Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘Général’

Mercredi 25 juin 2014 | Mise en ligne à 12h27 | Commenter Aucun commentaire

Repousser les frontières du court

Une équipe de tournage au récent Kinomada de Durango, au Mexique, au cours duquel une soixantaine de réalisateurs avaient six jours chacun pour tourner un court métrage.

Une équipe de tournage au récent Kinomada de Durango, au Mexique, au cours duquel une soixantaine de réalisateurs avaient six jours pour tourner un court métrage.

Yannick Nolin venait à peine de revenir du Mexique quand on a causé. Non, il n’était pas là pour se faire bronzer idiot et boire de la tequila. Avec cinq autres cinéastes de Québec, ils étaient à Durango, dans le cadre du Festival del Nuevo Cine Mexicano. Eux et une soixantaine de cinéastes provenant de 11 pays avaient chacun six jours pour créer un court métrage! Relisez ça: six jours pour créer un court… Mais il y a plus incroyable: c’est la douzième fois que des réalisateurs relèvent ce défi depuis cinq ans!

Depuis 2009, un Kinomada — c’est le nom du laboratoire de création — s’est posé dans sept pays différents, dont Cuba, le Chili, la Belgique… Le prochain sera en France, en septembre. À chaque fois, le résultat est présenté sur grand écran. À Québec, cet hiver, ils étaient plus de 500 personnes pour la soirée de projection. Ensuite, certains courts prennent le chemin des festivals. «On n’est pas encore rendu à Cannes», lance Yannick à la blague. N’empêche. L’un d’eux a été sélectionné au Festival de Toronto (le TIFF). Il y a aussi des soirées carte blanche comme au Festival de Québec (FCVQ). Les quelque 200 films réalisés depuis le début sont sur le site de Kinomada.

Le but de tout ça? Permettre aux cinéastes d’ici (et d’ailleurs) de tourner. Pour obéir à cette règle non écrite du milieu: après trois courts, tu pourras soumettre un projet de long métrage à la SODEC et à Téléfilm. Pour dynamiser le milieu cinématographique de Québec. Pour, encore plus important, «favoriser les échanges interculturels et créer des liens plus forts pour faire connaître notre cinéma et notre culture».

J’entends d’ici les râleurs: encore l’argent de nos taxes pour des filmeux de nuages… Ben non, justement. Le Kinomada à Durango, lieu mythique de tournage de plusieurs westerns? Payé par le Mexique et l’État du Durango. Oui, Kinomada a eu l’aide au début, mais presque rien ensuite. Yannick Nolin s’en occupe bénévolement. Par passion et avec le désir d’aider le (très petit) milieu du cinéma de Québec à survivre. Lui-même réalisateur et directeur de la photographie, il travaille la plupart du temps à l’extérieur.

Même si la tendance actuelle est de sabrer les dépenses culturelles (le crédit d’impôt de 20 %, le programme Cinéma et vidéo comme le révélait Le Devoir…), Kinomada devrait, à l’inverse, obtenir un minimum de soutien. En tout cas, Yannick a toute mon admiration.

La Femme de Bahia from KINOMADA on Vimeo.

Aucun commentaire  |  Commenter cet article






Vendredi 25 avril 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Aucun commentaire

Le film de la semaine: La coiffeuse

20104078_4_IMG_FIX_700x700

Je vais vous parler d’un film fabuleux, d’un cinéma qu’on voit trop peu ici, le cinéma allemand — qui a pourtant plusieurs cinéastes vraiment doués et je ne parle pas seulement de Wender. Désolé pour mes lecteurs de l’extérieur de Québec, mais La coiffeuse n’est qu’à l’affiche du cinéma Cartier.

La coiffeuse en question, Kathi, aurait toutes les raisons du monde de déprimer. Elle est obèse, sans-emploi, souffre de sclérose en plaques, vient de divorcer et sa fille a honte d’elle. Et pourtant, elle affiche une convivialité et une bonne humeur qui défrisent. L’héroïne de La coiffeuse est un modèle de détermination, de courage et d’estime de soi, un personnage plus grand que nature qui confère un charme fou au film de Doris Dorrie.

