Éric Moreault

Archive du 23 novembre 2012

Vendredi 23 novembre 2012 | Mise en ligne à 9h51 | Commenter Aucun commentaire

Coït interrompu

L'actrice et dramaturge Anne-Marie Olivier est codirectrice artistique du festival du Jamais lu à Québec avec Marcelle Dubois, qui s'occupe aussi du volet montréalais, présenté depuis 12 ans. Photo Le Soleil, Yan Doublet

L'actrice et dramaturge Anne-Marie Olivier est codirectrice artistique du festival du Jamais lu à Québec avec Marcelle Dubois, qui s'occupe aussi du volet montréalais, présenté depuis 12 ans. Photo Le Soleil, Yan Doublet

Avez-vous déjà eu la chance de prendre un verre avec Anne-Marie Olivier, Jack Robitaille, Michel Nadeau ou Marie Gignac? Vous auriez pu jeudi soir, ils étaient tous à L’AgitéE pour la première soirée du festival du Jamais Lu. Sympathique comme soirée. Pour le prix de deux bières, avec le pourboire, on vous servait quatre extraits de textes, d’une vingtaine de minutes, de pièces en devenir, dans une ambiance décontractée.

Bon, c’est vrai que c’est un peu comme un coït interrompu. Une fois que ça commence à devenir séduisant et que vous être vraiment dedans, les acteurs se retirent. Mais pour ce prix-là, faut pas trop en demander. Sérieux, dans la salle pleine et surchauffée du bar, le tintement des verres et le tumulte des conversations se sont complètement éteints dès le premier récit, celui d’Hélène Robitaille, Chaplin et moi qu’on oublie.

Ça partait bien. Le récit tourne autour de Pascal (Hughes Frenette), un prêtre de campagne cynique dont la foi vacille : «Ma compassion me quitte», comme il dit. Disons qu’il s’interroge sur son utilité, ou son utilité, dans un monde où la population déserte les églises. Alors, il regarde des films de Chaplin dans son presbytère (je ferais pareil). Charlot sort parfois de l’écran pour lui rendre visite. L’idée n’est pas neuve, mais ça semblait prometteur.

J’ai encore plus aimé le petit bout de Jusqu’à Troie, de Maxime Robin. Dans cette ébauche d’autofiction, Noémie (pétillante Noémie O’Farrell) se souvient de son premier contact avec le théâtre, au Collège de Lévis. Se télescopent le 11 Septembre, une prof d’histoire au bord de la crise de nerfs, l’angoisse de mourir et American Pie de Don McLean — qu’elle a interprétée avec Matthieu Campagna à la guitare. Cool, man.

AMOUR, le récit incantatoire et échevelé de Thomas Gionet, m’a laissé perplexe. «J’ai aucune espèce d’idée où je m’en vas», a-t-il lancé en commençant. Si ça peut te rassurer Thomas, moi non plus.

Le temps de le dire, et c’était déjà au tour de Hors champ, d’Amélie Bergeron. L’extrait était en parfaite adéquation avec le lieu. Un trio de jeunes dans la vingtaine, en formation pour la fin de semaine, vont s’éclater dans un bar. Moqueries, machisme, séduction, désir, bêtises, stupidité, on voit la bête humaine dans toute sa splendeur… À souligner : la langue vivante des dialogues, d’un hyper-réalisme juste, à grands coups de fuck et de sacres. On voulait pas que ça s’arrête.

Bien sûr, la fête avait parfois l’allure d’événement pour la petite communauté théâtrale de Québec. Justement : soyez pas timides, allez faire un tour. Je vous l’ai dit plus haut : c’est une occasion unique de rencontrer des artistes pas intimidants pour deux sous.

Le festival du Jamais Lu se poursuit ce soir (23 novembre) avec la mise en lecture intégrale de Scalpés d’Anne-Marie Olivier, qui sera présentée à la Bordée au printemps, et de L’Gros Show de Lucien Ratio, à L’AgitéE. Le Jamais Lu se termine samedi soir, au Périscope, avec un cabaret autour de la question «C’est quoi notre problème?» avec, entre autres, Fabien Cloutier, Véronique Côté, Catherine Dorion et Patric’ Saucier.

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