Éric Moreault

Archive du 24 janvier 2013

Jeudi 24 janvier 2013 | Mise en ligne à 10h23 | Commenter Commentaires (7)

Quand on se compare… aux Français

Quelques populistes ont déploré récemment que les films québécois n’étaient pas assez accessibles et n’avaient rien pour plaire au grand public. Les résultats catastrophiques au box office en 2012, les pires depuis 2000 avec 4,8 % des parts de marché, semblent leur donner raison. Minute, ont répondu certains, en soulignant les succès internationaux de nos films dans les festivals et aux Oscars en apprenant le nomination de Rebelle, de Kim Nguyen. Les deux positions se défendent et sont irréconciliables, si vous voulez mon avis (même si vous ne le voulez pas, je vous le donne quand même. Ne dites pas merci, ça me fait plaisir).

La semaine dernière, les Français ont dévoilé leurs chiffres pour 2012 en se pétant les bretelles. Leurs films ont totalisé pas moins de 140 millions d’entrées à l’international, près du double du record précédent de 89 millions. Derrière ces chiffres ronflants, il y a une toute autre réalité: en France, les spectateurs ont boudé leur cinéma. Mais n’allons pas trop vite.

Si on se penche sur ces 140 millions, on se rend compte que Taken 2, tourné en anglais et produit par le très hollywoodien Luc Besson, compte pour 46 millions d’entrées. On retrouve ensuite le surprenant Intouchables, énorme succès de foule avec 30 millions d’entrées. Et The Artist qui, malgré son record de prix et statuettes qui lui a valu une entrée dans le Guiness, a arrêté le compteur à 12 millions. Bref, ces trois films totalisent 88 millions de spectateurs! Après, ça chute dramatiquement. Astérix et Obélix au service de sa Majesté obtient 3 millions d’entrées avec une distribution dans 27 pays (le quatrième volet des aventures des Gaulois sort au Québec le 15 février). Pas exactement le pactole.

D’ailleurs, ce nouveau Astérix est celui qui a obtenu le moins d’entrées en France (pour plusieurs raisons que je vous expliquerai bientôt dans une entrevue avec le réalisateur Laurent Tirard). C’est à l’image du reste. Le producteur Vincent Maraval a d’ailleurs déclenché une polémique en dénonçant le système de financement et le salaire indécent des certains acteurs — sans rien dire sur ceux des producteurs, évidemment.

Ce qui a donné la bonne idée à BFM, une radio privée, d’évaluer la rentabilité des films en fonction du nombre d’entrées. C’est une logique économique qui évacue les notions artistiques, je sais. Mais, bon, l’exercice est quand même intéressant. Sur plus d’une centaine de films sortis dans l’année, moins de 10 % ont été rentables. Pas les chars, comme on dit. Certains flops sont catastrophiques. Do Not Disturb, d’Yvan Attal, n’a attiré que 105 000 personnes malgré la présence d’Attal, de François Cluzet (Intouchables) et de Charlotte Gainsbourg à l’écran. Remarquez, après avoir vu le film, on comprend.

Bon, qu’est-ce à dire? Que le cinéma hollywoodien poursuit son hégémonie. Quand l’argent se fait plus rare, les gens se rabattent sur les grosses productions. Mais il y a aussi un public pour du vrai cinéma d’auteur comme l’on prouvé les succès aux guichets de De rouille et d’os, d’Amour et de Cherchez Hortense (encore inédit au Québec). Mais la logique économique rend ces derniers difficiles à produire. D’où la nécessité des subventions. Ici comme là bas.

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