Yves Therrien
Le Soleil
Les valises sont bouclées ou presque. Le dictionnaire Le Créole haïtien sera à portée de main pour être lu et relu pendant les trois vols qui m’amèneront à Port-au-Prince.
À la fois, j’ai hâte d’arriver dans la capitale haïtienne et j’ai quelques inquiétudes, car les photos et les reportages télé ne montrent qu’une partie de la désolation.
Le choc culturel risque d’être plus fort que celui vécu au Burkina Faso à pareille date l’an dernier.
Je ne pars pas seul. Sébastien Girard, coordonnateur à Coopération internationale Québec (CIQ) qui regroupe cinq ONG de Québec, me servira de contact avec les groupes haïtiens et de traducteur pour l’espagnol lorsque nous rencontrerons des gens des organisations de la République dominicaine qui collaborent à des projets en Haïti.
Je verrai Port-au-Prince près de huit mois après le goudou-goudou, ce nouveau mot à la mode, selon notre professeur de créole Serge Vicière, pour parler du séisme de janvier. Et selon ce que l’on sait, les projets de reconstruction sont toujours sur les tables à dessin et dans les discussions, mais les débris n’ont pas encore été ramassés pour mettre en chantier les nouvelles habitations.

Du 16 au 28 août, je visiterai des responsables de projets à Port-au-Prince, comme ceux de l’Institut culturel Karl Lévêque où je reverrai Marc-Arthur Fils-Aimé qui était de passage à Québec ce printemps dans les bureaux de Plan Nagua pour élaborer des projets de coopération.

Marc-Arthur Fils-Aimé de l'Institut culturel Karl Lévêque
Nous devrions obtenir un rendez-vous à l’ambassade canadienne pour discuter avec le responsable de la coopération canadienne en Haïti. Il devrait nous brosser un tableau des efforts de reconstruction jusqu’à maintenant.
J’irai rencontrer des producteurs de café et l’agronome David Nicolas dans le village de Baptiste (secteur identifié par le numéro 2 sur la carte). Puis, ce sera la visite de projet en collaboration avec Coopération Santé internationale dans le village de Labrousse (secteur identifié par le numéro 3).

David Nicolas, agronome à l'Institut de Consultation, d’évaluation et de formation.
Il faudra faire un petit tour en avion pour aller à Cap-Haïtien (secteur identifié par le numéro 1). Par la route, ça nous prendrait une dizaine d’heures pour parcourir 200 km dans des conditions inimaginables.
J’irai voir les efforts des groupes parrainés par l’Aide aux Aînés et L’AMIE (aide internationale à l’enfance) dans cette ville et dans le village de Limbé où je dois rencontrer un jeune éleveur de chèvres.
En moins de 15 jours, j’aurai des dizaines d’histoires à raconter. Je viendrai faire le point sur ce blogue régulièrement, dans la mesure où je dénicherai une connexion Internet fiable.
Une série de textes seront publiés dans Le Soleil à mon retour à Québec sur ces projets à petits budgets qui permettent de changer la vie des gens après le grand bouleversement du tremblement de terre.
NOTE: Yves Therrien est l’invité de Coopération internationale Québec qui assume les frais de transport en Haïti et en République dominicaine.
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