Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘cinéma’

Lundi 26 septembre 2016 | Mise en ligne à 10h32 | Commenter Aucun commentaire

Dolan aux Oscars: les chances sont minces

Juste la fin du monde de Xavier Dolan représente le Canada aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère.

Juste la fin du monde de Xavier Dolan représente le Canada aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère.

On ne se contera pas d’histoire: les chances de Xavier Dolan aux Oscars sont minces. Ce qui n’enlève rien au fait que Juste la fin du monde est un très bon film ni que le jeune réalisateur a réalisé tout un exploit en étant choisi une troisième fois pour représenter le Canada dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère.

C’est vendredi (23 septembre) que Téléfilm a divulgué l’identité du film, sans trop de surprise. Juste la fin du monde a remporté le Grand prix au Festival de Cannes. C’est prestigieux. Et la compétition était plutôt mince ici. J’aime bien Les mauvaises herbes et Les êtres chers, mais les longs métrages de Louis Bélanger et d’Anne Émond sont une coche en dessous de celui de Dolan.

Pour en revenir à la course comme telle, le vote des membres de l’Académie est parfois bien étrange. Mais encore faut-il que Juste la fin du monde se rende jusqu’à la soirée des statuettes dorées. Chose que Dolan n’a pas accomplie avec J’ai tué ma mère (2009) et Mommy (2014). Il serait très surprenant qu’il réussisse cette fois-ci, compte tenu du peu d’enthousiasme — un euphémisme — de la critique américaine pour son sixième long métrage. Le long métrage avait reçu une volée de bois vert à Cannes et demeure sans distributeur américain, malgré la présence de Vincent Cassel et de Marion Cotillard dans la distribution (les deux acteurs ont beaucoup tourné aux États-Unis, Cotillard ayant même remporté l’Oscar de la meilleure actrice en 2008 pour La Môme).

Reste que la concurrence est très forte cette année. Trois films qui étaient en compétition à Cannes sont dans la course, ceux d’Almodóvar, de Maren Ade et d’Asghar Farhadi (qui a gagné deux prix sur la Croisette). Il y a aussi le Pablo Larrain (Neruda) et l’Italie vient d’annoncer qu’elle misait sur Fuocoammare. Le documentaire de Gianfranco Rosi a obtenu l’Ours d’or à Berlin et son sujet, la crise des migrants, lui donne un avantage. La France a opté pour Elle de Paul Verhoeven. Un très bon film, mais qui risque fort de heurter la pudeur américaine. Le réalisateur n’avait pas été en mesure de le tourner aux États-Unis.

On verra bien. Plus de 70 pays ont soumis un film. L’Académie fera connaître sa courte liste de neuf prétendants en décembre, puis les longs métrages en nomination en janvier. Le gagnant sera connu le 26 février, à la 89e soirée des Oscars.

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Vendredi 23 septembre 2016 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (4)

Le film de la semaine: Juste la fin du monde

La controverse qui a entouré la présentation de Juste la fin du monde au récent Festival de Cannes — que la critique anglo-saxonne a descendu en flammes — n’aura pas réussi à occulter à quel point ce huis clos puissant et claustrophobe est une formidable réussite. Il n’a pas gagné le Grand prix pour rien. Les cinéphiles québécois peuvent enfin découvrir, en même temps que le public français, ce film dense, intense et extrêmement bien filmé, porté par cinq interprètes dans une classe à part.

Écrivons-le d’emblée : ceux qui s’attendent à ce que le flamboyant réalisateur refasse un film dans la même veine que ses précédents vont être déçus. Ce sixième long métrage marque une évolution dans son œuvre, sans ses acteurs fétiches et ses effets de manche habituels — bien que Dolan tombe parfois dans des excès maniérés qui cadrent mal avec le reste.

De tous les sujets qui s’offrent à lui, Xavier Dolan a choisi l’adaptation de la pièce éponyme (1990) de Jean-Luc Lagarce (décédé du sida en 1995). Ce qui en dit long sur son courage artistique et sa volonté de se renouveler.

