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Voilà une sortie de disque qui alimentera notre nostalgie grunge. Le groupe Soundgarden fera un retour après 15 ans d’absence avec un nouvel album intitulé King Animal.
Tous les membres du groupe sont fidèles au poste, soit le chanteur Chris Cornell, le batteur Matt Cameron, le bassiste Ben Shepherd et le guitariste Kim Thayil.
Après avoir fait une chanson, Live To Rise, pour la bande originale du film The Avengers, Soundgarden a révélé un extrait de son nouvel album. Le titre est de circonstance, Been Away For Too Long.
Le résultat? Du hard-rock relativement intemporel hormis la touche grunge caverneuse des harmonies vocales de Cornell. Efficace!
C’est Feist qui a remporté le prix Polaris tard lundi soir, au terme d’un gala qui avait lieu à Toronto. Elle est la première auteure-compositeure-interprète à se mériter le prix remis au meilleur album canadien d’un point de vue artistique, assorti d’une bourse de 30 000 dollars.
Après Karkwa et Arcade Fire qui étaient les gagnants des deux dernières années, le prix “quitte” donc Montréal. Grimes avait pourtant de fortes chances de gagner cette année. Feist n’avait pas un buzz aussi fort derrière elle. Moins bien reçu que ses prédécesseurs, Metals est également son troisième album, ce qui peut parfois jouer en défaveur d’un artiste dans le choix des membres du jury.
Les autres artistes en lice étaient Cadence Weapon, Cold Specks, Drake, Kathleen Edwards, Fucked Up, Japandroids, (feu) Handsome Furs et Yamantaka//Sonic Titans.
Rappelons que le processus de vote se fait en plusieurs étapes. Dans un premier temps, les 200 journalistes et blogueurs de partout au Canada qui forment le grand jury établissent leurs 10 albums préférés de l’année. Suit une longue liste de 40 albums, puis un second vote qui permet de dresser la liste des 10 finalistes. Un jury de 11 membres détermine ensuite le grand gagnant, au terme du gala annuel qui a lieu à Toronto.
Le tout premier prix Polaris a été remis en septembre 2006. Final Fantasy avait été sacré grand gagnant, avant Patrick Watson (2007), Caribou (2008), Fucked Up (2009), Karkwa et Arcade Fire.
Photo: Alain Décarie, Collaboration spéciale, La Presse
ÉMILIE CÔTÉ
Nos oreilles sont encore en beau lendemain de veille musical, avec l’extraordinaire soirée de musique à laquelle nous avons eu droit vendredi soir, à Pop Montréal.
Notre premier spectacle de la soirée était sans doute le plus couru du festival: l’illustre David Byrne et la belle Annie Clark de St. Vincent réunis à l’Église Saint-Jean-Baptiste, eux qui viennent d’unir leur art sur un album intitulé Love The Giant.
Brillamment entourés d’une dizaine de musiciens dont une importante section de cuivres, Byrne et Clarke ont réservé au public un spectacle généreux, créatif et irrésistiblement chorégraphié et mis en scène. En d’autres mots, c’était magique.
Le public a eu droit à des titres de Love the Giant mais aussi des pièces respectives des deux artistes. Au rappel, David Byrne a fait danser la foule avec Burning Down The House, alors que St. Vincent a profité du lieu sacré pour entonner The Party, accompagnée de l’orgue de l’église et des musiciens positionnés tout au long de l’allée centrale.
Les spectateurs étaient aux anges. Nous aussi.
***
À 22h30, la soirée était encore jeune. Nous avons pris le chemin du Cabaret du Mile-End, juste à temps pour le spectacle de notre chanteur androgyne kitsch montréalais préféré, Jef Barbara. Quel personnage de scène, avec ses vestons de fille scintillants. Et chapeau à son talentueux guitariste dont les solos ajoutent de la profondeur et du tonus aux chansons pop, new wave et délicieusement eighties de Barbara.
À 23h30 suivait sur scène un pilier de la nouvelle-garde musicale française (et le boss du label de Jef Barbara). C’était un rare privilège pour le public montréalais de voir chanter le fameux Bertrand Burgalat de Tricatel avec son look de “p’tit monsieur”. Dans son genre musical, Burgalat est l’un des rares artistes pouvant prétendre faire de la “chanson”. Les bons grooves électro-pop de sa musique reposent sur des textes bien écrits ponctués de jeux de mots brillants et subtils.
Bertrand Burgalat avec Jef Barbara (photo fournie par Tricatel)
Après minuit, nous avons fait le saut à la Sala Rossa où le spectacle de Soft Moon affichait complet. Des promoteurs de spectacles (dont ceux d’evenko) étaient dans la salle pour le groupe de San Francisco qui fait beaucoup jaser en vue de son album Zeros, qui sortira le 30 octobre et qui fait suite à un premier disque qui a connu un grand succès critique.
Soft Moon donne dans le rock post-punk et new-wave. Son univers sonore n’a rien de nouveau, suivant les traces sombres de Joy Division, mais l’ensemble est solide, enveloppant et extrêmement bien maîtrisé.