Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Vendredi 27 décembre 2013 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (10)

    Les meilleurs films de 2013

    Bon, ça y est, je peux faire un bilan des dix meilleurs films de 2013. J’ai triché un peu avec des ex æquo en 10e position. Je n’ai pas vu Le loup de Wall Street (Scorsese) sorti avant-hier. Et il fallait absolument que le film ait été présenté sur un écran à Québec. Ce qui explique l’absence d’Être Llewyn Davis, des frères Coen, qui sort le 10 janvier dans la capitale. J’ai aussi un top 5 européen à la fin.
    Des oublis? Avez-vous fait votre propre liste? Ne vous gênez pas pour faire vos commentaires. Et bonne année cinéma 2014. Je vous reviens quelque part dans la deuxième semaine de janvier, mais je vais vous lire.

    10. Prisonniers (Prisoners)
    Denis Villeneuve — États-Unis
    La première incursion du réalisateur québécois à Hollywood est une véritable réussite. Son histoire d’enlèvement d’enfants s’avère un suspense prenant qui plonge le spectateur dans un univers noir où il le confronte à des enjeux moraux déchirants. Magnifiquement filmé par Roger Deakins, superbement interprété par Hugh Jackman et Jake Gyllenhall et bien réalisé par Villeneuve, Prisonners nous hante longtemps après que les lumières se soient rallumées.

    10. Mud : Sur les rives du Mississipi (Mud)
    Jeff Nichols — États-Unis
    Jeff Nichols possède une chose rare dans le cinéma américain : une signature. Dans ce long-métrage en forme de rite de passage pour deux adolescents qui vont découvrir de dures réalités sur le monde des adultes, il filme le Mississipi comme un personnage haut en couleurs. Original et dense, Mud prend aux tripes puis nous laisse sous le choc. Et les acteurs sont formidables, en particulier Matthew McConaughey (Dallas Buyers Club).

    9. Dans la maison
    François Ozon — France
    François Ozon n’est pas le réalisateur est capable du meilleur comme du pire, mais Dans la maison s’inscrit avec brio dans la première catégorie. Il livre son film le plus hitchcockien — mélange brillant de suspense et de comédie de mœurs sulfureuse. Le long-métrage s’attache au destin croisé d’un prof de littérature aigri et de son élève iconoclaste dans une fascinante descente aux enfers propulsée par un surprenant voyeurisme.

    8. Nebraska
    Alexander Payne — États-Unis
    Le réalisateur s’attarde à l’Amérique des illusions perdues, celle d’un vieil alcoolique qui croit, à tort, avoir gagner le gros lot d’une loterie au Nebraska. Son fils accepte de l’y conduire. Cette quête chimérique est un prétexte au road movie qui permet à Payne de poser un regard tendre et mélancolique sur cette Amérique qui s’étiole. Il a choisi le noir et blanc, ce qui magnifie les paysages désertiques et le délabrement des villages. Touchant.

    7. L’inconnu du lac
    Alain Guiraudie — France
    L’inconnu du lac est un film cru et intense, à la fois polar noir et conte pour adultes sur les dangers du désir, un huis clos à ciel ouvert dans lequel dansent Éros et Thanatos en une étreinte inquiétante. Alain Guiraudie propose une réalisation parfaitement maîtrisée, mais très naturelle de cet amour au parfum de soufre. Le réalisateur provoque et brasse la cage du spectateur. On s’y confronte à ses risques et périls.

    6. Gravité (Gravity)
    Alfonso Cuaron — États-Unis
    Gravité est peut-être l’incarnation de ce sera le cinéma dans le futur en raison de sa cinématographie à couper le souffle. Alfonso Cuarón a repoussé les frontières techniques et artistiques avec son film, tout en livrant un long métrage très évocateur sur l’instinct de survie et le triomphe de la volonté dans l’adversité. Sandra Bullock, en astronaute à la dérive, y joue le rôle de sa vie. Une incroyable expérience de cinéma!

    5. La chasse (Jagten)
    Thomas Vinterberg — Danemark
    L’homme est un loup pour l’homme — surtout s’il devient indésirable. Le drame psychologique de Vinterberg illustre une cruelle chasse aux sorcières qui s’amorce lorsqu’un homme est injustement soupçonné de pédophilie. Sa communauté va le traquer jusque dans ses derniers retranchements, ce que le grand réalisateur danois va filmer dans un crescendo implacable. On en sort tout secoué.

    4. Arnaque américaine (American Hustle)
    David O. Russel — États-Unis
    Arnaque américaine sera le prétendant le plus sérieux — avec Esclave pendant 12 ans — dans toutes les catégories aux prochaines Oscars. Parce qu’il est servi par une distribution exceptionnelle (Bale, Cooper, Adams, Lawrence) qui est dirigée avec brio par David O. Russel dont la réalisation évoque le meilleur de Scorsese. Drame et suspense sur fond d’histoire d’amour extravagante, ce film nous rive à nos sièges : du bonheur cinématographique, c’est ça.

