Éric Moreault

Archive du 20 août 2012

Maintenant que je suis de retour de vacances, passons aux choses sérieuses. Il a toujours été dans les gènes du rock, d’abord, et du punk, ensuite, de contester le pouvoir établi. Mais il n’est jamais bon de s’attaquer à l’Église et à l’État en même temps, surtout dans un pays plus ou moins totalitaire, comme l’ont appris à la dure les Pussy Riot. Trois des filles du groupe punk ont été condamnés à deux ans de prison après une performance artistique dans une église russe. Le but visé: chasser Vladimir Poutine du pouvoir. Totalement illusoire.

On ne s’attaque pas à l’homme fort de la Russie en toute impunité, ni à un croisé de l’église orthodoxe russe (Vsevolod Chaplin). Poutine a une longue tradition de répression et Chaplin s’est rapproché du pouvoir conservateur depuis deux ans malgré ses déclarations extravagantes sur les tenues féminines, les intellectuels et sa tentative de bannissement de Lolita (un portrait du magazine Time, en anglais).

Cette parodie de justice rappelle  l’Inquisition, comme le souligne mon collègue Jean-Simon Gagné, et tiens de la dérive totalitaire où non seulement la séparation de l’Église et de l’État est bafouée, mais où le pouvoir judiciaire sert servilement.

C’est là que le pouvoir de contestation artistique entre en scène. Et peut provoquer des changements de mentalité. Ça semble un peu incroyable vu d’ici, maintenant, mais les Rolling Stones ont d’abord été des contestataires (Street Fighting Man, par exemple) qui faisaient peur au pouvoir établi. L’establishment a mené une lutte de tous les instants contre le groupe, qui a préféré s’exiler. Aux États-Unis, le mouvement folk a joué un rôle prépondérant dans la lutte contre la guerre au Vietnam. Puis il y a eu les Sex Pistols et les Clash, et combien d’autres. Le rock (au sens large) est synonyme d’engagement et de liberté d’expression.

Les Pussy Riot représentent une mouvance de plus en plus rare (réfugiée dans la marge, la plupart du temps). Mis à part de rares exceptions comme Rage Against the Machine et, dans une moindre mesure, Pearl Jam, le rock a tellement été récupéré par le système qu’il a perdu son aspect sulfureux. Un certain rap a pris le relais un temps, mais ça n’a pas duré non plus, bien au contraire. J’aime bien Green Day, en musique, mais c’est totalement inoffensif socialement.

L’emprisonnement des Pussy Riot nous rappelle que la musique populaire peut aussi servir à véhiculer des idées et à dénoncer. J’en connais plusieurs qui devraient prendre des notes…

AJOUT: La police russe cherche d’autres membres du collectif, selon l’agence de presse Reuters.

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