Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Vendredi 12 juillet 2013 | Mise en ligne à 7h00 | Commenter Commentaires (2)

    Le film de la semaine: Louis Cyr

    Louis Cyr est sans contredit le film québécois le plus attendu de l’été. Et le long métrage de Daniel Roby qui chante les exploits de cet homme fort devenu héros populaire devrait séduire ici et ailleurs. Parce qu’il allie la grandeur des exploits sportifs du héros plus grand que nature à l’intimité d’une formidable histoire d’amour, sans coup férir. Un bel exploit.
    Le sujet était casse-gueule. Bien que le souvenir de Louis Cyr commence à s’estomper, il reste pour plusieurs Québécois un personnage mythique et une immense source de fierté. En établissant plusieurs records, dont certains n’ont jamais été battus, l’homme fort a remonté le moral de la nation et fait voler l’image du sous-homme canadien-français en éclats, à la fin des années 1800. Le réalisateur (La peau blanche, Funkytown) et son équipe n’avaient pas le droit à l’échec.
    C’est une réussite. Louis Cyr : L’homme le plus fort du monde relate le parcours du jeune homme (Antoine Bertrand), alors ouvrier dans une usine de textiles à Lowell, Massachusetts, jusque sur les scènes les plus prestigieuses du monde. Sûr de lui, Cyr défie quiconque de l’affronter. Sa force herculéenne ne sera jamais battue.
    Louis Cyr est un drame biographique dans sa forme la plus classique, tant sur le plan visuel que narratif. Daniel Roby a évité l’esbroufe formelle pour se concentrer sur le récit, qui n’a pas besoin qu’on en rajoute une couche.
    L’histoire est narrée par Horace Barré (Guillaume Cyr), l’ami et homme de confiance. Le spectateur sait bien qu’il va enjoliver l’histoire (la fiction prend d’ailleurs des libertés avec la réalité pour dramatiser). Et que s’il joue au faire-valoir, avec tous ses défauts, c’est pour mieux placer Louis Cyr sur un piédestal.
    L’homme a tout de même un talon d’Achille qui le rend humain : son analphabétisme. Cette faiblesse permettra à sa femme Mélina Comtois Cyr (Rose-Maïté Erkoreka) de devenir son associée, et au réalisateur de greffer une histoire d’amour au récit.
    Cette complicité génère les scènes les plus touchantes du film, mais pêche aussi, parfois, par excès mélodramatique. L’admiration de sa femme est une des raisons qui permettaient à Cyr de se défoncer et de battre ses adversaires à plate couture. Rose-Maïté Erkoreka, véritable révélation du film, est lumineuse. Elle interprète avec un naturel fou cette femme moderne bien avant la lettre.
    Évidemment, le long métrage repose sur les épaules fortes d’Antoine Bertrand. L’acteur y livre une performance magistrale. Le feu dans les yeux, il incarne toute la force de caractère de Cyr qui lui confère son aura légendaire. Le moment d’après, c’est toute la tendresse qu’il éprouve pour ses proches et sa bonhomie que l’acteur incarne. On voit mal comment le Jutra de l’interprétation masculine pourrait lui échapper.
    Alors qu’il aurait été facile de tomber dans la caricature ou dans le panégyrique, Daniel Roby a su éviter les deux pièges. Il livre un Louis Cyr humain — vaniteux, ambitieux et orgueilleux — tout en montrant à quel point il a marqué l’imaginaire des Canadiens français et est devenu la source de fierté d’une nation fragile.
    Tous les éléments sont réunis pour que Louis Cyr remporte un immense succès populaire. Mérité.

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    • Depuis mon adolescence, qui remonte à plusieurs décennies, je me suis intéressé à Louis Cyr. Sa vie, voir sa légende, ne peuvent tenir dans un seul film. Mais un film peut quand même donner une idée de ce grand québécois. Je n’ai pas encore vu le film, mais j’ai très hâte. Il bénéficie d’un grand battage publicitaire, mais c’est parfaitement mérité.
      Louis Cyr fut une fièrté pour tout le peuple québécois, au même titre qu’un Maurice Richard. Il était temps qu’on livre un film sur lui. Je me suis souvent demandé pourquoi ça n’avait pas été fait. J’ai même pensé que des studios américains auraient pu utiliser son histoire pour livrer un film à la hauteur de l’homme (il fut aussi très connu aux États-Unis).
      Mais, heureusement, c’est un film québécois qui rendra enfin hommage à cet homme d’exception.
      J’ai lu des biographies sur Louis Cyr, certaines contenant probablement de grandes exagérations (il n’était pas rare qu’on finisse par attribuer tel exploie à un autre..). Parmi celles ci, et j’ignore si elle est ou non dans le film, il y a cette annecdote fantastique concernant son fameux “Back Lift”. L’histoire raconte qu’il était inégallé à cette épreuve de force. Comme il donnait régulièrement des spectacles de force, il devait se “reposer” ici est là. Ayant réussi un back lift de plus de 4,000 lbs, il pouvait facilement demander à une quinzaine de personne de monter sur une plateforme et savoir qu’il n’aurait pas à forcer beaucoup…
      Et bien, s’il faut en croire la légende (lu dans la biographie de Ben Weider.. très romancée je l’accorde..), une de ses représentation avait lieu dans une étable, ce qui n’était pas rare à l’époque vu que les villages où il se produisait n’avaient pas d’arènat. Et.. surprise, Louis n’arrive pas à soulever la plateforme supportant 12 ou 15 personnes. Il force encore et rien n’y fait, .. et la foule qui rit de bon coeur. Il donne alors tout ce qu’il a, et.., tout à coup, un grand crac!
      Surprise et stpéfaction : il vient de creuver le toit de la grange!!!
      Oui, les granges avaient alors un toit assez bas et, les gens sur l’estrade, pour lui jouer un tour, avaient tendu leurs bras au toit pour l’empêcher de lever la plateforme.
      Si cette annecdote ne sera jamais vérifiée, elle laisse quand même entendre que Louis Cyr aurait alors non seulement soulever la plateforme de quelques milliers de livre, mais le toit de la grange!
      Quand on dit inimaginable..
      Enfin, outre les explois sportifs, il y a assurément le volet humain qui, selon ce que je lis, devrait être bien présent, et éviter un film montrant une succession d’exploit.. Car sa vie fut assurément riche de bien des façon, même en drames.
      Enfin, merci à toute l’équipe de production d’avoir fait revivre, le temps d’un film, ce héro qui appartient depuis des lunes à notre patrimoine collectif, question qu’il ne tombe pas dans l’oublie.

    • Un seul “m” à “bonhomie”.

      Antidote, 99 $

      Merci!
      ÉM

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