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    Émilie Côté échange avec ses lecteurs sur les musiques de toutes sortes.
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    Mardi 13 septembre 2016 | Mise en ligne à 23h27 | Commenter Aucun commentaire

    Rodriguez à l’Olympia

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    Sixto Rodriguez se produisait à l’Olympia, mardi soir. Escorté sur scène, le musicien de 73 ans est en train de perdre la vue. Mais tout le reste est encore là: sa voix, son look d’enfer, et ses revendications populaires.

    La légende, seule sur scène avec sa guitare comme à son habitude, a ouvert le spectacle avec une reprise de Your Song d’Elton John.

    L’Olympia, salle de 2200 places, affichait complet depuis longtemps, et les billets se revendaient même très cher sur le web. Il faut dire que c’était peut-être la dernière chance de voir Rodriguez sur scène. Cette fébrilité enthousiaste flottait dans l’air.

    Rodriguez été redécouvert grâce au documentaire Searching for Sugar Man, couronné par un Oscar.

    Son histoire ne s’invente pas: oublié aux États-Unis après deux grands albums qui n’ont pas connu le succès mérité, l’homme modeste de Détroit est devenu une star en Afrique du Sud, où on le croyait mort.

    En avril 2013, nous avons vu Rodriguez sur scène au festival Coachella, en Californie. Vieilli dans ses gestes et mal voyant, il semblait faible.

    À le voir mardi soir, Rodriguez a manifestement pris du mieux, mais il doit toujours être escorté sur scène. Il semblait presque surpris par l’accueil chaleureux du public montréalais. Il a joué pendant près de 90 minutes, interprétant de (trop) nombreuses reprises, dont -et pour nommer que celles-ci- Chain Gang de Sam Cooke, Light My Fire de The Doors, (I Can’t Get No) Satisfaction des Stones, Somebody to Love de Jefferson Airplane, Blue Suede Shoes et même une revisite en anglais de La Vie en rose d’Édith Piaf.

    Le meilleur était dans ses chansons à lui qui ont tout pour devenir des classiques folk, dont Sugar Man, I Wonder, ainsi que les sublimes ballades Crucify Your Mind et I Think of You.

    Volubile sur scène, Rodriguez a parlé de ses parents mexicains, de Montréal et de la nature profonde immigrante de l’Amérique du Nord. C’était pour ensuite s’en prendre aux propos racistes de Donald Trump. “Il fait campagne contre son propre pays”, a déclaré Rodriguez.

    Rodriguez for president“, a alors répliqué un spectateur.

    Dans certaines de ses chansons et de par sa vie modeste à Détroit, Rodriguez incarne le monde ouvrier. “Power to the people“, répétait-il par ailleurs mardi soir à l’Olympia.

    Quelle occasion privilégiée c’était d’entendre une légende vivante comme lui. À lui pardonner la formule peut-être trop épurée de son spectacle, mais de grande nature folk comme Rodriguez.

    Rodriguez ne pourrait mieux incarner l’expression “vaut mieux tard que jamais”.

    (Malheureusement, de trop nombreux spectateurs bruyants, distraits et impolis n’ont pas saisi cette chance mardi soir à l’Olympia. À se demander ce qu’ils faisaient là, surtout ceux qui travaillent dans le domaine des arts.)


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