Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Vendredi 19 avril 2013 | Mise en ligne à 8h38 | Commenter Commentaires (2)

    Le film de la semaine: Dans la maison

    Il y a des réalisateurs dont on attend toujours le nouveau film impatience. Dans mon cas, François Ozon fait partie de la courte liste. Et la sortie de Dans la maison est d’autant plus réjouissante qu’il semble avoir retrouver la touche de ses meilleurs films. Son 13e long métrage mélange brillamment suspense et comédie sulfureuse, tout en disséquant les ressorts de la manipulation, de la création et du voyeurisme — son film le plus hitchcockien, comme il me le disait en entrevue. Et vous, Ozon, vous aimez ou pas?
    Dans la maison s’attache au destin croisé de Germain (Fabrice Luchini), un prof de littérature blasé et aigri, et de Claude (Ernst Umhauer), son élève iconoclaste doué pour l’écriture. L’adolescent s’immisce dans le domicile des Artole et en fait le récit dans ses compositions. Germain devient complètement accro et en fait même la lecture à sa femme (Kristin Scott Thomas). Cette passion voyeuriste va mettre en route un engrenage perfide.
    Dans cette relation trouble entre un mentor et son protégé, on ne sait plus trop qui manipule qui. Est-ce Germain qui pousse Claude à poursuivre plus loin son exercice de voyeurisme ou est-ce l’élève qui tire bénéfice de l’intérêt de son prof pour profiter de la situation? Ou les deux?
    En filigrane, le réalisateur s’amuse aussi à brouiller les pistes du récit, en multipliant les angles et les points de vue, et en faisant des des aller-retour entre la réalité et la fiction. Bien sûr, il utilise un truc qui commence à être usé à la corde : l’adresse au spectateur. Mais ce clin d’œil fonctionne toujours.
    Dans la maison est aussi une critique vitriolique de la banalité de la petite vie de banlieue. Le père est suffisant, la mère vaine et le fils anxieux. Comme dans Théorème (de Pasolini), l’irruption de Claude dans le domicile des Artole et ses tentatives de séduction vont changer la nature du trio.
    Ce long métrage peut parfois agacer par son aspect autoréférentiel, ses allusions à Woody Allen et l’insistance d’Ozon à signaler certaines de ses prouesses. On le sait qu’il est bon, pas besoin de le souligner à gros traits. Un supplément d’âme n’aurait pas fait de tort, mais le réalisateur français de 44 ans aime bien maintenir une certaine distance avec les personnages, même quand il tombe (un peu) dans le mélo.
    Reste que Dans la maison est un film brillant et fascinant, qui s’adresse à l’intelligence du spectateur. Les dialogues sont percutants, les situations excitantes et l’imagination de la réalisation est jouissive. Ozon fait d’abord et avant tout du cinéma. Et mieux que la grande majorité des réalisateurs actuels. C’est dire.
    Convaincus?

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    • Convaincu ! J’irai voir le film cette semaine. Ozon ne fait pourtant pas partie de ma courte liste, mais il est loin d’être sur la liste noire. Avec Luchini et Kristin Scott Thomas en plus, il n’y a pas a hésiter trop longtemps…

    • Ozon n’est pas mon préféré, mais j’irai voir pour Luchini, malgré ses maniérismes.,.

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