La prémisse de Juste la fin du monde se résume assez simplement. Après 12 ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à ses proches sa mort prochaine.

Le Québécois a voulu conserver la langue vivante et nerveuse du dramaturge le plus possible: c’est très déstabilisant. Parce que ce flot de mots qui se bousculent dans la bouche des acteurs cache des non-dits qui étouffent chacun des membres de cette famille qui souffre de l’absence de Louis (Gaspard Ulliel, formidable de retenue).

Le condamné de 34 ans est tétanisé par ce retour sur ses pas et par ce qu’il a à annoncer. Son frère Antoine (Vincent Cassel) et sa sœur Suzanne (Léa Sédoux) ont, eu, peur d’exprimer leurs vraies émotions. Les échanges sont, néanmoins, chargés de tension et les silences sont à couper au couteau. La mère (Nathalie Baye) joue un rôle de catalyseur alors que la belle-sœur anxieuse (Marion Cotillard) est la seule à comprendre ce que Louis n’arrive pas à formuler — parce que contrairement aux autres, elle n’est pas rongée par son départ.

Quelques retours en arrière, comme autant d’éclairs de mémoire, nous font un peu sortir de cette œuvre qui respecte autrement la règle d’unité de temps, de lieu et d’action du théâtre (à part une courte échappée en auto avec des plans-séquences très réussis). Des écarts pour mieux nous y ramener.

Juste la fin du monde est un orage qui gronde, avec ses nuages chargés de tension : il y a de l’électricité dans l’air. Un sentiment exacerbé pour le spectateur : il connaît le secret de Louis et s’attend continuellement à ce qu’il le révèle.

Ce film remue les tripes autant que s’impose la mise en scène très maîtrisée de Dolan. Le réalisateur va préconiser un recours systématique aux gros plans et aux regards, qui en disent beaucoup plus que le reste. À ce propos, Marion Cotillard est absolument formidable. Elle livre une performance vibrante et touchante.

Mais une part du mérite revient à Dolan, dont la direction d’acteurs est aussi audacieuse que précise — il réussit, par exemple, à éviter que Cassel fasse du Cassel et qu’il exprime sa rage d’une façon (presque) terrifiante. On dira ce qu’on voudra, mais le brillant réalisateur a une vision très définie de son film. Ce qui se concrétise notamment dans le choix des couleurs, bleu et orange sont dominants, et l’utilisation de la musique, qui s’avère parfois agaçante dans la surcharge, un gros bémol.

Juste la fin du monde est, jusqu’à maintenant, mon œuvre préférée dans la filmographie du réalisateur de Mommy et Laurence Anyways. Un long métrage qui m’habite depuis sa présentation sur la Croisette. Tant pis pour ceux qui n’ont pas compris que dans un film sur l’incommunicabilité, le propos est nécessairement implicite, pas explicite…

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Mardi 20 septembre 2016 | Mise en ligne à 9h47 | Commenter Aucun commentaire

B.-a. de Passengers: JLaw et Pratt perdus dans l’espace

À part L’arrivée de Denis Villeneuve, voici certainement le film de science-fiction le plus attendu cet automne. Pas tellement à cause du sujet pas très original (un dysfonctionnement informatique, ça fait tellement 2001: l’odyssée de l’espace), mais bien pour la présence de Jennifer Lawrence et Chris Pratt. Les deux acteurs sont perdus dans l’espace pour presque toute la durée de Passengers de Morten Tyldum (Le jeu de l’imitation). Il pourrait bien y avoir de la magie cinématographique.

Reste qu’avec ce genre de bande-annonce, on a toujours l’impression d’avoir vu l’essentiel du film… Très impressionnant, par ailleurs. Comme on peut l’entendre dans la bande-annonce, Jim et Aurora sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt alors qu’ils voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète avec 5000 passagers. Alors que nos nouveaux Adam et Ève éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. Évidemment.

Sortie prévue: 21 décembre. Ça ne gagnera pas des Oscars, mais pour la période des Fêtes, ça me semble parfait, non?

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