Éric Moreault

Archive du 21 novembre 2012

Mercredi 21 novembre 2012 | Mise en ligne à 12h47 | Commenter Aucun commentaire

Paroles d’auteurs

Vous savez, ils n’ont pas toujours des mauvaises idées, à Montréal. Il y a une dizaine d’années, deux jeunes artistes (Marcelle Dubois et Julie Gagné) et David Lavoie ont eu le goût d’entendre les textes de dramaturges de la relève qui traînaient dans les tiroirs plutôt que d’être montés sur scène. Ils ont organisé le festival du Jamais lu. La première année, il y avait entre autres Évelyne de la Chenelière, Fanny Britt et Philippe Ducros — qui sont devenus, depuis, des auteurs établis. Depuis l’an passé, Québec a sa propre édition, dont la deuxième mouture commence demain et se déroulera jusqu’à samedi.

Bonne idée. Comme ça, on peut nous autres aussi entendre les textes de la relève qui peinent à se frayer un chemin jusqu’aux grandes scènes institutionnelles. Ceux qui, un jour, feront courir les foules sur leur simple réputation comme Robert Lepage et Wajdi Mouawad. Évidemment, ils ont la fougue et la flamme de la jeunesse, l’âge des certitudes et de l’indignation. Et c’est très bien ainsi. Ils osent prendre la parole sur des sujets que plusieurs préfèrent éviter pour cause de radioactivité. Comme les radios-poubelles, tiens, sujet qu’explore Lucien Ratio. Ou ce cabaret de clôture qui s’interroge sur «notre problème». Bien curieux d’entendre ce que Fabien Cloutier, Patric’ Saucier et Catherine Dorion ont à dire sur notre manque d’engagement. Les autres aussi, d’ailleurs.

Amélie Bergeron, qui participe à cette première sortie publique d'œuvres en évolution.  PHOTO Sophie Samson

Amélie Bergeron, qui participe à cette première sortie publique d'œuvres en évolution. PHOTO Sophie Samson

C’est pourquoi j’ai posé la question aux quatre auteurs qui viennent briser la glace du Jamais lu avec des extraits de pièces en gestation. Histoire de mettre la table et d’avoir un autre son de cloche que la bande des huit qui montera sur scène samedi soir au Périscope. Pour Amélie Bergeron, «notre problème» prend racine dans les contradictions qui nous habitent et dans le manque de réflexion qui caractérise notre prise de parole. Thomas Gionet-Lavigne devrait en prendre bonne notre, lui qui a répondu qu’on «n’a aucun problème et qui si on en a un, c’est qu’on en a pas»… Maxime Robin croit qu’on a de la difficulté à s’assumer. Hélène Robitaille dit un peu la même chose quand elle souligne que les Québécois ont de la difficulté à assumer l’histoire qui a forgé notre identité comme peuple. «Ce grand problème douloureux qui nous est proposé sans cesse par l’Histoire — la nôtre, fût-elle brève — est d’autant plus tragique que nous le vivons désormais à l’heure où beaucoup d’entre nous pensent qu’il est possible d’entrevoir un avenir “sans racines ni remords“.»

Et vous, vous pensez que c’est quoi, notre problème? Si on en a un, évidemment.

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