Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘cinéma’

Lundi 10 août 2015 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (2)

Pause: les vacances de M. Moro

OK, depuis le temps qu’on se fréquente, vous devez savoir qu’avec le mois d’août viens le temps de vacances pour moi. À mon retour, on se parlera des films de l’été 15, de la rentrée d’automne, des festivals de Toronto et de Québec.

En attendant, je vous laisse avec les bandes-annonces des deux longs métrages que j’aimerais beaucoup voir ce mois-ci, mais je ne suis pas certain qu’ils vont prendre l’affiche à Québec. Montréalais, profitez-en, Straight Outta Compton (F. Gary Gray) sort le 14 août, Mistress America (Noah Baumbach), le 28.

Amusez-vous, on se voit bientôt.

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Vendredi 7 août 2015 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (6)

Le film de la semaine: Le mirage

Le mirage est un moment fort de notre cinématographie récente. Le film de Louis Morissette (scénario) et de Ricardo Trogi (réalisation) ne sera pas présenté au Festival de Cannes. Pas grave. Il n’en est pas moins remarquable, dépeignant avec acuité la chute d’un homme ordinaire qui saborde sa vie après avoir poursuivi sans relâche l’illusion d’une existence modèle que les vendeurs de rêve font miroiter.

Morissette se glisse dans la peau de Patrick, un quadragénaire en crise de couple, financière et sexuelle. De l’extérieur, il maintient l’impression qu’il a tout pour être heureux. Mais sa femme Isabelle (Julie Perreault) est en dépression, ils ne font plus l’amour et il croule sous les dettes. Patrick masque son mal de vivre en surconsommant, pour meubler une maison que le bonheur a quittée il y a longtemps. D’autant que l’herbe a l’air plus verte chez leurs meilleurs amis (Christine Beaulieu et Patrice Robitaille).

Le mirage fait le pari que le spectateur va se reconnaître. En tout ou en partie. Si ce n’est pas lui, ce sera dans son entourage. Ce couple qui reste ensemble pour les enfants. Cette amie malheureuse dans son travail, mais qui continue parce que c’est payant. Ce collègue qui cherche un exutoire dans la bouteille… Dans Le mirage, Patrick se console avec la porno, mais c’est quand il va essayer de transposer ses fantasmes dans la réalité qu’il va tout gâcher.

Pour des raisons scénaristiques évidentes, Morissette a poussé la détresse de Patrick à l’extrême. Sauf qu’il a réussi à éviter le piège de la caricature. Il réussit également, de façon très habile, à amener le spectateur à un endroit où il ne veut pas nécessairement aller. Le mirage commence comme une franche comédie (un peu vulgaire, d’ailleurs), mais le long métrage glisse peu à peu dans le drame.

Ce qui fait toute sa force. Avec l’inévitable question en corolaire : pourquoi on fait tout ça? Pourquoi chercher le bonheur dans l’avoir plutôt que dans l’être? Morissette n’est pas Bergman ou Woody Allen quand il réfléchit sur le sens de la vie, mais il pose les bonnes questions, tout en évitant le ton moralisateur.

Plusieurs jours après la projection, le film m’habite encore. Je soupçonne que mes collègues, ma blonde et ma famille ont hâte que j’arrête d’en parler. Mais tous ont maintenant hâte d’aller le voir.

Car la force du scénario décapant de Morissette repose sur son ultra-réalisme et le sentiment d’identification (sans que ce soit trop forcé). Mais la réalisation de Trogi nous offre quelques moments d’onirisme — la séquence «tournante» sur Fake Plastic Trees de Radiohead qui fait basculer le film dans le drame — qui font entrer l’œuvre dans un réel univers cinématographique.

Le cinéaste originaire de Québec n’a pas l’originalité d’un Dolan ou d’un Vallée. Sauf qu’il compte sur une redoutable maîtrise technique de son médium. Quelques plans-séquences particulièrement réussis sont là pour le prouver, de même que l’utilisation du ralenti avec la musique, un élément-clé de sa signature, qu’il a réussi imprimer sur le canevas proposé par Morissette. Ce dernier n’a pas manqué son coup avec ce premier essai, qui m’a agréablement surpris par sa description parfois féroce de l’idéal petit-bourgeois.

Le cinéma québécois peine la plupart du temps à offrir une finale satisfaisante. Pas Le mirage, qui nous offre une fin conséquente et suffisamment allusive pour que le spectateur puisse s’interroger et tirer ses conclusions.

Une belle réussite.

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Lundi 3 août 2015 | Mise en ligne à 14h56 | Commenter Commentaires (18)

Tom Cruise, la dernière des stars?

En trois jours, Mission: Impossible — La nation rogue a accumulé presque 1 M$ de recettes au Québec (121 M$ dans le monde). Bien sûr, il s’agit d’une franchise. Mais ce résultat phénoménal, dans les circonstances, montre aussi que Tom Cruise est une des dernières vedettes capables de drainer des gens en salle sur la base de sa seule réputation. Peut-être même le dernier…

L’acteur a connu bien des déconvenues ces dernières années en se cantonnant presque exclusivement dans les films d’action — il a perdu beaucoup de son pouvoir d’attrait chez les femmes depuis son fameux numéro du saut sur le divan chez Oprah, son prosélytisme avec sa religion et son divorce avec Katie Holmes. Ce qui explique les choix de films qui s’adressent d’abord et avant tout à une clientèle masculine.

On en vient finalement presque à oublier qu’il a déjà collaboré avec les plus grands réalisateurs: Stanley Kubrick, Martin Scorsese, Oliver Stone, Michael Mann et Paul Thomas Anderson. Dans ce dernier cas, Magnolia, son personnage est pratiquement autoparodique.

Bilge Ebiri en fait d’ailleurs une longue analyse dans un très bon papier sur le site de Vulture. En gros, on peut se demander si Tom Cruise n’est pas un reliquat d’une autre époque, celle où les gens allaient voir des films simplement pour voir des vedettes. Le phénomène n’existe plus vraiment, mais Cruise a conservé son pouvoir d’attraction.

On le retrouve en terrain connu avec ce cinquième volet de Mission: Impossible (de Christopher McQuarrie). Perso, j’ai jamais trouvé que son registre était très étendu. Tom Cruise est capable d’être bon — quand il est bien dirigé —, mais il joue son propre rôle, la plupart du temps. Or, il semble bien qu’il y a encore un public pour ça.

Vrai que le long métrage a obtenu son lot de bonnes critiques (moi compris), mais ça ne veut plus dire grand-chose dans le choix des gens d’aller voir un film ou pas. Bref, Cruise pogne encore. Et mis à part Brad Pitt et Leonardo DiCaprio, qui ne sont plus dans leur prime jeunesse, on ne voit pas trop qui peut prétendre à exercer ce genre de fascination: Bradley Cooper? Channing Tatum?

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