Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Mardi 28 août 2012 | Mise en ligne à 11h00 | Commenter Commentaires (3)

    Changement de garde théâtral

    Le départ de Gill Champagne laissera la chance à un autre directeur artistique de proposer sa vision.

    Le départ de Gill Champagne laissera la chance à un autre directeur artistique de proposer sa vision.

    Mes trois petites tornades ont pris le chemin de l’école, ce matin. Un signe indéniable que la douceur estivale va céder le pas à la frénésie automnale. Et que va s’amorcer la saison 2012-2013 de théâtre. À Québec, ce cycle perpétuel sera profondément bouleversé puisque la moitié des théâtres changent de directeur artistique: Frédéric Dubois commence, Gill Champagne finit. C’est pas rien. Et c’est pour le mieux. Qu’en pensez-vous?

    Qui dit qu’il ne se passe jamais rien l’été? Début août, Gill Champagne a remis sa démission après neuf ans comme directeur artistique au Trident. Un conflit de personnalité avec la direction, semble-t-il, est à l’origine du geste. C’est dommage que l’aventure se termine en queue de poisson pour lui, mais l’occasion est bonne pour procéder à un changement de la garde.

    Le Trident a frappé un grand coup en 1994 en embauchant Serge Denoncourt. Sa direction artistique fut flamboyante. Et n’a laissé personne indifférent. Il a secoué les murs du temple. L’occasion est belle pour l’institution d’engager quelqu’un qui saura proposer un théâtre plus audacieux et actuel que le conservatisme habituel du Trident — Gill Champagne s’y est quand même évertué durant son règne, dans les limites du possible, j’imagine.

    Plusieurs sont mûrs, à Québec même, pour prendre la relève avec brio. Martin Genest au premier chef, dont les mises en scène ont clos les deux dernières saisons du Trident et qui a mis en scène le spectacle du 40e anniversaire du Grand Théâtre de Québec. Mais je verrais très bien Marie-Josée Bastien, pour sa douce folie, ou Anne-Marie Olivier dans ce rôle, sans oublier Jean-Sébastien Ouellette et Philippe Soldevila. D’autres aussi qui pourraient arriver du champ gauche, comme Jean-Philippe Joubert, et de l’extérieur, bien sûr. À condition que ça les intéresse. En voyez-vous d’autres?

    Ce qui n’est pas toujours évident. Programmer une saison n’est pas une sinécure. Il faut composer avec les limites budgétaires, la disponibilité des pièces, la dictature des abonnements, etc., comme peuvent en témoigner Gill Champagne ou Marie-Ginette Guay. Cette dernière a récemment quitté le Périscope pour un poste de professeure au Conservatoire d’art dramatique, cédant la place à Frédéric Dubois.

    Le bouillant metteur en scène, doté d’une forte vision artistique, aura la chance de proposer des saisons qui brassent la cage. On verra ce que ça donne dans le temps. Sa première saison contient beaucoup de reprises, mais il a eu peu de temps pour l’élaborer.

    Chose certaine, ces deux changements majeurs vont changer le décor du théâtre à Québec au cours des prochaines années.

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    • Pas mal d’oubli de Québec…Marie Gignac,
      Michel Nadeau, Daniel Danis, Jacques Leblanc pourraient également être des prétendants…ils (elle) ont tous de très beaux CV….et ils (elle) pourraient tous redessiner le paysage théâtral de Québec.

      En effet. Mais Marie Gignac est bien installée au Carrefour de théâtre, Michel Nadeau au Conservatoire, Jacques Leblanc à la Bordée et je serais surpris que ça intéresse Daniel Danis (mais on ne sait jamais). Et sans vous et les offusquer, je crois qu’il serait bien de miser sur la nouvelle génération de créateurs.
      ÉM

    • Théâtral ne devrait-il pas s’accorder avec garde plutôt qu’avec changement ? À moins que…

    • Et, Lorraine Côté ? elle nous a donnée de grandes mises en scène de Beckett ces dernières années.

      Ou Kevin McCoy ? n’est-il pas déjà en résidence pour deux ans au Trident ? Avec ces talents d’acteurs et de metteur en scène.

      Pour les trentenaires vous oubliez ma foi Christian Lapointe. N’est-il pas le seul de sa génération à avoir été invité deux fois au festival d’Avignon ? à avoir été co-produit par le Centre national des Arts ? à avoir été programmé au Carrefour de théâtre lors de trois éditions ? à avoir été programmé au Festival TransAmériques à bien moins de trente ans ? à avoir été au numéro 1 ou numéro 2 des palmarès du Voir Montréal du meilleur show de l’année et ce quatre ou cinq fois si je ne m’abuse ? à avoir monté des textes symbolistes d’une rare richesse qui laisse croire qu’il est assurément apte à diriger une institution ? Je viens tout juste de voir sur le web qu’il fut même nominé l’an dernier pour Interprétation masculine Montréal au prix de la critique et ce, aux côtés de Sébastien Ricard !

      Je dis cela puisque vous parlez de miser sur la nouvelle génération. Il me semble qu’il est de cette génération celui qui a le moins froid au yeux et celui dont la démarche est la plus précise, diversifié, absolument contemporaine et rigoureuse. Et jusqu’à son travail d’auteur qui est reconnu même à l’étranger !! Si on veut aller chercher un nouveau public plus jeune! Quoi que le public plus âgé me semble aussi enclin à découvrir ce genre de théâtre qui questionne et qui ne laisse pas indemne.

      Pour ma part, bien que je crois que madame Côté ou d’autres feraient l’ouvrage, je crois que c’est de ce dernier dont la Capitale aurait besoin à la tête de ce théâtre pour bouger les choses et offrir au public de Québec un vrai renouvellement (si on veut parler de la nouvelle génération).

      Ou, le retour de Jack Robitaille comme directeur artistique et ce, à la direction du Trident ?
      Ah! Pourquoi pas!

      Vous avez tout à fait raison pour Lorraine Côté, un oubli impardonnable. Par contre, je n’ai pas oublié Christian Lapointe du tout. Je vois mal comment un metteur en scène qui préfère travailler à l’extérieur des réseaux institutionnels, pour garder sa liberté créatrice, pourrait se retrouver à la tête du plus gros théâtre institutionnel de Québec. Mais ce serait une vraie révolution de palais si Christian Lapointe s’y retrouvait comme directeur artistique.
      Jack Robitaille? Je ne sais pas si ça l’intéresse, mais faudrait voir…
      ÉM

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