Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘Général’

Québec renommera très rapidement l’ancienne rue Claude-Jutra — le 21 mars, en fait. Pourquoi ne pas saisir l’occasion pour honorer la mémoire d’une femme, même s’il s’agit d’une rue très secondaire. Dans la capitale, comme dans la Métropole, les toponymes féminins sont rarissimes.

Il y a eu de bonnes suggestions à la consultation publique menée par la Commission de toponymie, mercredi. Comme rue du 7e Art. Après tout, on a déjà une rue du Court-Métrage (proche de Wendake). Ce serait cohérent avec le nom précédent (Claude-Jutra). Mais selon l’article de ma collègue Camille B. Vincent, on songerait plutôt à Bernard-Grondin, un ingénieur qui a laissé sa marque dans le paysage urbain de Québec et qui a perdu son patronyme en 2008, lors de la fusion… de deux rues.

Je ne serais pas du tout offusqué qu’on choisisse celui-ci, surtout en regard des règles habituelles à respecter quand on «baptise» une rue. En fait, il serait surtout bien qu’on opte pour une femme. On apprenait en début de semaine que seulement 6 % des quelque 6000 toponymes de Montréal sont féminins (rues, places et parcs).

À Québec, une telle statistique n’existe pas concernant les 5000 toponymes de la capitale. Mais pas besoin d’une étude pour constater qu’il n’a pas beaucoup de femmes. La conseillère et présidente de la Commission de toponymie Anne Corriveau se dit très sensible à la question. D’autant que la Commission est composée de quatre femmes et deux hommes. Mais «on ne peux pas défaire le passé. On va vraiment porté attention pour l’avenir», m’a-t-elle dit en entrevue. Il y aura d’ailleurs quelques dénominations féminines prochainement dans le quartier de Beauport.

Malgré pourquoi ne pas rester dans la culture pour l’ex-rue Claude-Jutra? Une suggestion: Adrienne Choquette, journaliste et romancière, prix David en 1954 pour son roman La nuit ne dort pas (il y a une rue Adrienne-Choquette à Saint-Augustin, qui fusionnera peut-être avec Québec un jour. Mais peut-être pas). Pas besoin que ce soit une artiste: Henriette Barrot-Chenevert, la première architecte de Québec, à qui l’on doit, entre autres, la Maison Gomin. Ou Emma Gaudreau, la première dentiste de Québec.

Qu’en dites-vous? Des suggestions?

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Lundi 29 février 2016 | Mise en ligne à 0h13 | Commenter Aucun commentaire

Oscars: DiCaprio et Iñárritu triomphent

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Mad Max : La route du chaos a volé la vedette en début soirée au 88e gala des Oscars qui se déroulait dimanche soir à Hollywood en remportant six oscars. C’est toutefois Leonardo DiCaprio et Alejandro G. Iñárritu qui se sont démarqués à la fin de celle-ci, avec Le revenant. Le réalisateur mexicain en a profité pour fustiger le manque de diversité, tout comme Chris Rock, qui revenait de façon brillante et caustique à l’animation après une absence de 11 ans.

Il aura fallu six nominations, mais Leonardo DiCaprio l’a enfin son trophée, une victoire dans une catégorie très relevée, même si l’acteur était largement favori. Il a profité de l’occasion pour remercier son réalisateur, son mentor Martin Scorsese, mais aussi pour souligner le grand défi qui attend l’humanité : le lutte aux changements climatiques.

Comme prévu, Brie Larson a gagné l’Oscar de la meilleure actrice pour sa fabuleuse performance dans Room : Le monde de Jack.

Le revenant a aussi porté chance à Emmanuel Lubezki. Chivo a réalisé tout un exploit en remportant l’Oscar pour une troisième année de suite. Ce n’est pas la catégorie la plus flamboyante, mais elle est le cœur du film : la cinématographie. Le directeur photo avait auparavant gagné pour les longs métrages de ses compatriotes Alfonso Cuaron (Gravité) et Iñárritu (Birdman). Gentleman, Lubezki a félicité tous ceux qui étaient en nomination avec lui en leur proférant son admiration pour leur travail.

L’oscar du meilleur film a toutefois échappé au Revenant. C’est Spotlight, film sur les victimes des prêtres pédophiles à Boston et les journalistes qui ont mis à jour le scandale, qui l’a emporté.

Dès l’annonce des nominations à la 88e soirée des Oscars, la soirée du cinéma hollywoodien a été plombée par la controverse : pour une deuxième année de suite, les 20 acteurs en nomination aux Oscars sont caucasiens.

Chris Rock a pris le taureau par les cornes en ouverture. L’animateur noir a livré un discours humoristique percutant, alternant les traits d’esprit avec les déclarations politiquement incorrectes. Il a souligné que si les Noirs ne protestaient pas dans les années 1960, c’est qu’ils avaient d’autres causes plus importantes : quand votre grand-mère est pendue à un arbre, vous avez d’autres préoccupations que l’Oscar du meilleur court métrage…

«Nous voulons que les acteurs noirs aient les mêmes opportunités» que les acteurs blancs, a-t-il souligné quelques moments avant d’introduire un segment où les acteurs noirs parodiaient des films comme Le revenant ou Seul sur Mars. Hilarant!

