Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘Général’

Mercredi 9 décembre 2015 | Mise en ligne à 10h20 | Commenter Aucun commentaire

Squat: quand la réalité côtoie la fiction

Emmanuel Schwartz joue Le Duc dans Squat.

Emmanuel Schwartz joue Le Duc dans Squat.

Squat, le premier long métrage de Samuel Matteau, termine en ce moment ses 20 jours de tournage. Cette «expérience fascinante», comme il me le disait sur le plateau lundi, a permis au réalisateur de côtoyer des acteurs néophytes, qui jouent le rôle de jeunes squatteurs à Québec. Ce qu’on sait un peu moins, c’est que de vrais jeunes de la rue contribuent au tournage: la réalité côtoie la fiction.

La superbe photo d’Emmanuel Schwartz, ci-dessus, et celle de Samuel Matteau, plus bas, sont l’œuvre d’Alexandrine (alias Bob), qui agit comme photographe de plateau sur le film. Elle fait partie du quatuor parrainé par le Squat Basse-Ville, un organisme œuvrant auprès des jeunes en difficulté dans la ville de Québec.

Sous forme de Webizodes, en parallèle au tournage de la fiction, une équipe documentera l’expérience de plateau de ces jeunes ainsi que la passion, la prise de conscience, les espoirs et les peurs que, peut-être, elle fera naître, explique la production. C’est Franie-Éléonore Bernier qui sera responsable de la production de ces épisodes diffusés sur Internet.

Alexandrine étudie à l’école de la Maison Dauphine où elle devrait décrocher son diplôme bientôt. Elle aimerait faire un DEP en photographie. À cette école taillée sur mesure pour raccrocher les jeunes à la dérive, il y a aussi Mélanie, qui habite avec son copain Mathieu dans un appartement du Squat Basse-Ville. Le couple participe au projet ainsi que Megan.

On ne sait pas de quoi aura l’air le long métrage, mais on sait déjà que Squat est un film qui a du cœur.

Le réalisateur de Squat, Samuel Matteau.

Le réalisateur de Squat, Samuel Matteau.

Aucun commentaire  |  Commenter cet article






Mardi 13 octobre 2015 | Mise en ligne à 9h34 | Commenter Commentaires (10)

Les osties de BS: bonne réflexion!

«Le court métrage est l’endroit des possibles. Il n’y a pas de restriction dans le court, sinon au niveau de la ligne artistique qu’un cinéaste veut se donner. Pour moi, le court est un art en soi», disait récemment Ian Gailer, qui en connaît un bout sur le sujet — il a été le DG de Regard sur le court à Saguenay.

Le petit brulot de Jimmy Larouche (Antoine et Marie) en est la preuve. Réalisé dans le cadre d’une carte blanche donnée par le Festival du Nouveau cinéma de Montréal, Les osties de BS se veut à la fois militant et source de réflexion.

Qu’en pensez-vous?

Lire les commentaires (10)  |  Commenter cet article






Mardi 15 septembre 2015 | Mise en ligne à 21h15 | Commenter Un commentaire

Première réussie pour Falardeau et son Guibord

Après Locarno et juste avant Québec, le Festival de Toronto (TIFF) a accueilli ce soir en première nord-américaine Guibord s’en va-t-en guerre. Présenté devant une salle comble, le nouveau long métrage de Philippe Falardeau a fait mouche, recueillant de chaleureux applaudissements. Ce film, ainsi que The Dressmaker, vu plus tôt, sont la preuve qu’on peut se moquer de tout. À condition d’avoir le ton juste.

Le réalisateur québécois se préoccupait de la réception qu’obtiendrait sa satire politique, en dehors de la province. Il a maintenant sa réponse, deux fois plutôt qu’une. Accompagné de Patrick Huard et de Suzanne Clément sur scène, Falardeau était visiblement heureux d’échanger avec les festivaliers sur cette comédie douce-amère et politiquement incorrecte.

Le Guibord du titre (Huard) est un politicien indépendant du Nord québécois qui se retrouve avec la balance du pouvoir alors que le parlement doit décider s’il doit envoyer des troupes dans un pays étranger. Face à un dilemme cornélien et député pragmatique, il décide de mener une expérience de démocratie directe en parcourant son immense circonscription. Sa femme forte (Clément), sa fille pacifiste et son stagiaire haïtien idéaliste qui cite Rousseau à tous vents l’accompagnent.

Il est rapidement rattrapé par les problèmes plus terre-à-terre des travailleurs et des Autochtones, qui bloquent des routes pour se faire entendre. Des situations propres aux quiproquos et à l’humour bon enfant qui font rire, puis réfléchir.

Comme d’habitude chez le réalisateur de M. Lazhar, le propos sociopolitique s’accompagne d’une chaleureuse dose d’humanisme. Guibord fait une démonstration de la débâcle démocratique nord-américaine, mais il se soucie aussi de démontrer l’amour d’un père pour sa fille et l’importance de l’amitié.

Pour sa sixième présence au TIFF, Philippe Falardeau a encore démontré qu’il sait mettre son talent de cinéaste discret mais intelligent au service de son récit, sans esbroufe, avec beaucoup d’efficacité. Bien joué.

Guibord sera présenté le 23 septembre au Festival de cinéma de la Ville de Québec, puis prendra l’affiche le 2 octobre.

* * *

Depuis Le lecteur (Stephen Daldry, 2008), les rôles consistants se sont faits plutôt rares pour Kate Winslet. The Dressmaker lui donne la possibilité de jouer sur toutes les notes de son registre, avec tout l’immense talent d’actrice qu’on lui connaît.

Parce que l’extravagant film de Jocelyn Moorhouse revisite à peu près toute la palette des genres cinématographiques, du western au policier, en passant par le film d’époque (1951, pour être précis) et la comédie loufoque. Mais toujours au deuxième degré, quelque part entre les Coen et John Waters. Les réparties touchent très souvent la cible et l’humour physique fonctionne à merveille.

Les premiers deux tiers sont absolument hilarants : du pur délire. Myrtle «Tilly» Dunnage (Winslet) revient dans son «trou perdu» de la savane australienne, après une absence de 25 ans. Sa mère, Molly la folle (Judy Davis, fantastique), la traite de meurtrière. Tilly ne se souvient de rien, mais la poignée d’habitants, tous plus tordus les uns que les autres, la regarde d’un œil torve… jusqu’à ce qu’ils découvrent son incroyable talent de styliste de mode.

Mais la flamboyante femme fatale est à Dungatar pour faire la lumière sur son passé. Il y a toujours un prix à payer quand on déterre le passé et Tilly va le découvrir à ses dépens.

Il est dommage que Moorhouse s’égare un moment dans le mélodrame — on décroche presque — et perdre un peu son rythme au troisième acte. Rien, toutefois, pour gâcher le plaisir jubilatoire que procure de film pétillant, sarcastique et irrévérencieux. Assurément un de mes bons moments de cinéma au festival.

En espérant que Dressmaker soit acheté par un distributeur canadien, si ce n’est déjà fait.

* * *

La 40e édition du TIFF se poursuit jusqu’à dimanche, mais la couverture du Soleil s’arrête ici. Il le faut bien puisque le 5e FCVQ s’amorce jeudi avec la projection de Paul à Québec, de François Bouvier.

Un commentaire  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    février 2016
    D L Ma Me J V S
    « jan    
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    2829  
  • Archives

  • publicité