Denis Gagnon, photo André Pichette, archives La Presse.
On le reconnaît à ses lunettes surdimensionnées (objet de discussions sur ce blogue même), sa silhouette de jeune homme et surtout, ses apparitions camouflées de fin de défilé: Denis Gagnon.
Vedette de la mode montréalaise, Denis Gagnon en est aussi l’illustration parfaite des paradoxes de ce domaine. À ce titre, le documentaire de Koah Lê Je m’appelle Denis Gagnon (présenté dimanche au FIFA) est tout à fait frappant.
Salué ou encouragé par tout ce que le Québec compte de magazines et journaux, Denis Gagnon, bientôt 50 ans, y décrit aussi la modestie et la précarité de sa condition de designer.
Et le réalisateur de montrer Denis Gagnon, cousant lui-même les collections dans le sous-sol de son appartement montréalais, sachant pertinemment que des modèles de défilés, seuls 10% environ seront choisis par des vendeurs.
“Il a beaucoup de capital symbolique, peu de capital économique”, constate Koah Lê, avec qui j’ai discuté ce matin. Ancien vendeur dans la défunte boutique du Mile-End de Denis Gagnon, le réalisateur a pu voir l’admiration que suscite les vêtements, pourtant rarement achetés.
Refusant le commercial, le portable et le tendance, Denis Gagnon fonctionne à l’instinct; sans patron, il donne naissance aux vêtements directement sur le mannequin. “Denis, c’est un artiste, c’est un sculpteur”, dit Koah Lê.
Avec Joseph Helmer, Denis Gagnon est le créateur qui fait de son défilé un tableau vivant, penchant du côté de l’art bien plus que du côté du commerce de saison. Le paradoxe ici est d’être dans un monde de glamour, en étant finalement artiste plus que buisenessman (je dois toutefois préciser que le créateur s’est allié à Bedo pour une collection-capsule, à lire ici).
La place de Denis Gagnon est-elle dans une galerie d’art, dans un musée -il sera exposé au MBAM cet automne- ou en boutique? Plus que pour bien des créateurs, la question se pose avec une certaine acuité pour Denis Gagnon.
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Le film est un portrait très personnel et très intime du créateur que l’on découvre aussi en compagnie de sa mère et de ses soeurs dans un cadre on ne peut éloigné de celui de la mode.
“C’est vraiment un film de contrastes. Denis est plein de contradiction. C’est une personne très simple: oui, il porte des grosses lunettes, mais il a une vie très simple”, assure Koah Lê.
Vous essaierez peut-être d’aller voir le film Je m’appelle Denis Gagnon au FIFA dimanche et vous heurterez sans doute à des guichets fermés. Ne vous désolez pas: Le film repassera en supplémentaire à la Cinquième salle, le 27 mars.
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