Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘cinéma’

Vendredi 25 juillet 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Aucun commentaire

Le film de la semaine: Les conquérants

Quelques-uns ont déploré, sur ce blogue, le manque de bonne comédie intelligente et subtile. C’est vrai que l’espèce se fait plutôt rare. C’est pourquoi j’ai choisi Les conquérants comme film de la semaine. Pas un grand film, mais vraiment audacieux. Et drôle.

Un film dont l’humour fin se sert en contexte, sans occulter l’humanité du récit. Le long métrage de Xavi Molia, à propos de deux perdants de première qui cherchent une rédemption ordinaire, s’avère d’une véracité tellement confondante qu’on lui pardonne l’énormité du prétexte.

Noé et Galaad forment une drôle de paire — le spectateur le sait dès le départ : ils arrivent en retard à l’enterrement du patriarche explorateur et l’aîné interprète une chanson de cow-boy en guise d’oraison funèbre! Les demi-frères sont aussi dépareillés que des bas différents : le premier est l’entraîneur de soccer solitaire et misanthrope d’un club provincial alors que le second est un acteur de seconde zone misérabiliste, rongé par un cancer.

Il n’en faut pas plus pour que Galaad (un prénom qui fait à la fois référence aux légendes arthuriennes et à la Bible) croie les deux frères victimes d’une malédiction transmise par leur père. Ce dernier a découvert le Graal, rien de moins, et l’a vendu à un collectionneur. Ce qui serait la source de tous leurs malheurs… Il n’est faut pas plus pour que le duo décide de le voler et d’aller le reporter dans sa cachette d’origine, en Bretagne.

Après une première demi-heure très réaliste, malgré son humour décalé, le long métrage écrit et réalisé par Molia (8 fois debout) glisse subrepticement dans l’absurde et devient soudainement très drôle. Pas de gros gags gonflables ici, mais un humour subtil et détonnant.

Il faut, évidemment, être prêt à accepter l’existence du Graal et que celui-ci confère des pouvoirs magiques à son détenteur — ce qui donne quelques belles séquences de bouffonnerie visuelle. Rendu là, le spectateur est carrément dans le conte fantastique et la fable, mais toujours dans un cadre très contemporain, normal. Le contraste n’en est que plus saisissant.

Cet aspect surnaturel est tellement assumé, en fait, qu’on se demande s’il n’est pas le produit de l’imagination délirante de Galaad. Et c’est toute l’habileté du scénario des Conquérants : on a le goût de croire à cette quête inversée.

Parce que malgré ou peut-être à cause de leurs défauts, le spectateur se prend d’affection pour les deux anti-héros. L’identification est renforcée par le sentiment de proximité. Denis Podalydès (Vous n’avez encore rien vu) et Mathieu Demy (Les insomniaques) campent de façon solide cette paire improbable.

Malgré toutes les qualités de ce second film, il manque de rythme et s’égare parfois en chemin (l’inévitable scène gratuite de nudité). Mais reconnaissons la touche de Molia dans ce surprenant amalgame de genres qui donne un bon petit film agréable à l’œil et pour la rate.

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Mardi 22 juillet 2014 | Mise en ligne à 11h33 | Commenter Un commentaire

Vallée et Falardeau en première au Festival de Toronto

Puisque les nouveaux films de Jean-Marc Vallée et de Philippe Falardeau étaient placés sous la même étoile, celle de Reese Witherspoon, il ne faut guère se surprendre que ceux-ci aient leur première mondiale presque simultanément au Festival de Toronto. Le TIFF, qui se déroule du 4 au 14 septembre, a divulgué ce matin une partie de sa programmation.

Vallée avait connu beaucoup de succès l’an passé au TIFF avec Dallas Buyers Club, qui allait éventuellement gagner trois Oscars. Wild est l’adaptation d’un livre-culte et le choix de Witherspoon pour y jouer ne fait pas l’unanimité.

L’actrice de 38 ans (Mud, Walk The Line) interprète Cheryl Strayed dans sa quête de rédemption au cours d’une randonnée de 1800 km sur la Pacific Crest Trail. Cette marche solitaire est entrecoupée de retours en arrière sur la mort de sa mère, sa consommation d’héroïne, son divorce; bref, sa descente aux enfers.

Le long métrage de Vallée n’est pas sans rappeler celui de Sean Penn, Into The Wild (Vers l’inconnu, 2007), dont la thématique est semblable, mais avec un protagoniste masculin.

Pour ce qui est de Good Lie, avec la même actrice dans le rôle-titre, il s’agit du premier film hollywoodien de Falardeau. Il puise dans l’histoire de jeunes qui ont fui la seconde guerre civile au Soudan (1983-2005) et dont certains trouvent refuge aux États-Unis. Ils trouveront une alliée improbable en une jeune Américaine.

Le TIFF présentera aussi Foxcatcher, Prix de la mise en scène pour Bennet Miller au récent Festival de Cannes; Nightcrawler (Dan Gilroy); While We’re Young (Noah Baumbach), Le juge (David Dobkin); The Riot Club (Lone Scherfig), Coming Home (Zhang Yimou), The Drop (Michaël R. Roskam) et The Humbling (Barry Levinson).

Le film de clôture sera Un petit chaos d’Alan Rickman avec Kate Winslet et Matthias Schoenaerts.

La liste complète est disponible ici.

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Lundi 21 juillet 2014 | Mise en ligne à 11h39 | Commenter Aucun commentaire

Gyllenhall et Cumberbatch au Festival de Toronto

On saura aujourd’hui les films qui seront de la programmation gargantuesque du Festival de Toronto (TIFF). Je parierais qu’après le Prisonniers, de Denis Villeneuve, l’an passé, Jake Gyllenhall sera de retour avec Nightcrawler. Le premier extrait du film de Dan Gilroy, laisse entrevoir une performance à la Pacino des belles années.

Gyllenhall y joue un journaliste-pigiste de faits divers à Los Angeles qui, de toute évidence, tente très fort de se trouver un emploi dans le domaine… C’est Dan Gilroy qui réalise. Son premier film, peut-être, mais il est le coscénariste de La Peur dans la peau : L’Héritage de Bourne (2012), réalisé par son frère Tony. Mieux, le long métrage peut aussi compter sur Bill Paxton, Rene Russo et Riz Ahmed dans la distribution. Et comme Nightcrawler a déjà une date de sortie (17 octobre), il n’est pas surprenant de le voir au TIFF.

Tout comme The Imitation Game, l’un des films les plus attendus de l’automne, avec Benedict Cumberbatch dans la peau d’Alan Turing. Oui, le long métrage du réalisateur norvégien Morten Tyldum fera l’ouverture du 58e Festival de Londres le 8 octobre.

The Imitation Game explore la vie d’Alan Turing, un génie des mathématiques, de la cryptologie et de l’informatique qui était à la tête de l’équipe qui a réussi à briser le code Enigma imaginé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette fabuleuse réussite est considérée comme un moment décisif dans la victoire des Alliés. Mais Turing fut poursuivi par le gouvernement anglais en raison de son homosexualité, en 1952, ce qui mènera à son suicide présumé.

Le film compte aussi sur Keira Knightley dans le rôle de Joan Clarke, une amie proche de Turing. Il n’y a pas encore de date de sortie pour l’Amérique du Nord (14 novembre en Angleterre), mais il pourrait être un sérieux prétendant dans la course aux Oscars. Or, le TIFF sert souvent de rampe de lancement pour les «oscarisables».

Le Festival de Toronto se déroule du 4 au 14 septembre. J’y serai, on s’en reparle. En attendant, voici la très prometteuses bande-annonce.

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