Éric Moreault

Archive du 22 août 2012

Mercredi 22 août 2012 | Mise en ligne à 14h07 | Commenter Commentaires (7)

Le faux débat sur la culture

Les politiciens sont nombreux à vouloir profiter de la célébrité de Robert Lepage, mais la culture est loin d'être une priorité.     PHOTO LE SOLEIL, PASCAL RATTHÉ

Les politiciens sont nombreux à vouloir profiter de la célébrité de Robert Lepage, mais la culture est loin d'être une priorité. PHOTO LE SOLEIL, PASCAL RATTHÉ

À chaque campagne, le milieu culturel s’émeut et s’étonne que les politiciens ne parlent pas de culture (on observe le même phénomène pour l’environnement). C’est triste, mais c’est normal. La culture ne représente même pas 1 % du budget du Québec. Disons simplement qu’il y a des sujets plus importants sur le plan économique. Au premier abord.
Pourtant, la culture est un secteur économique important. A-t-on besoin de rappeler qu’il s’agit d’ailleurs d’un des axes de développement de Québec privilégié par l’administration Labeaume, pourtant d’un indécrottable populisme? Marc Gourdeau a raison de le souligner l’aspect économique lorsqu’il interpelle les partis politiques.
Parce que le reste du temps, on prend la culture pour acquis. Je ne sais pas pour vous, mais c’est plutôt rare qu’on s’arrête à réfléchir sur le fait que spectacles, musique et lectures enrichissent notre esprit et aident à devenir meilleurs. Pourtant, comme disait Pierre Foglia, «je suis effrayé par la place de l’utilitaire dans ces débats entre gens qui aspirent à nous gouverner — en fait, du peu de place de la culture, qui ne sert à rien, comme chacun sait. La place du goût, la place du beau et du laid, son enseignement, du moins l’art de voir, s’apprend.»
Bon, on le voit, la culture est intangible. Elle contribue à notre bonheur et elle enrichit nos vies. Bien peu s’en rendent compte. Ou veulent l’admettre. Mais comme d’autres l’ont souligné, la chose culturelle ne rapporte malheureusement pas beaucoup de votes et s’inscrit mal dans une logique de promesses électorales. Sauf quand elle s’arrime dans quelque chose de très concret comme la construction du Diamant, le futur théâtre du centre-ville de Québec.
Et puis, qu’y a-t-il à débattre au juste? Les plates-formes des partis sont presque copie conforme, remplies des vœux pieux habituels : appui à la diffusion, soutien à l’exportation, augmentation de la fréquentation des arts en milieu scolaire, financement des grands évènements… En fait, ce sont des mesures qui existent déjà et qui font consensus. Seule l’ampleur à leur accorder varie selon le crédo idéologique.
Pourtant, les politiciens sont les premiers à avoir de (faux) trémolos dans la voix pour récupérer les accomplissements de nos artistes qui contribuent au «rayonnement du Québec». Ou à faire l’accolade à Robert Lepage…
Dans tout ça, je pense surtout aux artistes, à tous ces gens magnifiques qui nous communiquent une plus grande part d’humanité. Ils sont riches de leurs créations et du bonheur qu’elles leur procurent. Ce qui n’empêche pas qu’ils sont souvent raides pauvres. Ça, les politiciens et la plupart d’entre nous s’en contrecrissent.

AJOUT: Débat en cour à The Economist (en anglais): l’État doit-il financer les arts? Jusqu’à maintenant (22 août), 57 % disent Oui, 43 % disent Non.

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