Éric Moreault

Archive de la catégorie ‘CD’

Lundi 7 avril 2014 | Mise en ligne à 20h41 | Commenter Un commentaire

Chef: du porno culinaire

Ce n’était qu’une question de temps avant que la passion nord-américaine pour la cuisine et les chefs se manifeste au cinéma. Curieusement, c’est Jon Favreau, le réalisateur des deux premiers Iron Man, qui a écrit et réalisé Chef. Mais si on se fie à la bande-annonce, les foodies n’ont qu’à bien se tenir. Après tout, Favreau a commencé sa carrière dans le cinéma indépendant avant d’accroitre sa notoriété à Hollywood.
Le réalisateur s’est aussi réservé le premier rôle, celui Carl Jasper. Confronté par son exigeant patron (Dustin Hoffman), le chef refusera de compromettre sa créativité culinaire et devra démissionner de son restaurant à Los Angeles. Déménagé à Miami, il décide de faire équipe avec son ex-femme (Sofia Vergara), son ami (John Leguizamo) et son fils dans un camion de cuisine de rue. La distribution comprend aussi Robert Downey Jr. et Scarlett Johansson.
On nous promet une débauche de petits plats tous aussi savoureux les uns que les autres, Ce ne sera sûrement pas un film quatre étoiles, mais peut-être bien une petite comédie sympathique, bien tournée. Je suis bien prêt à m’y attabler pour le déguster. Et vous?
Sortie prévue: 9 mai

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Mercredi 26 février 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (3)

Oscars: la consécration attend Jared Leto

Dallas Buyers Club ne repartira pas les mains vides de la 86e soirée des Oscars. Parce que Jared Leto, entre autres, va obtenir la statuette dorée du Meilleur acteur de soutien pour sa troublante composition de Rayon dans le film du Québécois Jean-Marc Vallée. C’est bien dommage pour les autres, en particulier Barkhad Abdi, qui devront se contenter de faire de la figuration. Qu’en pensez-vous?
Jared Leto a tout raflé depuis le début de la saison des prix, sauf le BAFTA parce que Dallas Buyers Club… n’était pas éligible! Ce n’est pas la seule raison qui en fait le candidat logique. Les votants récompensent volontiers les transformations extrêmes et les rôles à caractère social. L’acteur de 42 ans cumule les deux : il a perdu 13 kilos pour se fondre dans la peau d’un transgenre sidatique sans complexe qui se bat pour obtenir les médicaments qui vont, pour d’autres et lui, les maintenir en vie.
Il serait réducteur de faire l’impasse sur la vraie raison pour laquelle il gagnera : son jeu. Il aurait été facile de tomber dans la caricature, Leto livre au contraire un Rayon profondément touchant, aux antipodes de son image de chanteur alternatif dans son groupe 30 Seconds to Mars. Il a d’ailleurs sensiblement délaissé sa carrière d’acteur, très prolifique et remarquée, au profit de celle de chanteur depuis une dizaine d’années. Il semble bien, quand on consulte sa filmographie, que Jared Leto choisit depuis des rôles exigeants sur le plan de la composition : il a été choyé avec ce puissant drame biographique.
Sa victoire empêchera malheureusement une belle histoire, celle de Barkhad Abdi, qui incarne Muse, le chef d’une bande de pirates somaliens qui attaquent un énorme porte-conteneurs dans Capitaine Phillips. Abdi est justement né en Somalie, mais il fut élevé au Yémen avant d’immigrer aux États-Unis, à 14 ans.
L’homme de 28 ans était chauffeur de limousine lorsqu’il fut choisi pour son premier rôle au cinéma, qu’il incarne avec un naturel déconcertant — son interprétation s’avère essentielle pour conduire le film de Paul Greengrass (United vol 93) à bon port. Barkhad Abdi pourra toujours se consoler en se disant qu’il a coiffé Michael Fassbender aux BAFTA.
Dommage aussi, dans une moindre mesure, pour l’Allemand dont la prolifique collaboration avec Steve McQueen en a fait l’un des acteurs les plus convoités de la planète. Fassbender a obtenu son lot de récompenses pour ses prestations dans Hunger (2008) et Shame (2011), mais il s’agit de sa première nomination aux Oscars L’acteur de 36 ans joue un rôle plus effacé dans Esclave pendant 12 ans, mais ô combien marquant, celui d’Edward Epps, un cruel propriétaire de plantation louisianais qui malmène ses esclaves.
Curieux paradoxe s’il en est un, Fassbender réussit à nous fasciner même s’il incarne une ordure de la pire espèce, nous entraînant dans les noirceurs barbares de l’âme humaine. Avec tout son talent, ce n’est que partie remise.
Pour Bradley Cooper, l’histoire se répète. Il ne pouvait décemment pas s’imposer, l’an passé, devant Daniel Day-Lewis, même s’il était très bon dans Le bon côté des choses. Cette fois encore, c’est David O. Russel qui lui permet d’être remarqué par l’Académie, dans Arnaque américaine. Dans la peau de Richie DiMaso, l’agent du FBI manipulateur, l’acteur de 39 ans démontre qu’il n’a pas seulement une belle gueule — il a aussi de grandes aptitudes à un jeu naturel et convainquant.
Jonah Hill n’est tout simplement pas de taille. Sa nomination pour son rôle de faire-valoir à Leonardo DiCaprio dans Le loup de Wall Street, de Martin Scorsese, vient seulement confirmer qu’il a réussi à négocier le virage d’acteur comique à dramatique avec panache, un peu comme Bill Murray et Tom Hanks à leur époque.

