Éric Moreault

Archive du 26 novembre 2012

Lundi 26 novembre 2012 | Mise en ligne à 11h19 | Commenter Commentaires (4)

Rire de Jésus

RIck Miller propose une réflexion sur la foi dans sa pièce Bigger Than Jesus.  PHOTO Le Soleil Yan Doublet

RIck Miller propose une réflexion sur la foi dans sa pièce Bigger Than Jesus. PHOTO Le Soleil Yan Doublet

Peut-on rire de Jésus? Si on s’appelle Rick Miller, oui. L’homme de théâtre le fait ouvertement dans Bigger Than Jesus. Mais il utilise le rire pour faire réfléchir, notamment sur la place du catholicisme dans la société occidentale, en général, et dans la société québécoise, en particulier. Est-ce que ça vous choque? Est-ce pertinent?

Miller est un créateur doué, qui n’a pas peur d’aborder des sujets complexes qui l’interpellent dans ses pièces multimédias. Le natif de Montréal est athée, mais il a été élevé dans la foi catholique par une mère très pratiquante. «La religion a encore son importance et fait partie de notre vie. Ça touche à quelque chose qui est plus large que nous et on se pose encore les mêmes questions : Qui sommes-nous? D’où venons-nous? Où allons-nous? Moi, je ne m’intéresse pas aux réponses, mais aux questions. C’est une pièce intéressante, même si on ne croit pas en Jésus», m’a expliqué Rick Miller en entrevue.

Si Rick Miller aborde de grandes questions existentielles, il n’a pas peur non plus d’énoncer certaines vérités sur les pratiques religieuses — notamment que la messe est ennuyante. Ce qui pourrait expliquer, en partie, la désaffection des fidèles. On pourrait aussi s’interroger sur le fait que le discours du clergé semble figé dans une autre époque et que l’opulence du Vatican est une insulte au vœu de pauvreté.

Quoiqu’il en soit, la présentation de Bigger Than Jesus en dit beaucoup, aussi, sur notre degré de tolérance sociale et religieuse. Son titre fait référence à une déclaration de John Lennon qui avait fait scandale à l’époque. Ce ne serait plus le cas de nos jours. Mais comme le souligne l’animateur Alain Crevier sur son blogue, je ne crois pas que Rick Miller aurait pu se permettre une telle pièce sur l’Islam sans déclencher la fureur des intégristes. L’histoire récente, de Salman Rushdie au film islamophobe L’innocence des Musulmans, en est la preuve.

Bref, j’y suis allé et j’ai bien aimé. Irez-vous faire un tour au Périscope?

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