
On voit des édifices détruits un peu partout.
Yves Therrien
Le Soleil
Du haut des airs, j’ai vu les abris de fortune, mais de l’avion, il est bien difficile de constater tous les dégâts. Le trajet entre l’aéroport et notre auberge à Pétion-Ville a révélé la profondeur des cicatrices aperçues du haut des airs.
Dans le champ, juste en face de l’aéroport, il y a des centaines de tentes, des milliers un peu partout en ville, et des milliers de réfugiés. Sur la route Delmas, j’ai vu des tas de débris, des édifices écrasés, fissurés et de nombreux graffitis à saveur politique, mais aucun ne mentionnait Wycleff Jean.

Un marché bondé sur les trottoirs près de Pétion-Ville.
Ouf! C’est triste à voir. Pourtant, j’ai vu des gens le sourire aux lèvres sur la rue au travers d’autres gens qui mendiaient ou tentaient de vendre de petits riens. Plus loin, on traverse un marché sur les trottoirs juste avant d’arriver à l’hôtel. C’était la cohue dans le bric-à-brac!
J’ai été étonné par l’arrivée dans une salle climatisée à l’aéroport. Mais j’ai vite déchanté lorsque l’autobus nous a débarqués dans une espèce de hangar de la douane par lequel tous les passagers doivent passer et où il faisait plus de 35 degrés. Un four comme celui que j’ai connu à Ouagadougou l’an dernier. Ici, c’est un peu moins désorganisé.
C’était pire il y a quelques semaines, raconte Valérie, une Québécoise croisée sur le vol Miami Port-au-Prince et que Sébastien connaît. Elle travaille pour Oxfam Grande-Bretagne. Elle est en Haïti jusqu’en décembre et nous devrions la revoir durant la semaine.

En plus des tentes dans les camps des réfugiés du séisme ou dans des cours de maison, il y a des abris de fortune au travers des débris.
Une fois les bagages ramassés, nous avons rencontré Maxo Giordani, Haïtien pure laine malgré son nom à consonance italienne. Tout un personnage! Il sera notre chauffeur attitré pour les prochains jours et il nous prodigue des conseils judicieux pendant qu’il fait du slalom dans les rues pour éviter les trous. C’est pire que les rues de Québec ou de Montréal au printemps. Mon épaule déjà amochée en ressent les effets encore ce soir.
Et Maxo connaît Québec pour être passé par les bureaux de Plan Nagua. Et il a participé à des congrès de la centrale syndicale FTQ. Secrétaire général de l’Association des chauffeurs indépendants pour le développement du tourisme(ACIDT), il est aussi impliqué dans la Confédération des travailleurs haïtiens. Il a établi des partenariats avec Plan Nagua dont nous aurons certainement l’occasion de parler pendant les déplacements au travers des embouteillages et des nids d’autruches que sont les rues de la capitale haïtienne.
Debout à 4 h, trois vols plus tard et autant d’inspection des bagages dans les longues files d’attente au contrôle de sécurité, j’ai beau être assez fatigué, je peux difficilement me plaindre quand je vois des gens sourire dans une ville aussi amochée par le goudou-goudou.
Dans l’auberge Au Doux Séjour, les employés sont aimables quoiqu’un peu étonnés par le débordement de paroles des deux Blancs qui viennent de débarquer. Sébastien est presque aussi verbomoteur que moi! Je vous laisse deviner!
Demain, départ pour découvrir ce que fabrique l’Institut Culturel Karl Lévêque.
NOTE: Yves Therrien est l’invité de Coopération internationale Québec qui assume les frais de transport en Haïti et en République dominicaine.
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