Éric Moreault

Archive du 13 novembre 2012

Mardi 13 novembre 2012 | Mise en ligne à 11h42 | Commenter Commentaires (5)

Soundgarden: le grunge est mort, et puis?

Soundgarden

Soundgarden: Kim Thayill, Matt Cameron, Chris Cornell et Ben Shepperd.

On croyait l’espèce éteinte, mais la bête a resurgi 16 ans après avoir été entendue pour la dernière fois. Une éternité dans le monde sans cesse changeant de la musique populaire. Le grunge étant un lointain souvenir brumeux, Soundgarden a refusé de se laisser domestiquer et affiche sa vraie nature avec King Animal : un groupe hard-rock qui s’écoute sur le party, de préférence. Je réécoutais de temps en temps Badmotorfinger (1991) et Superunknown (1994), deux albums qui m’ont toujours fait triper à mort. Pas vous?

Le titre du premier simple de leur sixième CD est explicite, d’ailleurs: Been Away Too Long. Le chanteur Chris Cornell semble heureux de retrouver son groupe, après des expériences malheureuses avec Audioslave, où il jouait avec les gars de Rage Against the Machine, et en solo, qui a culminé avec l’étrange électro-rock Scream produit par Timbaland.

Bref, le quatuor s’assume : les riffs affutés et imagés de Kim Thayil, la rythmique dynamique de Matt Cameron (batterie) et Ben Shepperd (basse) et, bien sûr, les hurlements animaux de Chris Cornell. Ce dernier a la voix étrangement intacte et parcours son registre vocal étendu sans coup férir. Même la réalisation d’Adam Kasper (Foo Fighters) est vintage : pas de son compressé, ni de bidules électroniques. L’oreille prend un certain temps à s’acclimater pour cette raison, pas parce qu’il y aurait des extravagances. À part quelques sonorités orientales (Thousand Days Before), le groupe reste dans sa zone de confort. Ce qui est peut-être sage après une signe longue absence, même si chacun a continuer à jouer pas mal (Cameron avec Pearl Jam, Shepperd avec Mark Lanegan, Thayil avec plein de monde). C’est la recette KISS (Keep it simple stupid), pour ne pas dérouter les amateurs.

Bien sûr, Soundgarden a un peu mis la pédale douce et traite de sujets plus matures, comme la paternité ou la lutte des classes. Il y a bien une couple de pièces plus faibles, pour ne pas dire plate à mort comme Eyelid’s Mouth. Mais il s’agit d’un retour réussi, même s’il fait partie d’un plan de marketing savamment orchestré, qui a commencé avec Live to Rise, pour la trame sonore des Avengers.

On est loin des premier albums, notamment Louder Than Love, où l’influence de Black Sabbath était évidente. Mais une fois que le quatuor de Seattle eut développé son identité musicale, alors que le grunge dominait les ondes, c’est Soundgarden qui est peu à peu devenu à son tour un groupe influent. Mais c’était du genre souvent copié, jamais égalé.

Alors pourquoi pas l’original? Bien sûr que les gars vont partir en tournée pour s’emplir les poches. Comme tout le monde. Au moins, ils ont un disque de nouvelles compositions. Soundgarden va pouvoir interpréter les pièces de King Animal avec ses classiques sans rougir. Je vous laisse juger.

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