Le blogue de musique

Archive, mars 2014

Lundi 31 mars 2014 | Mise en ligne à 1h04 | Commenter Commentaires (5)

Kraftwerk: retour dans le futur

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

ÉMILIE CÔTÉ

Tout était surréaliste avant même que le spectacle de Kraftwerk commence: 2000 personnes se regardaient avec des lunettes 3D. Il faisait jour à l’extérieur avec un premier spectacle à 18h30 et un second à 22h15.

Un contexte inhabituel qui ajoutait à la visite du groupe mythique à Montréal pour offrir au public un film musical de science-fiction… ou plutôt un retour dans le futur.

Dimanche soir, le Métropolis était l’hôte du spectacle 3D grandiose de Kraftwerk, inspiré de la rétrospective que lui a consacrée le Museum of Modern Art (MoMA) de New York, en 2012.

Sur scène, Ralf Hütter n’est plus accompagné de son frère d’arme Florian Schneider, avec qui il a fondé le fameux studio Kling Klang, à Düsseldorf. Fritz Hilpert, Henning Schmitz et Falk Grieffenhagen sont à ses côtés, chacun derrière une console. Tous portent un justaucorps noir quadrillé de lignes blanches.

Pendant 90 minutes, ils ont transporté le public du Métropolis dans un vaisseau spatial visuel et sonore. Kaftwerk a présenté le meilleur de ses huit albums. Ce n’était pas un retour dans le temps, mais un retour dans le futur, disait-on.

C’est un euphémisme d’affirmer que le groupe électronique allemand  était avant-gardiste dans les années 1970. Dimanche soir, le spectacle a décollé avec Robots, servie par des projections 3D faisant croiser les fameuses statues robotiques emblématiques de Kraftwerk de l’époque. Les paroles de la chansons défilaient à l’écran: We’re functioning automatic/And we are dancing mechanic.

Kraftwerk a enchaîné avec Numbers (avec un visuel rappelant The Matrix) et Computer World, deux titres tout aussi visionnaires pour son époque (1981).

La foule a chaudement accueilli les premières notes de Computer Love, dont la mélodie a inspiré Coldplay pour sa chanson Talk.

L’économie de mots des chansons de Kraftwerk amplifient leur message. Surtout en spectacle avec les projections qui font des refrains des slogans. Man Machine, pseudo human being, répétait Ralf Hütter dans le micro déformant sa voix de façon robotique.

La technologie 3D était particulièrement impressionnante pendant Space Lab avec des vaisseaux qui atterrissaient parmi la foule du parterre. Quant aux projections visuelles, elles étaient à couper le souffle pendant les titres de Tour de France avec des images d’archives de cyclistes.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Kraftwerk, pionnier du synthétiseur et de l’électro, a révolutionné la musique et sa technologie, tout en se faisant le miroir musical de la société allemande d’après-guerre en reconstruction. En entrevue avec nous, la semaine dernière, Ralf Hütter a parlé de “folk industriel”. Kraftwerk a voulu créer un “homme-machine” musical qui regarde loin dans le futur.

Toute cette philosophie prend son sens en spectacle. Pendant le tube Autobahn (1974), une projection fait croiser des voitures Volkswagen et Mercedes sur une autoroute.

Rien dans l’art de Kraftwerk n’est laissé au hasard. Sur scène, ses membres sont des automates placides. Des “hommes-machines”.

L’ambiance était davantage à la contemplation qu’à la fête dansante, par ailleurs, au Métropolis. Les spectateurs savouraient le moment.

Après tout, la musique de Kraftwerk va beaucoup plus loin que la synth-pop hédoniste du moment dont il a été le précurseur. C’est le résultat musical d’une réflexion sur la société moderne.

Il  est fou de constater à quel point la vision du futur de Kraftwerk était juste, et à quel point sa musique a influencé les New Order, Daft Punk et Broken Bells.

Kraftwerk a par ailleurs terminé le premier de ses deux spectacles avec Planet of Visions.

Son retour dans le futur était impressionnant au Métropolis.

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Dimanche 30 mars 2014 | Mise en ligne à 14h08 | Commenter Aucun commentaire

Clips de la semaine

ÉMILIE CÔTÉ

De Montréal, des nouveautés de Jonathan Painchaud, Beat Market et Chromeo. C’est aussi l’occasion de découvrir le groupe rap de Sufjan Stevens, Sisyphus, et le nouveau projet de Linkin Park pour un jeu vidéo dont vous êtes le héros.

Aviator 2000, Beat Market

Très fort, ce clip de science-fiction du groupe électro montréalais Beat Market, conçu par Thien Vu Dang (APM 300/Moment Factory) et Patrick Doan (Defasten). La chanson Aviator 2000 fait partie d’une réédition rétro-futuriste et dansante de l’album Red Magic de Beat Market qui sera lancée mardi. Rappelons que le duo composé de Louis-Joseph Cliche et Maxime Bellavance se produira à Osheaga cet été.

Jealous (I Ain’t With It), Chromeo

Chromeo a lancé un troisième clip pour nous faire patienter jusqu’à la sortie de son nouvel album, le 12 mai. Dave 1 et P-Thugg interprètent des prêtres célébrant des mariages à la chaîne dans une chapelle de Las Vegas. Un excellent concept de clip, une fois de plus. Encore un mois à patienter avant le spectacle du duo électro-funk montréalais au Corona, le 1er mai.

Booty Call, Sisyphus

Sufjan Stevens se retrouve là où on ne l’attendait pas, en tant que membre du groupe Sisyphus (anciennement s/s/s). Complété de Serenget et Son Lux, le trio donne dans le hip-hop lo-fi qui se permet plusieurs bassesses et des “booty calls”. Dans son mandat de divertir et d’alléger les esprits, son nouvel album remplit pleinement sa mission.

Petite poupée, Jonathan Painchaud

Jonathan Painchaud se montre sous un jour vulnérable dans son nouvel extrait, Petite poupée, une ballade écrite pour sa fille. Réalisé par Mathieu Grimard de la boîte de production Roméo et fils, le clip lancé il y a quelques jours profite de la lumière d’un doux matin pour croquer une scène de vie familiale.

Guilty All The Same (avec Rakim), Linkin Park

Linkin Park a lancé un clip né de sa collaboration avec Rakim et l’outil Projet Spark, qui permet de créer son propre jeu vidéo. Le public peut même remixer la chanson Guilty All The Same et modifier un jeu sur la plateforme web de Project Spark. Linkin Park se produit au parc jean-Drapeau, le 23 août, avec AFI et le groupe (de Jay Leto) 30 Seconds to mars.

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Mardi 25 mars 2014 | Mise en ligne à 11h58 | Commenter Commentaires (3)

Clément Jacques doit remercier La Voix

clementenfin

ÉMILIE CÔTÉ

Ah, le grand pouvoir de la télé sur les ventes d’albums. Mardi midi, Clément Jacques figurait au 9e rang des ventes d’albums francophones sur le palmarès iTunes, alors que sa chanson Ariane était le deuxième extrait francophone le plus vendu.

Dimanche dernier, la participant de La Voix Lawrence Castera a interprété Ariane lors des quarts de finale, où son aventure s’est terminée.

Clément Jacques a lancé son album Le maréographe en août 2011. Son disque n’a pas particulièrement “levé”, comme on dit.

Mais grâce à La Voix, Le maréographe a une seconde vie, tout comme l’album Le treizième étage de Louis-Jean Cormier, sorti à l’automne 2012.

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