Lorsque s’amorce le film, Kathi (Gabriela Maria Schmeide) est en train de coiffer une cliente. Une question de cette dernière permettra un immense retour en arrière. Kathi revient s’établir à Berlin-Est. Elle veut reprendre le boulot pour subvenir à ses besoins et à ceux de son ado Julia (Natascha Lawiszus). Mais on ne veut pas d’elle comme coiffeuse, malgré ses doigts magiques, en raison de son physique «non esthétique».

Elle se persuade alors d’ouvrir son propre salon en face de celui de ses rivales, minces et belles. Armée de ses boucles d’oreilles et de son collier en fruits ainsi que sa robe verte, cette battante extraordinaire va enfoncer toutes les portes avec sa bonne humeur communicative, son imagination et son énergie débordantes. Le film la suit dans ses tribulations quotidiennes, ses petites joies comme ses échecs.

Kathi est prête à tout, même devenir une très maladroite passeuse d’immigrés clandestins. Elle fait alors une singulière rencontre, celle de Tien (Ill-Young Kim). Le Vietnamien lui donnera un coup de main inattendu et inespéré. Ce segment du scénario de Laila Stieler ralentit le déroulement après le rythme trépidant de la première moitié du long métrage et semble un peu plaqué. Mais c’est totalement rocambolesque. Elle traite aussi d’une autre façon la question des laissés pour compte en Occident.

Reste que le film ne serait pas aussi captivant sans le regard singulier que pose Doris Dorrie (Cherry Blossoms) sur Kathi. Sa caméra est franche mais respectueuse. Car Marianne Sägebrecht dans Bagdad Café (Percy Adlon) est un poids plume à côté de Kathi. Même Ginette Reno dans Léolo (Jean-Claude Lauzon) n’est pas aussi généreuse de ses formes.

Mais ce qu’il y a de fascinant, c’est que la réalisatrice et l’actrice réussissent à repousser les limites de la pudeur, sans fausse honte et sans malaise, que ce soit dans le bain ou au lit. Une façon de dire que Kathi est heureuse comme elle est, que c’est dans le regard que posent les autres que loge la désapprobation.

La réalisatrice allemande ne souligne pas son excès de poids, mais ne le cache pas non plus. Tout est dans les difficultés de Kathi à passer dans les portes ou à s’asseoir. Évidemment, Gabriela Maria Schmeide a le physique de l’emploi. Mais sa performance est renversante. Il y a une spontanéité et une véracité qui suscitent une adhésion sans borne et qui rend Kathi si attachante.

Dorris Dorie est une metteur en scène établie en Allemagne où elle a remporté, notamment, le prix de meilleure réalisatrice pour Glück en 2012. Il faut voir, d’ailleurs, dans La coiffeuse, sa merveilleuse façon de filmer et la beauté de plusieurs de ses plans de la banlieue un peu crade de Berlin.

La coiffeuse s’avère au final rempli d’humanité et d’espoir, sans que ce soit factice ou cul-cul. Ce n’est pas rien.

Aucun commentaire  |  Commenter cet article






Lundi 9 décembre 2013 | Mise en ligne à 9h17 | Commenter Commentaires (3)

B.-a. de L’extraordinaire Spider-Man: la routine

Plus Spiderman sauve de gens, plus d’ennemis il se fait. Conclusion logique pour le deuxième tome de cette saga: il faut plus de vilains: trois, en fait. Andrew Garfield reprend le rôle de Peter Parker dans L’extraordinaire Spider-Man : Le destin d’un héros, ce qui n’augure rien de bon. Par contre, Dane DeHaan en Harry Osborn, Jamie Foxx en Electro et Paul Giamatti en Rhino, c’est déjà pas mal mieux.
La bande-annonce ne nous montre rien de bien étonnant. Peter flirte avec Gwen (Emma Stone) et tente de protéger les New-Yorkais contre les vilains, tout en découvrant de nouveaux indices sur son passé. Bref, la routine.
Honnêtement, je ne peux pas dire que je l’attends avec impatience, celui-là. Sortie prévue le 2 mai, pour lancer la saison des superproductions.

Lire les commentaires (3)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    août 2014
    D L Ma Me J V S
    « juil    
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité