Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Vendredi 3 mai 2013 | Mise en ligne à 8h56 | Commenter Aucun commentaire

    Le film de la semaine: Iron Man 3

    Il est tristement ironique que le troisième volet de la série Iron Man prenne l’affiche si tôt après les attentats au marathon de Boston. Les nouvelles aventures de Tony Stark traitent de terrorisme intérieur et de manipulation de l’image. Au New York Times, la critique Manohla Dargis, qui n’a pas beaucoup aimé, estime qu’un tel film devrait confronter les problèmes plutôt que seulement les exploiter. C’est un point de vue qui se défend, et avec lequel je suis d’accord, mais je crois que Mme Dargis est de mauvaise foi dans le cas précis d’Iron Man 3.

    Bien sûr, on peut prendre la trilogie des Batman, de Christopher Nolan, comme point de référence où le réalisateur a réussi à concilier vision d’auteur dans le cadre d’un film de divertissement. Sans atteindre une telle maîtrise, Iron Man 3 fait aussi réfléchir sur les nouveaux périls du XXIe siècle (qui, somme toute, est beaucoup plus sécuritaire que les précédents).

    Doté d’un réel scénario, d’une intrigue sociopolitique pertinente à défaut d’être originale et d’effets visuels à couper le souffle, ce troisième volet vaut surtout pour ce qu’il démontre: on crée (souvent) les monstres qu’on doit ensuite combattre.

    Le thème de l’ennemi intérieur était déjà présent, mais cette fois, on a poussé la réflexion beaucoup plus loin. Tony Stark est l’artisan de son propre malheur en nourrissant le désir de vengeance d’Aldrich Killian, le vilain d’usage, qu’il a humilié jadis. Ce dernier se sert du terrorisme domestique pour annihiler son ennemi et contrôler la présidence américaine (ainsi que la population): manipulation de l’image, peur et attentats sont ses armes.

    Le scénario explore aussi les conséquences de la biotechnologie et de la manipulation génétique. Killian (fantastique Guy Pearce) a créé une race de mutants explosive! Des surhommes, en fait, mais complètement déshumanisés. Son personnage perd toutefois en crédibilité vers la fin.

    Alors que les deux premiers Iron Man en avaient beaucoup pour la machine, c’est l’homme qui est au cœur de ce troisième chapitre. On retrouve un Tony Stark traumatisé par les évènements survenus à New York dans le film Avengers. Il affronte ses propres démons: crises d’anxiété et insomnie, en plus de combattre sa dépendance à sa combinaison, qui le protège du monde extérieur. Sa personnalité humaine s’efface au profit de son double métallique, pour lequel il nourrit une véritable obsession.

    Iron Man 3 est un film qui traite aussi de désespoir, de solitude, d’amour et de devoirs: d’humanité. Il s’inscrit dans une longue lignée de films depuis Metropolis (Fritz Lang, 1927) qui traite des dangers de la machine et de la séparation des classes.

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