la pudeur excessive des Britanniques face au sexe et aux relations amoureuses. Le problème, c’est que des images sexuelles bombardent les jeunes chaque jour, sinon chaque semaine. Le sexe est partout mais personne n’en parle. Belle ambiance.
Dans un excellent éditorial, le Times parle de l’exemple des Pays-Bas, où il y a six fois moins de jeunes filles mères. Pourquoi? Parce que les Néerlandais ont une relation saine avec le sexe et sa dimension affective. “Nos inhibitions culturelles face à l’expression de l’amour ont enrichi notre littérature, et notre embarras à propos de la procréation a donné lieu à de grandes comédies. Mais la grossesse chez les adolescentes n’est pas drôle. La Grande-Bretagne a de sérieuses leçons à apprendre.”
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