Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Mardi 26 février 2013 | Mise en ligne à 9h59 | Commenter Commentaires (7)

    Oscars: le triomphe du superficiel

    Le contenu télé de la 85e cérémonie des Oscars s’est encore révélé d’une platitude sans nom. Interminable en plus. Le pire, c’est que les producteurs ont enterré une année exceptionnelle en films de qualité (Django déchaîné, Opération avant l’aube, L’histoire de Pi, Amour, etc.) sous une pléthore de numéraux musicaux et d’à côtés inutiles. Le grand gagnant de la soirée? Le superficiel.

    Mais le véritable problème de contenu, au fond, s’avère l’importance démesurée qu’on accorde à l’animateur de la soirée et le peu de cas qu’on fait, de plus en plus, du cinéma que la soirée est censée célébrer. On peut bien fustiger Seth MacFarlane pour ses propos homophobes, racistes et machistes, déplorer son numéro puéril sur les seins dénudés des actrices dans quelques films (numéro, en passant, qui en dit long sur le puritanisme américain et son malaise immature avec la nudité). Sans parler du temps accordé à ces niaiseries.

    On se moque de l’intelligence des spectateurs — souvent une victime consentante… Vous me direz que la moyenne des ours n’ont pas vu la grande majorité des films. Vrai. D’autant que les studios lancent tous maintenant leurs poulains «oscarisables» en décembre, ce qui crée un véritable embouteillage de films de qualité à une période de l’année où beaucoup d’entre nous ont d’autres choses à faire. Sauf que, cette année, six des neuf films en lice pour l’Oscar du meilleur film avaient réalisé des recettes de plus de 100 M$. Ça fait quand même beaucoup de gens qui les avaient vus.

    Reste qu’au lendemain de la cérémonie, on parlait souvent de tout sauf des films. Remarquez, discuter du visage figé dans un rictus horrible de Renée Zellweger est sûrement la meilleure façon de décourager à jamais toute femme sensée d’avoir recours à la chirurgie esthétique…

    En ce sens, la soirée demeure représentative des principales faiblesses du cinéma hollywoodien dans sa quête éperdue de revenus à laquelle on sacrifie le contenu. Ces films au scénarios convenus, déterminés par des groupes de discussions et des projections tests, misent sur la superficialité, l’image et les réflexes pavloviens de spectateurs conditionnés par des techniques cinématographiques éprouvées pour déclencher les réflexes émotifs. La victoire d’Argo, bien que destiné à un public plus «adulte», mais formaté sans aucune originalité, en est le parfait exemple.

    Bien sûr, les producteurs servent au client ce qu’il demande. Quand on diffuse 90 minutes de tapis rouge d’une soirée déjà interminable…

    Les cotes d’écoute ont été meilleures cette année, avec 40 millions de téléspectateurs (110 millions au Super Bowl, en moyenne, aux États-Unis). La soirée est quand même due pour une réforme qui mettra l’accent sur le cinéma. Quitte, malheureusement, à remettre quelques Oscars techniques hors d’ondes. Parce qu’à 3 h 35 de diffusion, on étire une sauce déjà fade. Heureusement qu’il y avait le discours d’acceptation de Daniel Day-Lewis…

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    • ..@ÉM: «..le triomphe du superficiel».

      Vous avez raison mais sur ce chapître, il n’y a pas que le cinéma et les Oscars. On retrouve le même phénomène dans la musique, si on peut encore appeler cela de la «musique». Que dire de ce que j’aime bien appeler la «Ladygagïsation» de la chanson qui se traduit par d’invraisemblables «shows de boucane» sur fonds de déguisements, de tatouages, de peinturlurage? Quelqu’un connaît-il les paroles des chansons qui figurent en haut du «hit parade»?

      Et en architecture résidentielle? Toutes ces grosses cabanes avec devantures en fausse pierre et les trois autres côtés en revêtement de plastique? Les toitures tarabiscotées avec fausses lucarnes, fausses corniches, faux clochetons, fausses tourelles pour ressembler à du colonial, du Tudor ou autre style dit «historique» alors que les intérieurs sont tous pareils? Comme les chambres d’hôtel de Las Vegas.

      Le mal de la superficialité est bien plus répandu qu’on voudrait bien le croire, vous ne trouvez-pas?

      JFC

    • Je n’ai pas regardé cette cérémonie, ce dont je veux parler c’est de Seth MacFarlane et je suis un grand fan d’American Dad et j’ai regardé à l’occasion les Griffin et il n’est absolument pas politically correct mais j’ai bien de la difficulté à le voir tenir des propos homophobes, racistes ou machistes… Il me semble plutôt que ce serait pour dénoncer cela.

      Mais avez-vous les liens pour voir ses numéros ? Et la personne peut être bonne pour créer des séries animées mais présenter les Oscars c’est autre chose. Était-il le meilleur choix ? Pas sûr.

