Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Lundi 8 juillet 2013 | Mise en ligne à 11h34 | Commenter Commentaires (3)

    Symphonie de destruction

    Star Trek: Vers les ténèbres a recours à la destruction de San Francisco, sans réelle nécessité.

    Star Trek: Vers les ténèbres a recours à la destruction de San Francisco, sans réelle nécessité.

    Le sujet me taraudait depuis quelques jours. Mais la tragédie de Lac-Mégantic, et sa profonde résonance, a jeté un éclairage différent sur la problématique: est-ce que le fait de voir autant de destruction de villes à l’écran, de Londres à New York, anesthésie notre empathie et nous faire perdre le sens des proportions? Heureusement, non. Malheureusement, il aura fallu une catastrophe «inimaginable» pour le constater.

    Les explosions, et donc la destruction, ont toujours été une composante importante au cinéma. Visuellement, ça fait toujours un effet-bœuf sur le spectateur. Mais il y manifestement un abus, cet été. Et je ne suis pas le seul à le déplorer. Zack Stentz, qui a coscénarisé Thor et X-Men: Première classe, constate la même chose, dans un papier publié dans le Hollywood Reporter. Avec les capacités inimaginables qu’offrent les nouvelles techniques d’animation et les effets spéciaux assistés par ordinateur, comment se fait-il que les scénaristes, les réalisateurs et les animateurs passent leurs temps à détruire plutôt qu’à créer?

    Dans L’homme d’acier, Métropolis (New York) est détruite dans un calque du 11 septembre 2001, dans Star Trek, San Francisco est décimée alors que Londres est rayé de la carte dans G.I. Joe: Les représailles. Et Rives du Pacifique de Guillermo del Toro, à l’affiche vendredi, nous en promet autant (même si, au moins, la destruction de villes est inhérente au genre) Mais comme le souligne le scénariste Stenz, plus on en voit, moins ça a de l’air vrai. Et moins ça a un impact, j’ajouterais. Or, paradoxalement, on utilise souvent la destruction pour augmenter la tension. Je pense que ça traduit surtout un manque d’imagination et de sensibilité.

    Mais peut-être que je n’aime pas le même cinéma que la moyenne des ours. Tout ça devient horriblement répétitif. Sauf que les gens qui vont en salle ne semblent pas s’en lasser. Les résultats au box-office sont là pour le prouver. N’est-il pas possible de créer stupéfaction et admiration dans des superproductions autrement qu’en pratiquant la politique de la terre brûlée? Peut-on encore rêver?


    • J’avoue que la scène de la destruction de San Francisco dans Star Trek m’a causé un certain malaise. Un peu trop asceptisé à mon goût. Quand le vaisseau est sur le point de s’écraser on voit plein de monde regarder le ciel avec inquiétude, mais quand il démolit tous ces gratte-ciels on ne voit pas une seule figure humanoide se faire tuer, et quelques minutes après c’est comme s’il ne s’était rien passé et tout le monde continue comme si de rien était. Aucune allusion aux dizaines de milliers de personnes qui ont sans doute péri dans le désastre. Comme s’il n’y avait aucune conséquence sérieuse à un tel événement.

      C’est quelque chose qu’on voit très souvent aussi, quoique à plus petite échelle, dans les films d’actions où il y a des poursuites automobiles sur des autoroutes très achalandées. Des dizaines de voitures revolent un peu partout, tuant sans doutes les conducteurs et passagers de nombreuses autres voitures qui s’adonnent à être là, mais quand tout est fini on félicite les bons d’avoir attrappé les méchants, et on oublie le “collateral damage”.

      Très juste.
      ÉM

    • La destruction dans les films ne me dérange pas en tant que tel si cela cadre dans un scénario. Ce qui me dérange est son asceptisation. Les villes s’écroulent mais personne ne semble mourrir. Pourquoi? Afin de montrer les capacités du CGI sans perdre la cote PG ou PG-13. Est-ce que je me trompe ou bien la croissance de ces orgies de destruction asceptisées sont venu post 9/11? Y aurait-il un lien? Sinon, c’est peut-être tout simplement la faute à Michael Bay!

      Certains réalisateurs respectent tout de même la véritable ampleur des événements qui se produisent dans leurs films. Alex Proyas avait accordé l’importance nécessaire aux décès entourant ses désastres dans Knowing. Je pourrais en dire de même de Spielberg dans War of the Worlds. Il y en a sûrement d’autres….

      C’est assez juste de dire que le phénomène est amplifié depuis le 11 Septembre. Et, en effet, le plus dérangeant dans ces destructions, c’est qu’elles sont sans victime. Ça m’avait complètement fait décrocher dans L’homme d’acier (sans parler du fait que ça va à l’encontre du credo pacifiste de Superman). Comment pouvait-il y avoir autant de destruction sans blessé, sans mort. C’est une complète aseptisation.
      ÉM

    • Je dirais que le phénomène a pris de l’ampleur à cause des capacités techniques (CGI) et non à cause du 11 septembre. On n’a qu’à penser à Independance Day dans les années 90. il semble que les réalisateurs se donnent le défi de se surpasser en terme de destruction. Je croyais que The Avengers était au top, mais voilà que l’homme d’acier le surpasse de façon exponentielle. Ha oui, et ça n’apporte strictement rien à l’histoire, aucune valeur ajoutée.

      Yanick M

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