Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘cinéma’

Mercredi 21 juin 2017 | Mise en ligne à 14h02 | Commenter Aucun commentaire

B.-a. de Detroit: le film le plus attendu de mon été

Detroit est absolument le film d’auteur avec le plus de potentiel explosif sur le plan politique à sortir cet été. Si l’intense bande-annonce est révélatrice, le long métrage pourrait bien avoir les jambes pour se rendre aux Oscars, tant pour l’interprétation de John Boyega que la réalisation de Kathryn Bigelow (Démineur, Opération avant l’aube).

Detroit s’inspire des émeutes raciales qui ont secoué la ville de l’auto en 1967. À la lumière des évènements des dernières années aux États-Unis, le drame historique pourrait bien provoquer une saine discussion sur le racisme prévalent chez nos voisins du Sud. Surtout que Mark Boal, présent sur les deux derniers films de Bigelow, signe encore une fois le scénario. Très hâte.

Sortie prévue: 4 août

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Vendredi 16 juin 2017 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (2)

Le film de la semaine: Un sac de billes

Un sac de billes raconte une incroyable odyssée, inspirée de la fuite réelle de Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs, dans la France occupée de la Seconde Guerre mondiale. Christian Duguay filme avec son aplomb habituel ce récit initiatique, qui est aussi une belle leçon de courage et de résilience dans l’adversité. Le réalisateur québécois a su trouver le ton juste entre drame et moments plus légers, entre divertissement et devoir de mémoire.

L’adaptation du récit autobiographique de Joseph Joffo, la deuxième après celle de Jacques Doillon en 1975, débute en août 1944, lorsque le garçon revient à Paris. Rien n’est plus comme avant. Retour en arrière à ce moment de mai 1942 où insouciance et joie de vivre sont oblitérées par cette infâme étoile jaune que doivent arborer les Joffo. Les deux garçons sont bientôt confrontés au racisme ordinaire de ceux qui étaient, il n’y a pas si longtemps, leurs amis…

Il devient trop dangereux de rester ou de fuir en famille. Maurice (Batyste Fleurial), 12 ans, et Joseph (Dorian Le Clech), 10 ans, doivent donc se débrouiller seuls pour atteindre Nice, dans un véritable jeu de chats et de souris avec les nazis. Leur traversée de la France n’est pas une sinécure et Duguay met bien en évidence les moments périlleux auxquels les enfants sont confrontés pendant ces deux années tragiques.

Un sac de billes aurait pu être un film épique si Duguay avait su éviter le mélo trop appuyé. Ces quelques moments viennent gâcher le climat de tension habilement construit par le réalisateur de Jappeloup (2013). Grâce à sa caméra mobile et son usage justifié du gros plan, le Québécois, un technicien doué, nous fait vivre de très près les vives émotions vécues par les enfants.

Autre bémol, l’utilisation des clichés usés à la corde pour illustrer la complicité et la tendresse familiale, comme la bataille d’oreillers et la «lutte» sur la plage qui se termine avec le père tout habillé dans la mer…

C’est dommage parce que ces moments forcés font contraste avec le naturel désarmant des jeunes acteurs. On croit en ce duo de petits malins qui utilisent leur débrouillardise et leur détermination, avec un peu de chance, pour continuellement échapper aux soldats allemands qui les destinent aux camps de la mort.

Patrick Bruel, en père aimant, tendre et soucieux de léguer à ses enfants les outils pour survivre, offre une de ses meilleures prestations au cinéma, bien appuyé par Elsa Zylberstein en mère complice.

En entrevue, Christian Duguay soulignait que le rappel historique d’Un sac de billes n’avait rien de didactique. Il a raison. Mais il n’en est pas moins pertinent. Surtout à la lumière de la crise des migrants actuelle. En confrontant la France avec son passé collaborateur de façon très explicite dans ce film, il rappelle à tout l’Occident ses lâchetés, sa peur de l’autre et son repli identitaire.

Mais le drame fait aussi une belle place à tous ses gens altruistes, dignes et courageux qui aident les frères Joffo dans leur fuite perpétuelle. Un sac de billes n’accote pas le très beau La vie est belle (1997) de Roberto Begnini sur le plan esthétique, mais il suscite le même genre d’effet chez le spectateur, de 7 à 77 ans. C’est plutôt rare.

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Mardi 13 juin 2017 | Mise en ligne à 16h35 | Commenter Aucun commentaire

Soderbergh s’éclate avec Le destin des Logan (b.-a.)

Steven Soderbergh, le brillant et éclectique réalisateur de Sexe, mensonges et Vidéo (Palme d’or en 1989), a créé toute une commotion lorsqu’il a annoncé qu’Effets secondaires (2013), son 25e long métrage, serait son dernier film au cinéma… Heureusement, il n’a pas tenu parole. Le destin des Logan (Logan Lucky) marque un retour en forme du cinéaste, on dirait, dans la veine de sa trilogie des Danny Ocean (George Clooney).

La bande-annonce nous promet un portrait décapant des redneck du Sud des États-Unis, avec ces deux frères idiots (Channing Tatum et Adam Driver) qui tentent de faire sauter la banque pendant une course Nascar grâce à l’aide de Joe Bang (Daniel Craig bleaché, presque méconnaissable). La distribution féminine est d’enfer: Riley Keough, Katherine Waterston, Kathie Holmes, Hilary Swank… Wow!

Je ne sais pas pour vous, mais ce pourrait bien être le film qui va faire mon été (avec le très bon Lorsque tombe la nuit). Sortie prévue: 18 août

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