Le trop-plein d’enseignes a-t-il tué la ville?
Cette idée, je l’ai retrouvé sous la plume de deux écrivains récemment.
Celle de François Bon, dans L’Incendie du Hilton, qui dit des enseignes internationales qu’elles sont “notre lèpre occidentale, infiniment extensible.”
Et celle du cinéaste Bernard Émond, dans son récent livre d’entretiens avec Simon Galiero: “Imaginez qu’on vous transporte instantanément dans une rue commerciale chic d’une grande ville, où que ce soit dans le monde, et je vous défie de me dire où vous êtes (…) Vous n’êtes nulle part, dans un lieu qui n’est plus un lieu, mais une succursale (…)”
Difficile de nier que les grandes chaînes de magasins et groupes internationaux n’ont pas standardisé les centres urbains. Mais quand je pense à la rue de Rivoli, où l’on peut facilement visiter plusieurs boutiques de la même enseigne à quelques mètres d’intervalle, quand je pense à ces enseignes qui reviennent comme à chaque coin de rue de New-York, je me dis que la rue Sainte-Catherine Ouest, toute commerçante qu’elle soit, s’en tire plutôt bien.
Et puis, en revoyant ces photos, je doute. Il me semble que Sainte-Catherine avait une toute autre allure avant l’arrivée des magasins que l’on retrouve de partout.
Qu’en pensez-vous?
Sainte-Catherine Ouest, dans les années 50. Photo Réal St-Jean, archives La Presse
Sainte-Catherine, dans les années 60. Photo Michel Gravel, archives La Presse
Sainte-Catherine Ouest, en 1965. Photo Michel Gravel, archives La Presse










hdufort
13 novembre 2009
11h10
Certaines villes considèrent que les enseignes de leurs grands boulevards font partie de leur patrimoine. Par exemple, Las Vegas et Wildwood.
jprodrigue
13 novembre 2009
11h47
J’avoue avoir été déstabilisé quand, à 200mètres l’une de l’autre, j’ai vue une série d’arches dorées dans les si jolies rues de Montpellier. On peut dire la même chose des grandes chaines du pêt-à-porter! Ce qui m’affecte le plus c’est la pollution visuelle (i.e. respecter l’harmonie visuelle/architecturale est un must) et non l’anonymat de ces lieux…
yvesderepentigny
13 novembre 2009
12h39
le juste milieu…vs savez!…
yves
agaguk40
13 novembre 2009
13h52
J’ai beau lire et relire votre billet et regarder les photos qui l’illustrent, je n’arrive pas à comprendre de quoi il est question ici. Est-ce un commentaire sur la mondialisation ou sur une supposée “pollution visuelle”? Et que signifie “je me dis que la rue Ste-Catherine ouest, toute commerçante qu’elle soit, s’en tire plutôt bien”?
Merci à l’avance de vos éclaircissements, c’est peut-être juste moi qui ai l’esprit confus…
Anabelle Nicoud
13 novembre 2009
13h57
@agaguk40: Ce que je veux dire, c’est que les grandes enseignes telles que -je cite au hasard- de restauration rapide ou de prêt-à-porter sont, d’après ces auteurs, responsables de l’uniformisation des centres-villes. Je trouvais que Sainte-Catherine Ouest, l’artère commerçante de Montréal, s’en sortait mieux que d’autres grandes rues dans le monde à ce niveau là. Les illustrations, elles, remontent plutôt à une époque pré-mondialisation des commerces. Désolée si ce n’est pas clair, j’ai au moment de la mise en page procédé à un petit remaniement du texte qui peut-être n’a pas éclairci le tout.
renaud_1
13 novembre 2009
14h03
Personnellement j’aime bien les enseignes sur les grandes artères commerciales. Ca donne une énergie spéciale.
Par contre ce que je n’aime pas c’est les grandes affiches sur le bord des autoroutes ou a la sortie des ponts.
Exemple la face de Louis-José Houde ou les boules de Marie-Chantal Toupin sur une pancarte de 200 par 200 a la sortie du pont Jacques-Cartier. Je plains les gens de la rive d’être obliger de se taper ca a chaque jour.
Par contre les pancartes du métro peuvent devenir agressantes. Présentement c’est pas trop pire, on voit beaucoup celle des jumelles qui donnent du sang mais elles sont cute donc ca passe mieux.
Par contre celle de la face d’André Robitaille en gros plan surprend a chaque fois.
Impressionnisme
13 novembre 2009
14h58
NON, évidemment, sur les rues commerciales. Je revois avec plaisir le Montréal des années 50 à 65 … le bon temps quoi !
dnmt1
13 novembre 2009
15h09
Paa fort comme question; êtes-vous payé pour poser des questions comme ça…
captjack
13 novembre 2009
15h46
“Difficile de nier que les grandes chaînes de magasins et groupes internationaux n’ont pas standardisé les centres urbains” C’est bien parce que les élus locaux veulent bien… si je reprends l’exemple ci-haut de Montpellier et le grand M, faudrait aller voir le centre ville de West Palm Beach, ou notre M est présent tout en respectant l’environnement et les règles locales, et ce avec les Gap, Victoria Secret de ce monde.
La rue Ste Catherine, s’en tire par accident, si vous voulez plutôt bien…comme le Blv Taschereau. C’est plutôt les commerces qui décident et parfois c’est laid, parfois c’est réussis, tout dépend des années!
djieff
13 novembre 2009
15h50
Il sera intéressant de voir ce qui arrivera à Sao Paulo maintenant que les panneaux de pub y sont interdits. Cette interdiction ne touche pas les enseignes, mais je crois que celles-ci doivent maintenant respecter certaines normes relatives à la taille.
