CANNES — Marion Cotillard est une actrice douée, à l’immense talent comme le prouve son Oscar pour La môme. Ce qu’on savait moins, c’est qu’elle a aussi une inclinaison pour les langues, même si elle doit y travailler très fort pour y arriver. Elle parle d’ailleurs un anglais presque sans accent, ce qui a permis de décroches des rôles aux États-Unis.
Mais c’était une toute autre paire de manches pour The Immigrant, de James Gray (présenté en compétition). En conférence de presse, ce matin, à Cannes, la femme de 37 ans a expliqué qu’elle avait 20 pages de scénario en Polonais! «Ce ne sont pas du tout des mots qui ressemblent au français ou à l’anglais. Et je n’avais pas le choix: je devais parler un polonais sans accent [pour que ce soit crédible]. C’est assez déstabilisant.»
Cet intense labeur — elle y a travaillé jour et nuit sur le plateau — en valait la peine parce qu’il lui a permis de composer Ewa. «Ça aide à construire quelque chose qui appartient en propre au personnage.» Une pro jusqu’au bout des doigts! Se performance ne suffit toutefois pas à élever suffisamment le mélodrame de Gray, dont l’histoire de triangle amoureux sur fond d’immigration a été vue 100 fois. Pas mauvais, mais on s’attendait à mieux.
L’exercice peut quand même s’avérer ardu pour l’actrice. Plus tôt cette semaine, elle expliquait qu’elle avait abandonné l’idée de parler l’italien dans un film parce qu’il n’y arrivait tout simplement pas. Elle s’est toutefois reprise pour Blood Ties (de son conjoint Guillaume Canet, coscénarisé par James Gray). Et cette fois, elle a mis dans le mille, au point où un journaliste italien l’a complimenté sur son accent. «Vous me faites plaisir, vous ne pouvez pas imaginer», a-t-elle déclarée, émue.
Vous aussi, vous nous faites plaisir, Mme Cotillard.
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