    3. De rouille et d’os
    Jacques Audiard — France
    On l’oublie presque parce qu’il a pris l’affiche en janvier, mais le long-métrage de Jacques Audiard est magistral, bâti sur un scénario avec une véritable épaisseur dramatique et filmé avec brio. De rouille et d’os est un film de rédemption et de réhabilitation sur deux éclopés de la vie, magnifiquement interprétés par Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts. Un film lumineux, bouleversant, propulsé par l’humanité du scénario et qui ne laisse personne indifférent.

    2. Esclave pendant 12 ans (12 Years a Slave)
    Steve McQueen — États-Unis
    On voit rarement un film qui nous rive à notre siège en nous serrant le cœur jusqu’à ressentir une profonde douleur. De la honte et du dégoût aussi. Celui-ci est dur, mais nécessaire. Et même s’il se déroule il y a 150 ans, son exploration sans fard du racisme et de l’esclavage est toujours, encore plus, même, d’actualité. Il est l’incarnation même du cinéma intelligent, sensible, bien joué dont le récit est mené de main de maître. Chapeau.

    1. La vie d’Adèle
    Abdellatif Kechiche — France
    On a beaucoup parlé de la Palme d’or de Cannes pour les mauvaises raisons, en oubliant l’essentiel : il s’agit de l’un des plus beaux films d’amour depuis des années. Et Kechiche démontre encore une fois qu’il a une façon unique au monde de filmer simplement la vie et de diriger ses actrices. Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux y sont d’un naturel exceptionnel. Ce pur ravissement démontre le cinéma peut encore, parfois, être considéré comme le septième art.

    Mentions honorables : Alabama Monroe (The Broken Circle Breakdown) de Felix Van Groeningen; Au-delà des pins (The Place Beyond The Pines) de Derek Cianfrance; Avant minuit tout est possible (Before Midnight) de Richard Linklater; Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée; Stoker de Park Chan-wook; The Act of Killing de Joshua Oppenheimer et Tout est perdu (All Is Lost) de J.C. Chandor.

    Top 5 Européen
    5. Molière à bicyclette, Philippe Le Guay
    4. Cherchez Hortense, Pascal Bonitzer
    3. Grand central, Rebecca Zlotowski
    2. Philomena, Stephen Frears
    1. Amour, Michael Haneke

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    • Dure de savoir si votre top 10 est bon ou non, je n’ai vu que 4 films sur les 10. Par contre, j’aurais donné une mention honorable à Trance de Danny Boyle, Hunger Games: Catching Fire, Oblivion et Metallica : Through The Never. Bien qu’aucun n’ait été de véritable chef d’œuvre, tous ont marqué 2013 à leur façon.

      Sinon, ce qui est le fun d’ajouter, ce sont les flops. Des films qui promettaient beaucoup, mais qui n’ont pas livré.

      -Le dernier Die Hard – un de trop qui ternit un peu l’image de la série
      -Star Trek Into Darkness – une histoire moins bonne que dans le premier, personnages moins flamboyants, une conversion 3D pas très réussie. Point positif: l’utilisation du format IMAX, mais qui a été gâchée par la conversion en 3D.
      -Man of Steel – je n’ai jamais vu un film aussi bien partir pour finir aussi bas.
      -Elysium – le nouveau film du réalisateur de District 9 promettait beaucoup, mais il n’a pas livré.
      -Machete Kills – Robert Rodriguez n’a pu recréer la magie qui avait dans le premier, même avec une généreuse distribution.
      - Secret Life of Walter Mitty – la pub dit “le prochain Forrest Gump”, pas vraiment, bon film, mais qui se cherche beaucoup.

      NB: je n’ai pas mis Hangover 3 pour la simpe et bonne raison qu’il ne m’a pas déçu. J’ai plutôt apprécié le fait qu’on ne répète pas la formule des 2 premiers.

    • 12 Years a Slave est une œuvre horrible, à jeter aux poubelles. McQueen filme ses personnages exactement de la même façon que les blancs traitaient les noirs, en objets fonctionnels. Un peu plus de gras ici : http://ducinematographe.blogspot.ca/2013/11/12-years-slave-une-lecon-sur-le-regard.html

      De Rouille et d’Os est un film risible. À part des belles images pis des beaux rayons de soleil, c’est un film dont la mise en scène passe complètement à côté de son sujet (castration et résolution de l’Œdipe) et propose la fascination habituelle d’Audiard pour la virilité masculine et les gros muscles. Un film macho et parfaitement anachronique.

      Mon propre top 10 se trouve ici : http://patwhite.com/node/17029

      Écrit le gars qui met Spring Breakers comme film de l’année…
      ÉM

    • @ EM

      Pas ma faute si vous (et la presque totalité de la faune critique québécoise) êtes complètement passé à côté du Korine.

      On peut ne pas avoir aimé Spring Breakers, mais au moins son propos se traduit autant par le texte que par la mise en scène. Il n’y a pas une profonde rupture entre les mots et l’image comme chez McQueen ou Audiard. On parle de cinéma tout de même, pas de littérature.

