Éric Moreault

Archive du 7 septembre 2012

Vendredi 7 septembre 2012 | Mise en ligne à 11h05 | Commenter Un commentaire

L’angoisse du metteur en scène au moment de la première

Robert Lepage et son équipe préparant le Ring, en 2009. L'équipe avait commencé l'année précédente à la Caserne, à Québec.  PHOTO Boris Firquet

Robert Lepage et son équipe préparant le Ring, en 2009. L'équipe avait commencé l'année précédente à la Caserne, à Québec. PHOTO Boris Firquet

Le plan dure à peine deux secondes, mais il s’agit d’un des plus puissants de Wagner’s Dream, fascinant documentaire sur la conception et la présentation du Ring au Metropolitan Opera de New York (MET). On voit dans le regard de Robert Lepage, son faciès et sa posture toute l’angoisse du metteur en scène au moment de la première (pour emprunter à Peter Handke). Je suis toujours fasciné de voir les artistes au moment où ils se lancent dans le vide sans parachute en espérant qu’ils vont voler. Pas vous?

Nul besoin d’aimer ou de détester l’opéra — ou Lepage — pour s’intéresser à ce film. Le documentaire plonge dans les coulisses de cette formidable aventure créatrice, un des plus grands défis artistiques qui soit. On a d’ailleurs demandé au metteur en scène quelle serait sa contribution à l’Histoire du Ring. Pression vous dites?

Robert Lepage et les artisans d’Ex Machina ont créé un dispositif scénique démesuré (40 tonnes). Le film nous montre cette quête démesurée qui consiste à dompter le monstre qu’ils ont créé et qui semble animé par sa propre vie  (on n’est pas loin du mythe de Frankenstein).

Comme je l’écris dans ma critique, le documentaire «s’évertue à témoigner de l’aspect humain, des efforts et du génie de tous les artistes et techniciens embarqués dans cette folle aventure, mais aussi du maelström d’émotions qui vient avec : angoisse, stress, anxiété, doutes, mais aussi fierté».

L’illusionniste de Québec se compare d’ailleurs à Christophe Colomb, qui doit convaincre son équipage qu’il y a bel et bien un continent au bout du voyage, qu’ils ne tomberont pas au bout du monde, mais qu’il n’a aucune idée de quoi a l’air le continent en question…

On peut reprocher bien des choses au Ring de Robert Lepage, mais certainement pas d’essayer de repousser les limites de la création, de tenter l’impossible. Parce que lui, il rêve, comme dirait Léolo. Et nous aussi, même si c’est par procuration. Ce qui fait un bien fou.

Si vous voulez constater par vous-mêmes, Wagner’s Dream sera à l’affiche du Cartier tout le mois. Vous m’en donnerez des nouvelles.

Un commentaire  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    septembre 2014
    D L Ma Me J V S
    « août   oct »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives

  • publicité