Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘Livres’

Lundi 28 juillet 2014 | Mise en ligne à 11h55 | Commenter Aucun commentaire

Ken le rouge

Ken Loach a remporté la Palme d'or à Cannes en 2006 pour Le vent se lève.

Ken Loach a remporté la Palme d'or à Cannes en 2006 pour Le vent se lève.

Qui a dit qu’on devait lire «léger» en été? En tout cas, si vous ne voulez pas bronzer idiot, je vous suggère Défier le récit des puissants. Frank Barat a rencontré Ken Loach pendant deux jours pour explorer son cinéma et son engagement dans la création. Résultat: une plaquette (48 pages) fascinante qui se dévore d’une traite.

Loach, 78 ans, n’a jamais dévié de son désir de faire de la politique grâce au cinéma. Pour le réalisateur, l’art est nécessairement subversif: «Nous faisons des films pour tenter de subvertir, créer du désordre et soulever des doutes.» Ce grand cinéaste du social ne connaît pas la nature du mot «compromis», ce qu’il y a valu des ennuis avec la censure — jusqu’à récemment — sur lesquels il revient abondamment.

Secret défense (1990), Prix du jury à Cannes, lui vaudra d’ailleurs d’être comparé à Leni Riefenstahl (propagandiste du régime nazi avec des films comme Le triomphe de la volonté et Les dieux du stade)! Loach est un empêcheur de tourner en rond dont le mot d’ordre est «résister».

«L’art peut servir de détonateur, être l’étincelle qui met le feu aux poudres. Ensuite, c’est à nous de tout faire pour entretenir ce feu, cette colère, et la transformer en un mouvement global qui mènera à un changement radical, en profondeur, de notre société tout entière.»

C’est un peu folklorique. Loach tire dans toutes les directions, jusqu’à fustiger l’État israélien, ce qui est d’actualité, remarquez. Mais il a le sens de la formule et de l’image qui détonne.

Ce n’est pas tant cet engagement, remarquable, il faut bien l’admettre, qui m’a fasciné, mais bien les premières pages où Loach réfléchit à voix haute sur l’art de faire des films. Notamment sur l’importance de la composition de la distribution, qui fait partie intégrante du processus de création. «La crédibilité est notre seule exigence. Nous voulons que le film soit crédible. Voilà pourquoi le casting est primordial.»

Pour peu qu’on s’intéresse au cinéma, il y là des passages éclairants et sujets à débat. Mais c’est surtout une plongée dans l’univers d’un cinéaste qui demeure toujours fascinant. Et pertinent. À preuve, les Québécois vont se reconnaître dans son Jimmy’s Hall (pas de date de sortie ici pour l’instant) qui marquait sa 14e sélection en compétition au Festival de Cannes (où il a obtenu la Palme d’or avec Le vent se lève, en 2006).

Qu’on soit d’accord ou pas avec ses idées, qui me sont assez sympathiques, il faut reconnaître qu’il n’y a pas assez de cinéastes comme Ken Loach. Défier le récit des puissants en est une bonne preuve. Ça dessille les yeux.

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Lundi 23 avril 2012 | Mise en ligne à 10h28 | Commenter Commentaires (4)

La plume dans la bouche

Philippe Sauvageau, président-directeur général du Salon international du livre de Québec.  Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

Philippe Sauvageau, président-directeur général du Salon international du livre de Québec. Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

Dans l’art de se mettre la plume dans la bouche, Philippe Sauvageau a perdu une belle occasion de se taire la semaine passée. On lui soulignait que le président d’honneur du Salon du livre de Québec vient souvent de l’extérieur. Réponse du pdg: «On essaie d’avoir un auteur québécois qui soit très connu et qui ait une propension à parler facilement, quelqu’un qui aime parler au monde. Si on avait quelqu’un comme ça à Québec, on le prendrait.»

Le dernier bout était de toute évidence de trop. Pas moins de 68 écrivains de Québec ont pris la plume et réclamer sa démission. Et le Salon du livre et M. Sauvageau ont présenté leurs plus plates excuses.

La déclaration de Philippe Sauvageau était maladroite, mais elle avait au moins l’avantage de répondre à la question sans faux-fuyants. Ça fait changement de la langue de bois. Sur le fond, il ne fait qu’énoncer une vérité de La Palice. Le bassin de Québec est petit, celui de Montréal est gros. Je comprends la réaction des auteurs de Québec, mais on a vite faite le tour des têtes d’affiche. C’est plate, mais c’est ça.

Le Salon du livre se veut un événement populaire. Il veut aussi donner le goût du livre. Ces dernières années, les résultats sont là. Et l’événement fait large place au talent local. Qu’est-ce que vous diriez si on tournait la page?

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Vendredi 6 avril 2012 | Mise en ligne à 14h07 | Commenter Aucun commentaire

Pâques avec Éraste Pétrovitch Fandorine

JLI2649435.1333704232.320x320 Connaissez-vous Éraste Pétrovitch Fandorine? C’est le détective né sous la plume de Boris Akounine dont les enquêtes se déroulent pendant la Russie tsariste. C’est ce que je lis en ce moment. Vous?

Je vais profiter du congé de Pâques pour terminer Le chapelet de jade. Dans ce livre, qui compter trois nouvelles, ainsi que dans La prisonnière de la tour et Avant la fin du monde, l’auteur s’amuse à pasticher des grands maîtres du roman policier: Arthur Conan Doyle, Edgar Allen Poe, Patricia Highsmith, Agatha Christie, Maurice Leblanc… Dans cette dernière, il réunit même Sherlock Holmes, Arsène Lupin et… Fandorine, bien sûr.

Faut dire que Grigori Chalvovitch Tchkhatichvili (je vous défie de dire ça à haute voix), de son vrai nom, est un intellectuel de haut vol. Rédacteur en chef adjoint de la prestigieuse revue Littérature étrangère et essayiste, il a commencé à écrire la série des Fandorine pour se distraire. Sa maîtrise du polar est phénoménale et son personnage a tout du James Bond, un siècle avant les aventures de 007.

Depuis Azazel (2003), je dévore chacune de ses enquêtes, de même que celles de son petit-fils, dans la Russie mafieuse et poutinesque actuelle. Pour la peinture d’époque. Pour le suspense. Pour la qualité de l’écriture — le style, simple et direct, coule de source. Pour les clins d’œil.

Et vous autres, qu’est-ce vous lisez en ce moment? Des suggestions? Des coups de cœur? J’ai hâte de lire ça.

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