Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘Théâtre’

Vendredi 7 décembre 2012 | Mise en ligne à 10h43 | Commenter Commentaires (5)

Rideau? Non: cinéma!

Incendies, du théâtre de Wajdi Mouawad au cinéma de Denis Villeneuve, le même parcours pour moi.

Incendies, du théâtre de Wajdi Mouawad au cinéma de Denis Villeneuve, le même parcours pour moi.

À compter de lundi (10 décembre), je serai le nouveau critique de cinéma du Soleil. J’en suis heureux, mais triste de quitter la couverture du théâtre. Nécessairement, la vocation de ce blogue va changer. Il renaîtra sous un nouveau nom (Arrêt sur image) et traitera (presque) entièrement du 7e art.

Il arrive parfois que les rêves se réalisent. Mais jamais comme on le voudrait. Enfin, pas parfaitement. J’ai beaucoup hésité à accepter ce poste, même si, quand je n’avais pas encore l’âge d’aller voir Apocalypse Now au Charest, je rêvais déjà d’écrire des critiques. Une passion qui ne s’est jamais démentie. J’ai cofondé le ciné-club de l’Université Laval et un (défunt) magazine de cinéma. Mais je me suis aussi découvert une passion pour le théâtre qui ne s’est jamais démentie. Quand l’opportunité s’est présentée, la semaine dernière, j’ai passé quelques nuits à jongler. C’est comme choisir entre ses enfants (je sais de quoi je parle, j’en ai trois). Déchirant.

D’autant que depuis trois ans, j’ai rencontré des gens passionnants et passionnés. Des gens avec la vocation — Dieu sait s’il faut l’avoir pour faire du théâtre à Québec. Des gens intelligents, articulés, sensibles, ouverts, humains… Je vais continuer à les fréquenter, mais d’un peu plus loin, dans la salle. Et passer beaucoup de temps dans les salles obscures pour tenter de vous éclairer sur les meilleurs choix cinématographiques à faire.

Un merci spécial à tous ceux et celles qui ont pris du le temps de participer à ce blogue avec leur commentaires éclairés. J’espère que vous allez continuer à contribuer et à me faire partager vos coups de cœur et vos coups de gueule.

Une occasion comme celle qui s’est offerte à moi, ça ne passe pas souvent dans une vie. Depuis 30 ans, il y a eu trois critiques cinéma au Soleil, dont mes amis et collègues Gilles Carignan et Normand Provencher. Je serai le quatrième.

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Mercredi 5 décembre 2012 | Mise en ligne à 18h28 | Commenter Aucun commentaire

Anne-Marie Olivier au Trident: taillée sur mesure pour le rôle

Anne-Marie OIivier prend les rênes du Trident. PHOTO Le Soleil Jocelyn Bernier

Anne-Marie OIivier prend les rênes du Trident. PHOTO Le Soleil Jocelyn Bernier

Si on me l’avait demandé, j’aurais pu éviter bien des démarches au comité de sélection pour la direction artistique du Trident. Je leur aurais dit tout de suite qu’Anne-Marie Olivier était taillée sur mesure pour ce rôle de premier plan dans la vie culturelle de Québec et qu’elle allait secouer l’institution de son marasme. On aurait sauvé du temps… Je crois que la dramaturge a toutes les qualités nécessaires pour que le Trident redevienne un lieu de théâtre incontournable au Québec. Pas vous? Sa nomination est un geste fort et audacieux que le Trident se devait de poser. Bravo!

Comme elle me disait en entrevue au moment de sa nomination, «j’ai pas peur de prendre ce virage. Ce ne sera peut-être pas à 90 degrés comme je voudrais parce que la machine est quand même importante. J’ai hâte de voir la marge de manœuvre que je vais avoir. On va y aller par étapes, pour que ça devienne un plus grand vecteur de sens.»

Anne-Marie Olivier est une actrice douée et une auteure inspirée, qui n’a pas peur d’aborder de front des questions percutantes sur le plan social. Sa démarche artistique, autant que sa personnalité, suscite l’adhésion dans l’écosystème particulier du théâtre à Québec. Ce n’est pas rien. Le comité de sélection a bien résumé l’affaire: son audace, sa réflexion sur le répertoire, son rapport à la création, son ouverture et ses qualités de rassembleuse en faisait une candidate incontournable. Sous sa direction, le Trident risque de changer. Beaucoup. Pour le mieux. Elle fera place aux textes des nouveaux dramaturges québécois qui offrent un discours social et artistique percutant. Je suis sûr qu’on y entendra les Choinière, Cloutier, Côté, Khemed, Lepage (Étienne et Robert), etc. Il était temps.