      Dans ma tête, quand même ce type est super intelligent du moins ses dessins animés…

      Pour le lien, voici celui-ci: http://www.youtube.com/watch?v=OwDZFqW75_0
      ÉM

    • Internet Explorer a des problèmes dans mon cas, avec les scripts du vidéo plus haut.

      Essayez avec Firefox ou Google Chrome.
      ÉM

    • Effectivement Google Chrome, ne semble pas avoir de problème de scripts avec cette page de votre blogue.

      Pour ce qui est de l’humour, l’interprétation qu’on en fait peut venir changer et de beaucoup notre opinion. On peut lire, par exemple, sur la page Wikipédia en anglais que MacFarlane est en faveur de la cause gaie, par contre un épisode de la série Family Guy a choqué des gens pour une façon dont il faisait le portrait de transsexuels.

      Une blague peut donc être jugée homophobe mais je ne crois pas qu’elle l’est et des homosexuels la trouvent drôle, d’autres non. Et là où cela peut être délicat des homophobes peuvent rire eux aussi. C’est la raison pour laquelle tu ris qui peut venir changer les choses.

      Sur le numéro d’entrée ? Mais moi je trouve que cela dénonce le conservatisme et aborde cela de manière ludique. Montrer ses seins au cinéma, en 2013, c’est la normalité.

      Pour la célébration du superficiel ? Voilà une raison pour laquelle je regarde peu ou pas les galas, pour moi cela est forcément superficiel, tout comme Hollywood l’est devenue ou Disney. Mais MacFarlane ? Je pense plus qu’il a été subversif et sa présence sert à dénoncer en même temps cela cette superficialité et cette fausse beauté, les seins cela pourraient être des faux aussi.

      Pour moi c’est un esprit libre et qui accepte de rire de tout mais il va bien moins loin que les créateurs de South Park dans ses séries à lui, c’est même presque gentil.

      Oui, il me faudrait aussi voir le Gala au complet mais c’est trop superficiel. D’autres émissions doivent mieux aborder cela et même aussi les gagnants du Gala. Un Gala, c’est superficiel par définition, du moins dans ces cérémonies là et où on récompense des films qui ne sont pas toujours les meilleurs.

      Vous connaissez peut-être l’adage «On peut rire de tout, ça dépend avec qui.» Et de la manière aussi. Comme je l’ai écrit dans mon entrée de blogue, on accorde trop d’importance à l’animateur aux Oscars et pas assez à la façon de mettre le cinéma en évidence. Seth MacFarlane est subversif, c’est bien, mais plusieurs de ses gags étaient soient puérils, soient déplacés. Peu importe. Ce genre de soirée est trop souvent d’une superficialité navrante et cherche le plus petit dénominateur commun. Et c’est bien dommage.

    • Rebonjour Éric,

      Je n’ai toujours pas regarder au complet mais j’aime bien la critique de la journaliste du Devoir, elle ce qu’elle reproche à l’animateur c’est d’avoir été banal. Et là, pour être ou non d’accord, il me faudrait tout voir mais j’aime beaucoup cette manière de faire le reproche.

      Car sinon, moi être déplacé envers une industrie trop conformiste, je trouve plutôt qu’il y a matière à s’en réjouir. Mais je préfère pareil que cela se fasse dans un show parallèle plutôt qu’avec eux… Et moi, c’est celui alternatif que je regarderais… Sinon… Peut-être que votre subversion n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau.

      Et n’aura pas servi le cinéma, alors c’est la machine qui a gagné encore une fois ? Peut-être. Et la même chose, l’autre année avec M.I.A. au Superbowl, pour ne pas laisser le conformisme gagner, il aurait fallu que Madonna l’appuie mais c’était pas réellement prévu apparemment alors freak control comme elle est, elle n’a pas apprécié. C’était pas le temps ni le bon public ? Au contraire et il fallait faire bien pire et lutter contre ces gens qui censurent les artistes.

      L’article d’Odile Tremblay :

      http://www.ledevoir.com/culture/cinema/371800/argo-meilleur-film-mais-ang-lee-cree-la-surprise

      ”Il fut seulement assez banal”

      C’est aussi plus normal de se reconnaître plus dans les mots de certains journalistes et critiques que d’autres. Pour la superficialité, je suis bien d,accord avec vous mais dans ce temps là il faut aussi lancer certaines attaques à cette cérémonie et si cela fait mettre leurs défauts en avant, bien tant mieux.

      Un gala, c’est pratiquement toujours superficiel à moins d’être un participant dans la salle ou encore un petit oiseau qui se cache et va filmer autre chose que ce que l’on montre au grand public mainstream. Choquer ce public ? Il le faut et plus que jamais dans cette Amérique avec le retour des bigots.

    • J’ai regardé les Oscars et autres types de galas une fois chacun. Ensuite, plus jamais… superficiel, convenu et plate! Sauf la remise des 3 prix du FNC, laquelle se fait de manière beaucoup plus expéditive!

    • Mieux vaut regarder un film plutôt que la cérémonie.

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