    • Toujours surpris des éloges envers Sandra Bullock…
      Comédienne over-botoxé avec un talent assez limité!
      Si c’est le role de sa vie dans Gravity, se méritera-t-elle un second Oscar :-(

      Un deuxième Oscar comme meilleure actrice en 5 ans, je ne pensais pas que le cinéma était aussi mal en point que ça!

    • Dans le désordre :

      Blue Jasmine
      Alabama Monroe (The Broken Circle Breakdown)
      Mud
      12 Years a Slave
      Gravity
      Amour
      La Chasse
      De rouille et d’os
      Lincoln
      Zero Dark Thirty

      Pour les deux derniers, il me semble qu’ils ont pris l’affiche à Québec après le 1er janvier, je les compte donc.

      Je n’ai pas encore vu American Hustle, Nebraska et The Wolf of Wall Street, films que je compte aller voir bientôt.

    • @Pezz

      Dire que 12 Years est à jeter au poubelle demande une bonne dose d’arrogance. Dites plutôt que vous avez détesté, c’est plus honnêtes, et c’est d’ailleurs ce que fait Sylvain Lavallé que vous citez.

      Personnellement, j’ai adoré. Pour moi c’est avant tout une saga personnelle alors c’est normal que les autres personnages soit traité plus sommairement (comme ‘des objets’, pour vous citer), car on ne les voit que du point de vue de Solomon et celui-ci refuse obstinément de s’intégrer à eux parcequ’il a peur que si il le fait il sera alors pleinement un esclave (la scène de l’enterrement avec la chorale improvisé montre peut-être un début de changement à la toute fin).

      C’est pourquoi on apprend davantage a connaître les Maîtres que les autres esclaves car Solomon les connaît mieux. C’est d’ailleurs une question de Survie!)

      Solomon est un homme né libre qui fait preuve de force pour survivre, oui, mais qui démontre aussi de la faiblesse à plusieurs moments du récit. Il est centré sur lui même, sa réaction lorsque Patsey lui demande de l’aide pour se suicider est éloquente en ce sens. Son comportement n’est pas toujours exemplaire mais c’est pour ça qu’il pleure et demande pardon dans la scène finale. Il semble demander pardon à sa famille qui lui répond qu’il n’a rien à se faire pardonner. À eux, non, en effet, mais à Patsey…

      Alors qu’il est réduit en esclavage, il est égoïste au sens ou il se soucie avant tout de sa survie. Une fois libre il se consacrera à la lutte contre l’esclavagisme. La pyramide de Mazlow, en quelque sorte.

      Et accessoirement, ce film montre probablement le portrait le plus réaliste de l’esclavage dans le sud Antebellum au cinéma, ce qui n’est pas rien.

    • Et mon meilleur film d’animation : Ernest et Célestine.

      Bonne Année 2014 !

      Je suis tout à fait d’accord. Et je lui souhaite une nomination aux Oscars (au moins!).
      Bonne année 2014 à vous aussi!
      ÉM

    • AMOUR est un chef d’œuvre absolu, tout pays confondu.

      Chez les Américains, ça fait longtemps qu’ils nous ont donné quelque chose de renversant. PRISONNERS a de bonnes qualités, pas trop manichéen pour une fois, mais a une fin un peu foireuse. GRAVITY aurait fait un très bon court métrage désastro-techno-IMAX, mais le cabotinage de Cloony et l’insignifiance du personnage de Bullock crash défénitivement le film à la fin.

      Les autres, je les ai pas vu, trop occupé à me taper des séries autrement plus substantielles, genre BREAKING BAD ou HOUSE OF CARDS.

      Si vous cherchez des scénaristes, c’est de ce côté qu’il faut regarder; à Hollywood, ceux qui restent sont souls ou récidivent les mêmes insignifiances (Escape Plan), et les autres ont été remplacés par des clounnes 3D qui confondent une explosion CGI et scénario.

    • … et PAWN SHOP CHRONICLES, un petit bijou qui n’a pas trouvé nos salles de cinéma mais que n’aurait pas désavoué les frères Coen (O BROTHER, WHERE ART THOU?), et que doit envier secrètement Tarantino (surtout post PULP FICTION).

    • De rouillle et d’os, j’ai également trouvé que c’était particulièrement manqué et surtout très décevant.

      Des blogueurs comme Pezz et d’autres ont réussi à me convaincre que je devrais voir Spring breakers mais ce n’est pas encore fait.

      Quant à mon top 10, j’irais avec quelque chose comme ça (et oui, ma liste est très américaine): Je n’ai pas vû L’inconnu du lac et Nebraska de votre liste.
      10. The way way back
      9. 12 years a slave
      8. American Hustle
      7. Frances Ha
      6. Blue Jasmine
      5. Captain Phillips
      4. Before Midnight
      3. Gravity
      2. Mud
      1. Wolf of Wall Street

      Des mentions honorables à: La vie d’Adèle, A touch of sin, la Chasse et Prisoners (malgré la fin manquée).

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