Éric Moreault

Archive du 24 septembre 2012

Lundi 24 septembre 2012 | Mise en ligne à 16h22 | Commenter Aucun commentaire

Sortir le théâtre des théâtres

Sacrifice, de Fabien Cloutier, a été présentée dans un bar, dimanche dernier.  PHOTO Le Soleil, Pascal Ratthé.

Sacrifice, de Fabien Cloutier, a été présentée dans un bar, dimanche dernier. PHOTO Le Soleil, Pascal Ratthé.

En moins d’un mois, les gens de Québec ont été confrontés à deux expériences de théâtre hors salle. Avec des résultats très probants. Bash a été présentée dans divers lieux du quartier Saint-Roch (ma critique) alors que l’unique représentation de Sacrifice se déroulait dans un bar (ma critique). Dépouillée de son confort et de sa routine, l’expérience théâtrale prend une toute autre dimension, plus intime, et attire une clientèle plus jeune et enthousiaste. Bref, ça rentre au poste. Ne devrait-on pas sortir le théâtre des théâtres plus souvent?

On me dira que l’idée n’est pas neuve. Vie et mort du roi boiteux, la colossale pièce de Jean-Pierre Ronfard, était jouée dehors à sa création, en 1981. Et ces dernières années, le théâtre des fonds de tiroir de Frédéric Dubois a souvent présenté des pièces à l’extérieur. Vie et mort…, repris en 2004, mais aussi La cerisaie [Visite libre], en 2008, qui était jouée dans le parc Notre-Dame-de-Grâce, ou encore Fallait rester chez vous, têtes de nœud, présentée sur le parvis de la bibliothèque Gabrielle-Roy, l’an passé.

Sans parler du spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchand, présenté pendant le Carrefour international de théâtre de Québec. Le succès monstre de ce dernier démontre un appétit, chez les gens, de se confronter à des représentations hors-normes. Bien que son ampleur contribue aussi à son succès, j’en suis conscient. Et sa gratuité également…

On comprend tous qu’il y a des défis techniques et logistiques immenses à vouloir présenter une pièce ailleurs que dans un théâtre. Mais ces représentations sont entourées d’une aura magique. qui contribue à l’expérience. Je me souviendra probablement toute ma vie de la représentation de La nuit juste avant les forêts (en 2011) dans l’ancien garage Bérubé, sur le chemin Sainte-Foy. La proximité avec Sébastien Ricard, acculé dans un coin comme une bête, mais aussi l’adéquation du lieu avec le propos en avaient fait une incroyable expérience.

Évidemment, un bon texte sera toujours la fondation sur laquelle repose une bonne pièce de théâtre. Mais j’ai comme l’impression que des représentations sous un jour différent pourrait exercer un attrait plus grand chez une partie de la population qui sont des spectateurs de théâtre qui s’ignorent. Non?

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