Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Vendredi 12 avril 2013 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (3)

    Le film de la semaine: Au-delà des pins

    Dur choix cette semaine entre deux films diamétralement opposés: Renoir et Au-delà des pins. Mais qui se rejoignent quand même sur le thème central, la relation père-fils. Renoir est un film superbe, mais le propos plus actuel du film de Derek Cianfrance, qui avait fait forte impression avec Blue Valentine, m’a plus rejoint. Un film étonnant par son ambition. Allez-vous aller le voir? Vous devriez. Même si vous n’aimez pas Ryan Gossling!
    Le deuxième film de Cianfrance est un triptyque épique qui, malgré ses imperfections, traite de thèmes sérieux (l’amour filial, l’identité, le destin, le pardon…) avec un bel aplomb cinématographique.
    Ça commence comme un film d’action, puis ça se poursuit comme un film noir puis ça se termine en drame social. Cianfrance débute son film avec un plan-séquence qui cadre Luke (Ryan Gossling) alors qu’il entre en scène pour son numéro de cascadeur à moto. Ce qui donne le ton sur les capacités du réalisateur, mais en dit beaucoup aussi sur ce bum tout en muscles et tatous. Dont la belle façade va s’effondrer quand il réalise qu’il a un garçon de quelques mois.
    Luke veut se reprendre en mains et subvenir aux besoins de son fils Jason et de son ex Romina (Eva Mendes). Mais il choisit la voie rapide des braquages de banque. Cette première partie prend fin lorsque la route de Luke croise celle d’Avery, un flic ambitieux (Bradley Cooper).
    Avery, tourmenté et rongé par le remords, patauge dans un petit poste de flics corrompus. Alors que son père juge le pousse à une carrière politique, Avery saisira une opportunité qui lui coûtera cher sur le plan personnel.
    Son passé viendra le hanter dans la troisième partie, qui se déroule 15 ans plus tard. Les destins de son fils pathétique et de celui de Luke vont se percuter en une collision cathartique.
    Derek Cianfrance ne manque pas d’ambition. Ni de doigté. Tout en jouant des codes de genres assez typés (film d’action, film policier, film noir), il aborde avec beaucoup de finesse la question des liens père-fils, en des points de vues différents dans chacune des trois parties. Il propose aussi une réflexion sur les sacrifices qu’implique l’ambition ainsi que ses dilemmes moraux.
    Le rythme du triptyque, qui souffre de longueurs, ne se déroule pas sans heurts bien que le réalisateur ait choisi la linéarité. Alors qu’il prend le temps de longuement établir le climat au premier acte, notamment pour étayer la relation complexe, et difficile, entre Luke et Romina, il accélère au deuxième et passe à la vitesse supérieure au troisième (moins intéressant et pertinent que les deux autres). Évidemment, le réalisateur tourne les coins ronds, ce qui mine la crédibilité du récit.
    Au-delà des pins ressemble à ses des principaux protagonistes : il pêche par ambition. Ce n’est pas moins un très bon film, qui fait confiance aux capacités d’attention et à l’intelligence du spectateur.

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    • Et à noter que la trame sonore est l’oeuvre de Mike Patton lui-même. Pour ceux qui connaissent,çela devrait ajouter un petit quelque chose au film.

      En effet, elle est assez hallucinante. Je l’avais noté dans ma critique parue dans le journal.
      ÉM

    • On dirait une reprise plus «grand public» du très bon film «Drive» de Nicholas Winding Refn, avec le même acteur dans le rôle d’un cascadeur à double vie. Mais sans aucune psychologie. Un des intérêts du film est que le personnage de Gosling est à la limite de l’autisme.

      Les «tourments psychologiques» sont parfois bons en littérature, rarement au cinéma, où un personnage existe bien davantage parce qu’il fait que parce qu’il pense ou ressent.

      Les «tourments» et autres soit-disant dilemmes des Bruce Wayne et Tony Stark m’ont toujours semblé risibles et collés pour donner une illusion de profondeur à des films qui sont essentiellement faits pour montrer le plus d’action et de destruction possible au spectateur, qui se considère comme un «payeur de taxes» et veut en avoir pour son argent dans le spectaculaire.

      C’est pourquoi les amateurs de Fast& Furious ont détesté Drive…

    • J’avais bien aimé Blue Valentine. Depuis, impossible de ne pas aimer Ryan Gosling avec ce film et Drive. Mais Au-delà des pins attendra peut-être la location.

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