Femme de cœur et de textes, Anne-Marie Olivier entretient avec la dramaturgie une ferveur belle à voir. Pas pour rien qu’elle est directrice artistique du Festival du Jamais lu qui se consacre à la nouvelle dramaturgie. Comme elle m’a déjà dit à propos des textes au théâtre: «Il faut exister plus fort, provoquer la création des œuvres et faire en sorte qu’elles ne restent pas dans les tiroirs.» Autrement dit, proposer des textes qui font en sorte qu’on sort le spectacle du spectacle pour proposer de la magie, du sens et de la réflexion aux gens qui ont le goût de vivre une expérience qui les fera vibrer de toutes les fibres de leurs corps.

Son nomination à la tête du Trident marque l’arrivée d’une nouvelle génération aux commandes des théâtres de Québec, mouvement amorcé l’an passé par la nomination de Frédéric Dubois à la coordination artistique du Périscope. Leur complicité évidente risque de faire des flammèches.

Québec méritait un geste d’éclat qui permettra de susciter un intérêt renouvelé pour le théâtre. Il y a plein de gens, jeunes et moins jeunes, qui n’attendait que ça. Qu’on leur démontre qu’on peut faire du théâtre autrement. Voilà, c’est fait. On jugera, bien sûr, l’arbre à ses fruits. Mais Anne-Marie Olivier a les racines bien ancrées.

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Mercredi 28 novembre 2012 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Aucun commentaire

Le triomphe du théâtre créatif

Édith Patenaude a logiquement remporté le prix de la mise en scène pour L'absence de guerre. PHOTO Le Soleil Yan Doublet

Édith Patenaude a logiquement remporté le prix de la mise en scène pour L'absence de guerre. PHOTO Le Soleil Yan Doublet

La remise de trois prix majeurs en théâtre à des pièces qui ont pris l’affiche à Premier Acte, lors des 26e Prix d’excellence des arts et de la culture, n’est pas vraiment une surprise pour qui fréquente les lieux. Le petit théâtre de l’avenue Salaberry présente régulièrement les pièces les plus audacieuses et créatives à Québec. Pas les plus abouties, faute de moyens, mais certainement celles où ses artisans ont un désir de s’exprimer et le sentiment d’urgence  de toucher les gens les plus marqués. Appelez ça la fougue de la jeunesse si vous voulez, reste qu’il y a une liberté et un désir de bousculer les choses qui rend l’expérience de théâtre encore plus vivace.

Il est tout à fait logique qu’Édith Patenaude obtienne le prix de la meilleure mise en scène pour L’absence de guerre. La pièce engagée a obtenu la palme Québec de l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) et celle de Première Ovation. La pièce était absolument fascinante et Édith Patenaude l’a dirigé de main de maître, notamment avec ses acteurs. La performance de Normand Bissonnette dans le rôle principal n’est d’ailleurs pas passée inaperçue et lui a valu le prix Paul-Hébert, un hommage mérité. Comme si ça ne suffisait pas, Catherine Hughes a obtenu le prix Nicky-Roy, qui souligne un talent particulièrement prometteur, pour son rôle dans Iphigénie en auto, qui a aussi pris l’affiche à Premier Acte. En passant, Catherine Hughes joue en ce moment… à Premier Acte (dans L’hiver dedans, de Maryse Lapierre).

Les prix d’hier ont aussi récompensé une création fantastique: Tom à la ferme. La pièce de Michel Marc Bouchard, à la Bordée, a été un des moments forts de la précédente saison, un tourbillon d’émotions fortes et une plongée jusque dans les recoins les plus sombres de l’âme, dissimulés sous les conventions et les apparences. La scénographie de Marie-Renée Bourget Harvey (prix Paul-Bussières) était en parfait adéquation avec le propos, tout comme le jeu sensible et subtil de Lise Castonguay (prix Janine-Angers). La musique de Fin de partie, aussi à la Bordée, a valu à Marc Vallée le prix Bernard-Bonnier. Virgine Leclerc a obtenu le prix du Fonds de théâtre du Vieux-Québec pour la même pièce.

Finalement, une autre pièce audacieuse — La ville en rouge, créée au Gros Becs — a vu un des ses créateurs récompensé: Pierre Robitaile (prix Jacques-Pelletier pour sa maquette et ses marionnettes). Impossible d’être en désaccord. Et très heureux qu’une pièce dit jeune public ait retenu l’attention du jury.

Robert Lepage est également monté sur scène pour recevoir un prix, pour sa mise en scène de l’opéra The Tempest, présentée en première mondiale cet été.

Au final, il est assez ironique, mais en même temps symptomatique, que les pièces présentées au Trident n’aient obtenu aucun des prix parrainés par la Fondation du théâtre du Trident…

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