Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘cinéma’

Lundi 20 octobre 2014 | Mise en ligne à 13h51 | Commenter Commentaires (2)

Mommy va obtenir le billet d’or!

Suzanne Clément, Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon et Xavier Dolan sur le tapis rouge de Mommy, au Festival de cinéma de Québec..  Le Soleil, Pascal Ratthé

Suzanne Clément, Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon et Xavier Dolan sur le tapis rouge de Mommy, au Festival de cinéma de Québec.. Le Soleil, Pascal Ratthé

Qui l’aurait cru? Ce ne sera pas 1987 de Ricardo Trogi, mais Mommy de Xavier Dolan qui va obtenir le Billet d’or, à la prochaine cérémonie des Jutra, en mars prochain. Le cinquième long métrage du jeune réalisateur a atteint 2 417 041 $ au box-office avec les recettes de la fin de semaine alors que 1987 a arrêté le compter à  2 414 134 $.

Et ce n’est pas terminé puisqu’à sa cinquième semaine d’exploitation, il a encore engrangé 202 377 $ et s’est ainsi hissé au deuxième rang des revenus dans la province. Seul Fury, de David Ayer, a mieux fait, mais c’était la première fin de semaine du long métrage mettant en vedette Brad Pitt.

Mommy fait aussi très bien en France où il a obtenu 340 171 entrées à sa première semaine, seulement devancé par Les apparences (David Fincher) et le film d’horreur Annabelle.

Xavier Dolan va continuer à avoir ses détracteurs, malgré ce succès mérité. Mais ceux-ci ne pourront plus dire qu’il réalise des films que personne ne voit…

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Vendredi 10 octobre 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Un commentaire

Le film de la semaine: 20 000 Days on Earth

Soyons honnête : j’ai presque l’entièreté de la discographie de Nick Cave and the Bad Seeds. Mais ça ne change rien au fait que 20 000 Days on Earth (présenté au voa-s.-t.-f.) est l’un des meilleurs films de 2014, toutes catégories confondues. Je vous le jure : cet essai cinématographique, mi-fiction, mi-documentaire révèle non seulement de larges pans du processus créatif d’un rockeur iconoclaste, mais aussi un aperçu de l’homme derrière le chanteur-culte. Et il est animé par un souffle poétique visuel qui en fait un captivant moment cinématographique.

La particularité du long métrage d’Iain Forsyth et de Jane Pollard? Pas besoin d’être un admirateur de Nick Cave, ni même de connaître le grand escogriffe pour être fasciné par la démarche et son résultat. À savoir que les cinéastes prennent prétexte de la 20 000e journée d’existence de Cave pour nous présenter une journée typique dans la vie de l’auteur, compositeur, interprète et occasionnellement acteur.

L’Australien d’origine est un créateur subversif, un ange noir obsédé par la religion, la mort, la violence, mais aussi l’amour. Sa musique avec les Bad Seeds, fondé en 1983, est un amalgame unique, menaçant mais séduisant comme le danger, de blues, rock, gospel et de post-punk gothique, porté par une violente tension et la voix crépusculaire de Cave. Un homme qui cannibalise sa vie et celle de son entourage pour créer une œuvre «absurde et violente» peuplée de «monstres et de héros».

Un artiste fasciné par le processus de transformation mu par la scène où «on oublie qui on est et où on devient quelqu’un d’autre», phénomène qui devient sa raison de vivre — Nick Cave est, dans tous les sens du terme, une bête de scène. Il ne faut donc guère se surprendre qu’il se mette en scène dans ce long métrage (il est crédité au générique comme coscénariste avec les réalisateurs). Mais c’est probablement à travers cette «fiction» qu’on se rapproche le plus de la réalité, brillamment filmée et illustrée par Forsyth et Pollard, un duo de créateurs.

N’en soyons pas surpris, 20 000 Days on Earth repose sur le montage. Des rencontres «arrangées» permettent de revisiter le passé du créateur : son enfance heureuse de trompe-la-mort, l’influence de son père (qui lui lisait Lolita à haute voix), la fondation de Birthday Party (son premier groupe), ses abus, son amitié avec Warren Ellis (le multi-instrumentiste des Bad Seeds), son obsession pour la littérature…

Mais un montage non linéaire qui s’exerce aussi en studio, alors qu’on assiste à la création d’une pièce, de ses balbutiements jusqu’à son interprétation sur scène, ainsi que dans les ballades en auto de Cave dans sa ville adoptive de Brighton.

20 000 Days on Earth est probablement le meilleur «documentaire» musical depuis One + One de Godard (1968). Il s’attelle à la déconstruction du mythe du créateur bizarre aux pulsions obscures pour révéler l’homme ordinaire mais différent, qui culmine avec ce plan de Cave qui mange de la pizza avec ses jumeaux devant la télé.

Reste que Nick Cave est d’abord un personnage fascinant et un redoutable conteur, qui a consacré sa vie à chercher un sens à celle-ci à travers ses chansons. C’est autant sa présence que la facture du film qui rend 20 000 Days on Earth si envoutant. Il a d’ailleurs gagné le Grand prix du jury au récent Festival de Québec (FCVQ) et le prix de la réalisation documentaire à Sundance, au printemps.

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Jeudi 9 octobre 2014 | Mise en ligne à 11h23 | Commenter Commentaires (3)

Le nouveau Rodrigue Jean: cœurs sensibles s’abstenir

L’amour au temps de la guerre civile a fait sensation au récent Festival de Toronto (TIFF) et sera l’un des deux films québécois en compétition officielle au prochain Festival du nouveau cinéma (FNC) de Montréal. En regardant la bande-annonce, qui vient d’être dévoilé, on comprend pourquoi. L’esthétique y est crue, sauvage comme le monde dans lequel évolue Alex (Alexandre Landry), un junkie qui fait des passes pour payer sa dope.

Le résumé de la production est d’une telle poésie brûlante, que je le reproduis tel quel: «Alex est un jeune toxico en quête d’absolu qui se prostitue dans le quartier Centre-Sud de Montréal. Autour de lui gravitent Bruno, Simon, Jeanne, Éric et Velma, tous pris dans une même spirale de compulsion. Otages d’une société qui les exclue et les enferme dans son implacable logique marchande, ils sont les anges déchus d’une époque violente et sombre. Sans passé ni avenir, ils traînent leur arrogante solitude au gré d’un éternel présent ponctué par les gestes brûlants de leur consommation effrénée. Mais au milieu des ruines, leur beauté demeure insoumise. Entre deux doses, chacun s’accroche à ce qui lui reste de désir et les corps, exultant, se vengent de l’humiliation dans laquelle on les maintient. Seuls au monde, les enfants de cette tribu sauvage s’aiment et errent inlassablement dans la nuit de notre confort et notre indifférence. Comme chez l’écrivain Jean Genet, L’Amour au temps de la guerre civile “donne un chant à ce qui était muet”.»

Ce n’est pas du misérabilisme, mais une réalité sur laquelle on préfère détourner le regard. Le cinéma est aussi là pour ça. Pour nous forcer à regarder.

En salle en février 2015. Très hâte, déjà.

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