Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘Télévision’

Lundi 14 janvier 2013 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Un commentaire

Golden Globes: c’est pas sérieux

Les Misérables ont gagné trois prix aux Golden Globes.

Les Misérables ont gagné trois prix aux Golden Globes.

La cérémonie des Golden Globes donnent parfois une bonne indication de ce qui va se passer aux Oscars. Pas cette année. Il n’y a aucune chance qu’Argo triomphe dans la catégorie du meilleur film. Et encore moins dans celle du meilleur réalisateur puisque Ben Affleck n’est même pas en nomination! Quant aux Misérables, il risque de gagner des prix dans les catégories techniques, sans plus, même s’il est fait sur mesure pour le conservatisme des membres de l’Académie.

Pour ce qui est du choix d’Argo par les quelque 80 membres de la Hollywood Foreign Press Association (HFPA), il a sûrement été guidé par la popularité personnelle de Ben Affleck, une vedette hollywoodienne comme il en reste peu, et de son son producteur associé, un certain George Clooney! Sinon, il n’y a rien à comprendre puisque la compétition était vraiment relevée. En fait, ça donne une idée de la crédibilité plutôt mince des votants de la HFPA. Des allégations de pot-de-vin ont même circulé, il y a quelques années.

Peu de crédibilité, donc, mais beaucoup de populisme. Des vedettes, en voulez-vous, en v’là! Reste qu’il y a quelques choix qui donnent une bonne indication de ceux qui risquent de gravir les marches pour aller chercher leur Oscar. Comme le choix d’Amour, de Michael Haneke, qui a obtenu la palme du meilleur film en langue étrangère. Les choix de Daniel Day-Lewis (Lincoln) et de Jessica Chastain (Opération avant l’aube), comme meilleurs acteurs, pourraient bien se reproduire aux Oscars. La liste complète des résultats est ici.

Mais, sérieusement, accordez-vous vraiment de l’importance aux Golden Globes?

* * *

Bon, c’est un départ. Il aura fallu une éternité avant que mon  blogue sur la culture ne se métamorphose en blogue sur le septième Art. J’imagine que c’est comme le financement au cinéma. Faut que ça chemine dans la machine avant de pouvoir se concrétiser.

J’espère que vous serez nombreux au rendez-vous et qu’on pourra échanger sur le sujet.

À bientôt!

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Mardi 6 novembre 2012 | Mise en ligne à 10h33 | Commenter Aucun commentaire

Dans la peau de Robert Lepage

Robert Lepage devant le décor de La tempête qu'il a présenté, cet été, au Festival de l'opéra de Québec puis récemment au MET de New York.  PHOTO Le Soleil Pascal Ratthé.

Robert Lepage devant le décor de La tempête qu'il a présenté, cet été, au Festival de l'opéra de Québec puis récemment au MET de New York. PHOTO Le Soleil Pascal Ratthé.

Avez-vous écouté l’entrevue que Robert Lepage a accordée à René Richard Cyr à l’émission Créer? Fascinant. Le metteur en scène de Québec s’explique en long et en large sur son processus créatif. Et il y est d’une franchise désarmante, s’efforçant également de déboulonner son propre mythe: «Arrêtez de me gourourifier», dit-il.

Robert Lepage est victime, en quelque sorte, du mythe qui s’est créé autour de sa personnalité mystérieuse. «Personne ne sait qui je suis», avoue-t-il. Mais il en révèle beaucoup dans cette discussion. Notamment sur la grande solitude qu’il éprouve comme créateur, même entouré d’une impressionnante équipe, et l’impression qu’il a d’être une bibitte étrange. C’est drôle, on a parfois la même impression…

Il faut dire que sa façon de monter un spectacle est très déstabilisante pour ses collaborateurs. Bien qu’il se défende d’être un magicien, il ordonne le chaos à partir de ses intuitions et de sa sensibilité à capter les signaux que le commun des mortels ignore. «Notre travail, c’est aussi de ne pas savoir où on s’en va.» «C’est ça qui est excitant: le plaisir de la découverte», ajoute-t-il. Or, comme il dit, en citant Picasso, un artiste, ça trouve.

