Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Vendredi 30 août 2013 | Mise en ligne à 7h00 | Commenter Un commentaire

    Le film de la semaine: Cherchez Hortense

    OK, finies les vacances, retour des bonnes habitudes: le film de la semaine. J’aurais bien aimé que ce soit Le grand maître de Wong Kar-Wai, mais c’est un chef-d’œuvre manqué. Remarquez, on n’y perd pas au change. Cherchez Hortense est probablement ce que le cinéma français avait de mieux à offrir en 2013 : un scénario humaniste, des dialogues d’une incroyable vivacité, un humour fin, des drames, petits et grands, qui trouvent leur résolution dans la nature humaine, avec ses bons comme ses mauvais côtés, servis par des acteurs d’une justesse renversante. À commencer par Jean-Pierre Bacri qui incarne avec une vivacité et une ferveur qu’on ne lui connaissait plus cet homme au bord de la crise de nerfs.
    Il faut dire que Damien (Bacri) n’en mène pas large : son père (Claude Rich) le dédaigne, sa femme (Kristin Scott Thomas) le quitte pour un jeune, ses amis s’en vont sans lui et son fils le boude… On serait désemparé à moins. En plus, il a promis à une amie de solliciter son père juge pour éviter la déportation d’une certaine Zorica, alors que celui-ci fait tout pour l’éviter. Pascal Bonitzer en profite pour traiter, sans pathos, du drame des sans-papier et de l’immigration, mais aussi de mondialisation.
    Cette mission hasardeuse plonge Damien dans une spirale qui va bouleverser sa vie… La dépression n’est pas loin, un thème abordé sans faux-fuyant. C’est alors qu’il fait une rencontre déterminante : Aurore (Isabelle Carré), une jeune femme qui travaille dans un café.
    Le film comporte une séquence d’anthologie entre Bacri et Rich, une confrontation père-fils où ce dernier révèle à son fils certaines de ses préférences sexuelles. À hurler de rire. Tout comme la sortie de lit qui s’ensuit. Si les deux acteurs, et les deux actrices principales, livrent des performances à fleur de peau et criantes de vérité, c’est qu’ils peuvent compter sur un scénario digne de mention de Bonitzer et d’Agnès de Sacy.
    Celui-ci n’est pas un grand réalisateur, même s’il s’en tire honnêtement avec une mise en scène fluide. Mais c’est un dialoguiste brillant, un observateur un brin caustique et amusé de nos travers, mais aussi de nos qualités. Il a surtout su maintenir un bel équilibre entre le dramatique et le comique. On rit beaucoup, mais parfois jaune…
    Le plus surprenant, c’est Pascal Bonitzer pose, l’air de rien, un regard tendre et moqueur, sans jugement et sans mièvrerie, sur les difficultés d’être père. Et d’être fils. Ce n’est pas rien. Chaudement recommandé.

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    • Pour ma part, ce sera le dernier Woddy Allen.

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