Des projets artistiques sont en déploiement pour «compenser» le gris des édifices.
http://www.radio-canada.ca/emissions/telejournal/2008-2009/Reportage.asp?idDoc=84000
marijo_visa
13 novembre 2009
17h22
Ce qui porte à confusion ici, c’est le terme «enseigne». Pour être clair, est-ce bien d’une chaîne de magasins dont il est question ici, comme La Baie, Mexx, Guess, Gap et tout ça? Parce que dans ce cas-ci, c’est difficile à comprendre! Je crois que la plupart des lecteurs de ce billet croyaient qu’on y parlait d’affiches ou de panneaux!
patrick_charpentier
13 novembre 2009
18h11
Ça me rappelle un épisode de Mange ta ville de l’an dernier, où on abordait le design vernaculaire. Une fois qu’on est sensible à la chose, on redécouvre totalement la ville sous un tout autre angle. Les murales peintes il y a 75 ans sur les murs des manufactures, l’enseigne de ce petit commerce familial, sur Saint-Laurent, au hasard (ça me fait penser qu’une designer graphique a pris le lettrage de l’ancien commerce Simcha, sur St-Lô, et a développé une police de caractères avec; il va falloir que je fouille dans mes notes pour le retrouver…). Il y a cette bouteille de lait qui agrémente le paysage dans le coin du centre Bell, le patrimonial Farine Five Roses pas trop loin non plus. C’est certain que d’ici 75 ans, mes petits-enfants ne s’émeuvront pas devant des vestiges d’arches dorées, des vieilles pubs de cappucino glacé et de pubs de kakis sur fond blanc à tous les 50 mètres!
En passant, êtes vous allés à Granby récemment? Pour m’être marié à Las Vegas, c’est ce que j’ai trouvé de plus ressemblant dans mon coin de pays! Le centre ville, de soir, devient un arc-en ciel de néon. Je retiens surtout la gigantesque affiche de Chez Ben et le spectaculaire palmier du camping Tropicana (il y a aussi un motel sur la 112, pas très loin de là, dont l’enseigne est aussi digne de mention). De quoi faire rougir les seuls enseignes au néon remarquables du centre ville : Archambault, Five Roses et Super Sexe…
louise52
13 novembre 2009
20h47
L’Enseigne sur un boulevard ou une rue principale est nécessaire.Vous voyez-vous conduire la
tête à gauche ou à droite pour trouver un commerce, le nombre d’accrochage doublerait. Le côté esthétique doit être pris en considération et l’environnement des lieux naturellement.Les
commerçants de la rue Myrand à Sainte-Foy avaient donné à cette avenue un cachet qui sortait réellement de l’ordinaire, sobre et de bon goût. Elle serait devenue une deuxième ave.
Cartier, malheureusement la défunte mairesse Boucher en avait décidé autrement en exigeant des propriétaires des changements qui dépassaient le gros bon sens, à l’exception
du restaurant où elle faisait des rencontres d’affaires. Aujourd’hui, une avenue moche, sans
âme, qui cherche des clients. Une rue ou une avenue principale doit plaire aux passants, par
ses enseignes de bons goûts et la touche personnel de chaque propriétaire et surtout bien
éclairé. Ça donne le goût à l’automobiliste de s’arrêter pour mieux la connaître et peut être
faire un achat.
llavoie82
14 novembre 2009
10h26
Dans le cadre de mes études en urbanisme, une coll`gue et moi avons réalisé un travail sur la plaza Saint-Hubert, plus précisément nous partions avec hypothèse de départ que l’arrivé de la verrière dans les années 80 avait conduit lentement au déclin de cette artère. Je vous fais grâce du rapport et des conclusions. Comme le dit si bien l’adage: «Une image vaut mille mots»
Voici donc une photo de la Plaza Saint-Hubert prises dans les 60, avant l’implantation de cette verrière. À vous de juger…
http://images.google.ca/imgres?imgurl=http://www.urbanphoto.net/blog/wp-content/uploads/2007/12/sthubert2.jpg&imgrefurl=http://spacingmontreal.ca/2007/12/10/plaza-saint-hubert-before-the-green-awning/&usg=___4TE0jgfmJ2OkNeF8R52FtC-Ph8=&h=644&w=949&sz=106&hl=fr&start=9&tbnid=jSEyWlsFEOj1lM:&tbnh=100&tbnw=148&prev=/images%3Fq%3Dplaza%2Bst-hubert%26gbv%3D2%26hl%3Dfr
maroisnobinette
14 novembre 2009
10h49
marijo_visa
Je crois que les lecteurs ont très bien compris ce que Anabelle voulait dire et qu’il n’était pas nécessaire de nous donner un cours de linguistique pour un terme si courant. Bref, certes que les enseignes déguisent une belle ville comme Montréal surtout lorsqu’il s’agit des mêmes vieilles marques de bière et de boissons gazeuses.
dominique.demari
14 novembre 2009
13h06
Si le fait de voir quelques enseignes de grands commerces se répêter vous fait brouiller du noir, c’est que vous avez un autre problème.
Moi, les enseignes, je ne les vois plus car mon esprit n’est pas occupé à faire le décompte de tel ou tel chaîne. De plus, je trouve malsain aussi cette manie à toujours démonisé les grandes enseignes, comme si elles étaient responsables de tout nos maux. Pour moi, les enseignes ne sont que pollution lumineuse, mais sur des grandes artères commerciales, je m’y attend et ne me sent pas offusquer.
Des grandes enseignes qui s’installent dans votre ville et se multiplie font état de prospérité économique. Faut il se surprendre d’en voir sur les artères les plus commerciales de la ville?
Pour tout le reste, je vois ça comme une mauvaise gymnastique intellectuelle, j’irais même jusqu’à l’appeler “masturbation intellectuelle”.