Sauf qu’une fois rendu à destination, Robert Lepage prend un malin plaisir à détricoter ce que tous avaient patiemment tissé au fil du temps avec son aide. J’avoue que ça doit être particulièrement déstabilisant.

Pour ceux qui se demandent comment il arrive à mener de front autant de projets, je retiens son incroyable capacité à compartimenter et sa personnalité. Quand il travaille sur un opéra à New York, par exemple, il oublie complètement la pièce de théâtre qu’il répète à Québec et son prochain projet de film. Robert Lepage est aussi un Joe Cool. «Je ne suis pas sans angoisse ni inquiétude, mais je suis détendu.» Il dit se foutre éperdument de ce que pensent les autres. «J’ai jamais été carriériste.» J’imagine. Sinon, le gars croulerait sous la pression.

N’empêche qu’il ressent parfois le besoin de remonter sur scène — «je suis aussi un acteur» — pour se retrouver. «T’es tout seul à te défendre. Ça permet de te réaffirmer comme individu.»

Robert Lepage ne donne pas souvent d’entrevues, mais celle-ci est aussi intéressante pour ses aveux. Des exemples: «Mes films n’étaient pas bons.» «Des fois, j’ai tué des shows avec la machine [scénique].» «Ce n’est pas mon premier talent, la direction d’acteurs.»

Vous m’en redonnerez des nouvelles. Je suis sûr que vous allez adorer.

Créer est rediffusé à ARTV le 6 novembre à 14 h 30 et à 23 h, le 7 novembre à 9 h et le 11 novembre à 13 h et est disponible sur Illico.

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Vendredi 20 avril 2012 | Mise en ligne à 11h12 | Commenter Commentaires (8)

Cachez ce sein

L'apparition du sein de Janet Jackson pourrait se retrouver en Cour suprême.

L'apparition du sein de Janet Jackson, qu'on voit ici avec Justin Timberlake, pourrait se retrouver en Cour suprême.

Le «nipplegate» du Super Bowl refait surface! Incroyable: huit ans après qu’un sein orné d’un bijou de Janet Jackson ait fait une apparition plus ou moins calculée au milieu de sa prestation, la Commission fédérale américaine des communications songe à porter la chose en Cour suprême. La Commission veut faire valider l’amende de 550 000 $ à CBS, le diffuseur de l’événement. La Commission a déjà perdu deux fois en appel, dans des tribunaux inférieurs, un jugement décrivant l’amende comme arbitraire et ridicule, tellement elle s’avérait plus élevée que toute autre réprimande imposée par la Commission.

Ce qui en dit long sur les tartufferies de la société américaine en ce qui concerne leur relation au sexe — ce n’est pas de la pudeur, mais de l’hypocrisie! Bien sûr, on peut se bidonner. Ou secouer la tête d’incrédulité. Reste que ce qu’il y a de pernicieux dans cette attitude, c’est qu’elle relève de la censure pure et simple. Et qu’ensuite l’État puisse s’autoriser toutes les dérives au nom, au nom, au nom de quoi au juste? Du bon goût? Des valeurs morales?

Ce genre d’attitude conduit à l’autocensure, qui s’immisce ensuite dans la tête des artistes, une crainte injustifiée de l’opprobre qui les pousse à restreindre leurs élans créatifs ou, au contraire, tomber dans la provocation gratuite. On n’en est pas encore là au Canada, me direz-vous? Parlez-en à l’artiste Franke James, dont l’œuvre a choqué le gouvernement Harper. Ce même gouvernement qui, en 2008, voulait profiter d’un projet de loi sur l’évasion fiscale (C-10), pour insérer un article ouvrant la porte à la censure artistique, avant de reculer. Plus récemment, il y a eu cette controverse à Toronto où le théâtre Taragon aurait décidé de ne pas diffuser une pièce par crainte de déplaire au premier ministre…

Je vous laisse juger.

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