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Vendredi 5 juillet 2013 | Mise en ligne à 7h00 | Commenter Aucun commentaire

Le film de la semaine: Détestable-moi 2

J’ai un faible pour les films d’animation. Pas seulement parce que j’ai trois enfants. Il y a une liberté de ton, de l’imagination scénaristique et des valeurs qui font trop souvent défaut aux films «sérieux». J’ai donc bien aimé Détestable-moi 2 (Despicable Me 2). J’aurai d’ailleurs l’occasion d’en débattre à l’émission Bouillant de culture, demain, vers 15 h, à la première chaîne de Radio-Canada, avec mes collègues Marc-André Lussier (La Presse) et Manon Dumais (Voir). On verra bien ce qu’ils en pensent. Vous aussi, ne vous gênez surtout pas pour me le faire savoir si vous l’avez vu.
Car Détestable-moi 2 a, malgré quelques défauts, un grand mérite. Les nouvelles aventures de Gru opèrent un changement de cap drastique avec la première mouture (2010). Le vilain suprême est maintenant père de trois jeunes filles et homme d’affaires respectable. Jusqu’à ce qu’il soit recruté par la Ligue anti-vilain comme agent secret pour sauver le monde d’un dangereux virus!
Pas évident de prendre ses distances avec les bases de ce qui a fait le succès de Gru et ses innombrables Minions (de tordants nabots jaunes qui ont leur propre dialecte et ne pensent qu’à s’amuser. Ils volent le spectacle plus souvent qu’autrement). Mais que fait-on après avoir volé la Lune? On change de carrière.
Mais Gru et le Dr Nefario s’ennuient ferme en banlieue dans leur fabrique de confiture. Jusqu’à l’arrivée de Lucy, une agente secrète candide mais efficace, qui veut recruter Gru dans ses efforts pour retrouver le méchant qui a subtilisé le virus. Dont la particularité est de transformer toute créature inoffensive en monstre! Le principal suspect : El Macho, un Mexicain au physique et au costume de lutteur de la WWF.
À partir de ce moment, le scénario de Ken Daurio et Cinco Paul s’amuse à multiplier les clins d’œil aux films d’espionnage, en particulier aux James Bond. Il faut voir l’ouverture où les réalisateurs Pierre Coffin et Chris Renaud s’amusent à transformer la voiture de Lucy en submersible, une magnifique séquence d’animation sous l’eau. Le duo ne fait pas que parodier les ralentis à la Matrix, les séquences à moto de Batman ou l’ascension de mur à la World War Z, ils jouent aussi avec les codes du film d’horreur pour mieux s’en moquer.
Ce qui importe vraiment, toutefois, c’est le plaisir qu’ils ont à imaginer un monde complètement délirant (un peu à la Tim Burton, sans le côté noir), mais avec un humour très visuel et parfois grinçant, tout en nous proposant un père monoparental particulier et fou d’amour pour ses trois adorables petites filles.
On s’entend, Détestable-moi 2 n’atteint pas les niveaux d’irrévérence de Fluide glacial ou même du défunt Croc (pour les plus jeunes, ce sont des magazines de BD). Ça demeure assez inoffensif. Mais il est rassurant qu’on offre aux jeunes un humour caustique qui se moque de leur environnement toc de banlieue et qui les entraîne dans un imaginaire débridé. Tout en évitant, la plupart du temps, le scatologique.
Ce plaisir, et les rires qu’il engendre, nous permet d’oublier que le suspense est artificiel, l’intrigue bien mince et que le film manque cruellement de rebondissements. Mais il a assez de tonus et d’imagination pour faire passer un bon moment à tout le monde.

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