Éric Moreault

Archive du 25 septembre 2012

Mardi 25 septembre 2012 | Mise en ligne à 14h42 | Commenter Commentaires (7)

La ballade de Billie Joe

Pis, êtes-vous content que Green Day soit revenu? Billie Joe Armstrong n’a pas manqué sa rentrée: en sacrant, en brisant sa guitare et en lançant son micro. Très punk tout ça. Était-ce voulu? Ou bien c’est un dérapage majeur? Surtout que le nouveau CD (voir plus bas)  renoue avec l’esprit des débuts.

Billie Joe Armstrong a pété les plombs sur scène? Bon, il est le dernier d’une trèèèèèèès longue lignée de musiciens qui perdent momentanément la carte parce qu’ils ont abusé des bonnes choses ou ne supportent plus la pression de la machine. Ce qui est dommage, dans son cas, c’est que la chose arrive à un bien mauvais moment, celui de la sortie de ¡Uno!. Tellement, que si le chanteur de Green Day avait voulu se suicider professionnellement, il ne s’y serait pas pris autrement. Faut dire que le CD marque un retour au son punk des débuts. Au moins, le show de Québec n’est pas compromis, m’a dit le promoteur evenko.

Étrange tout ça. Bien sûr, il y a eu des signes avant-coureurs, comme cette hospitalisation au début du mois, à Rome. On ne saura probablement pas tout de suite ce qui se passe dans sa tête (ça prend parfois des années, mais ça finit toujours par sortir). Ou c’est tout simplement sa consommation qui est devenue hors de contrôle. Car la pression est énorme. Green Day est passé d’un trio d’écervelés, et fier de l’être, à un statut de méga-groupe qui plaît à tous. Ce qui leur a valu bien des critiques des purs et durs. Et qui peut expliquer le retour à un son plus crû.

Car que pouvait bien faire Green Day après les opéras punk-rock American Idiot (2004) et 21st Century Breakdown (2009) ? Revenir à la base et retrouver son punk intérieur. Ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne, parce que le trio tente de retrouver sa signature sonore power pop basée sur une rythmique béton et des riffs qui tuent. Mauvaise parce que ça ne marche pas toujours sur ¡Uno!. Qu’ils veulent faire plaisir à leurs fans de la première heure et faire taire les critiques sur leur virage grand public, fine. Sauf que les gars n’ont plus 22 ans comme à l’époque de Dookie (1994) et ça manque de conviction — et d’inspiration pour les paroles. La qualité sonore de la réalisation, hyper-léchée, enlève une couche de révolte. C’est bien beau le dégraissage jusqu’à l’os, il faut quand même un peu de viande. Il en reste, quand même. Les gars de Green Day ont conservé intacte leurs habiletés mélodiques et leurs capacités d’écrire des chansons qui bottent des culs.

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