Le moment le plus émouvant est toutefois venu lors de l’interprétation de la chanson ‘Til It Happens to You. À la finale, Lady Gaga était entourée de victime d’abus sexuels. Autre moment fort : l’interprétation de Blackbird, des Beatles, par Dave Grohl, le chanteur des Foo Fighters, pendant l’hommage aux disparus pendant l’année.

Pas très loin derrière, la victoire d’Ennio Morricone pour la meilleure trame sonore, celle des Huit enragés de Tarantino. Le grand compositeur italien était le plus vieux des nommés de la soirée à 87 ans!

Dans cette soirée où le manque de diversité était flagrant, c’est la catégorie du meilleur film en langue étrangère qui a donné le meilleur contre-exemple. La lutte se jouait entre Mustang et Le fils de Saul. Le remarquable film de László Nemes, Grand prix à Cannes, s’est imposé.

C’est le quatrième volet des Mad Max qui a volé la vedette au début de la cérémonie en gagnant six Oscars : costume, direction artistique, coiffure et maquillage, montage sonore, mixage sonore et montage. Moment fort dans ce dernier cas : la monteuse Margaret Sixel est la conjointe du réalisateur George Miller.

Sans surprise, même si toutes les actrices nommées méritaient de gagner, c’est Alicia Vikander qui a remporté l’Oscar de la meilleure actrice de soutien, à sa première nomination, pour sa solide prestation dans Danish Girl.

La surprise est plutôt venue du côté masculin alors que Mark Rylance a soufflé l’Oscar pour sa très méritée prestation dans Le pont des espions de Steven Spielberg. Tout le monde s’attendait à ce que Sylvester Stallone l’emporte pour Creed, 39 ans après avoir été nommé pour Rocky. «J’ai toujours adoré les histoires. […] Avoir la chance de travailler avec, je crois, l’un des plus grands conteurs de notre époque, Steven Spielberg, est un immense honneur.»

Les occasions de stupeur ont tout de même été rares dimanche soir. Il y avait une petite possibilité que le détonant Anomalisa l’emporte. C’est toutefois l’excellent Sens dessus dessous (Inside Out) de Pete Docter qui a été couronné, confirmant la longue tradition d’excellence de Pixar (dont c’était le 13e Oscar). Le réalisateur avait d’ailleurs un message pour les jeunes qui en arrachent à l’école: «Faites quelque chose. Tournez des films. Dessinez. Écrivez. Ça fera un monde de différence.»

Prix absolument mérité, celui remis à Asif Kapadia pour le meilleur documentaire. Son film admirablement construit est un hommage à la regrettée chanteuse Amy Winehouse.

Difficile de renouveler la soirée des Oscars, mais ses producteurs ont eu une bonne idée en débutant la soirée avec les prix récompensant là où les films commencent : les scénarios. Logiquement, Spotlight (Josh Singer et Tom McCarthy) et Le casse du siècle (Charles Randolph et Adam McKay) sont repartis avec les statuettes dorées pour le meilleur scénario original et adapté, respectivement. «Nous avons fait ce film pour tous les journalistes qui ont et continuent à confronter les puissants, a déclaré Tom McCarthy.

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Mercredi 9 décembre 2015 | Mise en ligne à 10h20 | Commenter Aucun commentaire

Squat: quand la réalité côtoie la fiction

Emmanuel Schwartz joue Le Duc dans Squat.

Emmanuel Schwartz joue Le Duc dans Squat.

Squat, le premier long métrage de Samuel Matteau, termine en ce moment ses 20 jours de tournage. Cette «expérience fascinante», comme il me le disait sur le plateau lundi, a permis au réalisateur de côtoyer des acteurs néophytes, qui jouent le rôle de jeunes squatteurs à Québec. Ce qu’on sait un peu moins, c’est que de vrais jeunes de la rue contribuent au tournage: la réalité côtoie la fiction.

La superbe photo d’Emmanuel Schwartz, ci-dessus, et celle de Samuel Matteau, plus bas, sont l’œuvre d’Alexandrine (alias Bob), qui agit comme photographe de plateau sur le film. Elle fait partie du quatuor parrainé par le Squat Basse-Ville, un organisme œuvrant auprès des jeunes en difficulté dans la ville de Québec.

Sous forme de Webizodes, en parallèle au tournage de la fiction, une équipe documentera l’expérience de plateau de ces jeunes ainsi que la passion, la prise de conscience, les espoirs et les peurs que, peut-être, elle fera naître, explique la production. C’est Franie-Éléonore Bernier qui sera responsable de la production de ces épisodes diffusés sur Internet.

Alexandrine étudie à l’école de la Maison Dauphine où elle devrait décrocher son diplôme bientôt. Elle aimerait faire un DEP en photographie. À cette école taillée sur mesure pour raccrocher les jeunes à la dérive, il y a aussi Mélanie, qui habite avec son copain Mathieu dans un appartement du Squat Basse-Ville. Le couple participe au projet ainsi que Megan.

On ne sait pas de quoi aura l’air le long métrage, mais on sait déjà que Squat est un film qui a du cœur.

Le réalisateur de Squat, Samuel Matteau.

Le réalisateur de Squat, Samuel Matteau.

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