Éric Moreault

Archive du 6 novembre 2012

Mardi 6 novembre 2012 | Mise en ligne à 10h33 | Commenter Aucun commentaire

Dans la peau de Robert Lepage

Robert Lepage devant le décor de La tempête qu'il a présenté, cet été, au Festival de l'opéra de Québec puis récemment au MET de New York.  PHOTO Le Soleil Pascal Ratthé.

Robert Lepage devant le décor de La tempête qu'il a présenté, cet été, au Festival de l'opéra de Québec puis récemment au MET de New York. PHOTO Le Soleil Pascal Ratthé.

Avez-vous écouté l’entrevue que Robert Lepage a accordée à René Richard Cyr à l’émission Créer? Fascinant. Le metteur en scène de Québec s’explique en long et en large sur son processus créatif. Et il y est d’une franchise désarmante, s’efforçant également de déboulonner son propre mythe: «Arrêtez de me gourourifier», dit-il.

Robert Lepage est victime, en quelque sorte, du mythe qui s’est créé autour de sa personnalité mystérieuse. «Personne ne sait qui je suis», avoue-t-il. Mais il en révèle beaucoup dans cette discussion. Notamment sur la grande solitude qu’il éprouve comme créateur, même entouré d’une impressionnante équipe, et l’impression qu’il a d’être une bibitte étrange. C’est drôle, on a parfois la même impression…

Il faut dire que sa façon de monter un spectacle est très déstabilisante pour ses collaborateurs. Bien qu’il se défende d’être un magicien, il ordonne le chaos à partir de ses intuitions et de sa sensibilité à capter les signaux que le commun des mortels ignore. «Notre travail, c’est aussi de ne pas savoir où on s’en va.» «C’est ça qui est excitant: le plaisir de la découverte», ajoute-t-il. Or, comme il dit, en citant Picasso, un artiste, ça trouve.

Sauf qu’une fois rendu à destination, Robert Lepage prend un malin plaisir à détricoter ce que tous avaient patiemment tissé au fil du temps avec son aide. J’avoue que ça doit être particulièrement déstabilisant.

Pour ceux qui se demandent comment il arrive à mener de front autant de projets, je retiens son incroyable capacité à compartimenter et sa personnalité. Quand il travaille sur un opéra à New York, par exemple, il oublie complètement la pièce de théâtre qu’il répète à Québec et son prochain projet de film. Robert Lepage est aussi un Joe Cool. «Je ne suis pas sans angoisse ni inquiétude, mais je suis détendu.» Il dit se foutre éperdument de ce que pensent les autres. «J’ai jamais été carriériste.» J’imagine. Sinon, le gars croulerait sous la pression.

N’empêche qu’il ressent parfois le besoin de remonter sur scène — «je suis aussi un acteur» — pour se retrouver. «T’es tout seul à te défendre. Ça permet de te réaffirmer comme individu.»

Robert Lepage ne donne pas souvent d’entrevues, mais celle-ci est aussi intéressante pour ses aveux. Des exemples: «Mes films n’étaient pas bons.» «Des fois, j’ai tué des shows avec la machine [scénique].» «Ce n’est pas mon premier talent, la direction d’acteurs.»

Vous m’en redonnerez des nouvelles. Je suis sûr que vous allez adorer.

Créer est rediffusé à ARTV le 6 novembre à 14 h 30 et à 23 h, le 7 novembre à 9 h et le 11 novembre à 13 h et est disponible sur Illico.

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