Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Vendredi 20 septembre 2013 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (4)

    Le film de la semaine: Prisonniers

    OK, j’ai sauté une semaine en raison du TIFF, comme certains ont pu le constater vendredi dernier. Mais j’avais une bonne raison, je n’avais pas vu tous les films qui prenaient l’affiche et parmi ceux que j’avais vu, eh bien, il n’y avait rien pour écrire à sa mère. Ou sur ce blogue. Ce n’est pas le cas avec Prisonniers (Prisoners), le très attendu premier film américain de Denis Villeneuve. Une expérience très intense.
    Denis Villeuve aurait royalement pu se «casse la gueule», comme il le dit lui-même. Il aurait été facile de tomber dans la recette d’un suspense convenu, un film générique. Mais le réalisateur québécois a su imprimer sa vision. Résultat : un film prenant dont le scénario confronte le spectateur à des enjeux moraux déchirants dont le plus important n’est pas une mince affaire. Jusqu’où peut-on aller pour se faire justice?
    Keller Dover (Hugh Jackman) a tout du survivaliste, un brin fanatique. À première vue. Mais il incarne aussi l’Américain moyen qui vit dans une petite ville qui tombe en décrépitude et dont la confiance dans les institutions s’est sérieusement émoussée. Quand sa fille et celle de son voisin sont kidnappées, il va en faire une véritable obsession.
    À en perdre les pédales. Quand l’enquête de l’inspecteur Loki (Jake Gyllenhall) se met à piétiner, il n’hésitera pas à se faire justice. Dover est prisonnier d’un dédale mental où le désir de retrouver sa fille justifie toutes les actions. Même kidnapper un présumé suspect (Paul Dano) et le torturer. D’une façon insoutenable. L’inspecteur s’en doute et ne sait plus où donner de la tête.
    Les deux protagonistes sont enfermés dans un labyrinthe au centre duquel est caché la minotaure. Chacun cherche son chemin et se bute à des voies sans issue. Ils sont prisonniers de leur quête pour délivrer les jeunes filles prisonnières du monstre.
    Le scénario glauque et brillant d’Aaron Guzikowski (Contrebande) nous livre une Amérique en crise et des pistes de réflexions sur la religion, l’individualisme forcené, la filiation, la dépendance (Dover est ex-alcoolique).
    Denis Villeneuve a choisi des images sombres, mais magnifiques, qui traduisent à merveille le climat de claustrophobie du film, dans une ville où les maisons abandonnées ou déglinguées confèrent un air sinistre aux rues… Roger Deakins, le directeur photo des frères Coen, a su l’illustrer à merveille.
    On comprend que, dans cet environnement délétère et avec ses antécédents de consommation, Keller Dover s’enfonce. Et qu’il exerce une violence de plus en plus terrifiante. Villeneuve en montre peu, mais c’est parfois insoutenable.
    Il faut dire que Hugh Jackman donne une performance magistrale, d’une intensité à faire peur. Ce qui accentue évidemment l’impact sur le spectateur.
    Prisonniers est un suspense largement au-dessus de la moyenne. Si Denis Villeneuve n’imprime pas une signature forte et particulièrement distinctive à son film, sa réalisation maîtrisée en fait néanmoins un long métrage captivant et réussi. C’est beaucoup.

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    • Pourquoi le Time magazine dit que c’est un film médiocre???

      Aucune idée. Richard Corliss a le droit à son opinion, c’est ce qui fait la beauté de la crtitique. Sur une centaine de critiques publiées aux États-Unis, 80 sont positives (voir sur Rotten Tomatoes), dont celles de Pete Travers, du Rolling Stone (3,5 sur 4 étoiles), et d’A.O. Scott, du NY Times, (4 sur 5).
      ÉM

    • Très bon film pour l’avoir vu hier soir. C’est troublant, on a beaucoup de questions morales à la fin du film et il fait réfléchir à ce que nous ferions dans une telle situation. Ça ressemble, au niveau éthique, des réflexions, de la réalisation et du montage à 7 Jours du Talion de Podz. À conseiller.

      Un bon parallèle, avec Podz, en effet.
      ÉM

    • Film magnifique , parce -qu’on y croit, on y croit profondément et il laisse à réfléchir …Bravo Denis Villeneuve !

    • Bien hâte de voir ça. Autre film de la semaine pour ma part : Gabrielle.

      Malheureusement pas vu encore. Je vais y aller bientôt.
      ÉM

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