Éric Moreault

Archive du 19 novembre 2012

Lundi 19 novembre 2012 | Mise en ligne à 14h23 | Commenter Commentaires (3)

Bons baisers du ciné-parc…

Le promoteur Immostar a payé 4 millions $ pour acheter le terrain du ciné-parc Saint-Nicolas, sur lequel il construira 500 habitations abordables à compter de 2014.  PHOTOTHÈQUE Le Soleil Érick Labbé

Le promoteur Immostar a payé 4 millions $ pour acheter le terrain du ciné-parc Saint-Nicolas, sur lequel il construira 500 habitations abordables à compter de 2014. PHOTOTHÈQUE Le Soleil Érick Labbé

On ne se racontera pas d’histoire: quand on allait au ciné-parc, c’était rarement pour le film. Avec la fermeture du ciné-parc La Colline, après l’été prochain, c’est un long chapitre empli des souvenirs qui se termine, presque dans l’indifférence. Alors que le ciné-parc Beauport avait cédé la place à des commerces et, au moins, à un cinéma, celui de Saint-Nicolas, dernier en opération dans la région Québec, signe des temps, fera place à des condos et des maisons de ville, probablement tous équipés de cinéma-maison…

Les ciné-parcs sont justement victimes des changements technologiques. Le passage aux projecteurs numériques s’avère beaucoup trop coûteux pour des lieux qui portent souvent le poids des années. Ils sont probablement aussi victimes d’une image un peu ringarde, une certaine idée de l’Amérique liée à la culture de l’automobile qui n’a plus la même résonance chez les jeunes urbains branchés. Comme le dit l’anthropologue Serge Bouchard, «l’auto libérait les mœurs: on se promenait en auto, on séduisait dans l’auto, on embrassait sa blonde dans l’auto.» Maintenant, on s’échange des sextos. Autre temps, autres mœurs.

Quand j’ai eu mon permis de conduire, aller au ciné-parc avec une fille était le meilleur moment de l’été. Car si elle acceptait, il était implicite qu’on allait probablement s’embrasser, peut-être même échanger quelques caresses furtives pendant la projection du deuxième film… Doux souvenirs. Si on se ramassait juste entre gars, l’occasion était bonne d’écluser quelques bières et de fumer un pétard. Ça aussi, c’était libérateur. Il arrivait même parfois qu’on regarde la projection.

La multiplication des plates-formes de diffusion sont autant d’occasion de visionner un film. Mais l’expérience devient de plus en plus un plaisir solitaire… Dommage.

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