Éric Moreault

Archive, août 2012

Vendredi 31 août 2012 | Mise en ligne à 11h17 | Commenter Commentaires (5)

Eastwood dégaine sur Obama

Clint Eastwood a joué plusieurs rôles de justicier solitaire, une image profondément ancrée dans l'imaginaire américain.

Clint Eastwood a joué plusieurs rôles de justicier solitaire, une image profondément ancrée dans l'imaginaire américain.

Permettez que je vous parle des élections? Pas les nôtres, celles de nos voisins du Sud. Clint Eastwood a fait une apparition surprise à la convention républicaine qui se déroule à Tampa Bay, cette semaine, en vue des élections présidentielles à l’automne.

L’appui du justicier solitaire m’a fait sourciller. Bien sûr, ses convictions de libertarien sont connues: il s’est même fait élire maire de Carmel (de 1986 à 1988), avec un succès très mitigé d’ailleurs. Mais s’il est fiscalement conservateur, Eastwood a toujours été très progressiste sur le plan social: mariage gai, droit à l’avortement, protection de l’environnement…

Or, justement, les Républicains sont de plus en plus extrémistes, laissant le parti à la merci de la droite religieuse et du Tea Party. En caricaturant un peu, voici la description faite par Jeff Daniels  dans la série télé The Newsroom: «Pureté idéologique, négociation vue comme une faiblesse, croyance fondamentale dans les écritures, déni de la science, incrédulité devant les faits, imperturbabilité face à de nouveaux éléments, peur hostile du progrès…»

Mitt Romney, le candidat à la présidence, campe sur des propositions sociales très conservatrices, son colistier Paul Ryan loge aussi très à droite sur le plan social. Il éliminerait l’assurance-santé pour les pauvres et les vieux; il est contre l’avortement, le mariage gai, la contraception remboursée par l’assurance-maladie, etc. Mais il adore les armes. Évidemment.

On ne parle tout de même pas de choisir entre la peste et le choléra. Barack Obama a ses défauts, mais la grossière caricature des Républicains a peu à voir avec la réalité factuelle. D’où la déception de voir Eastwood, une des dernières icônes américaines, s’afficher avec des créationnistes et autres fêlés de la théière.

Il faut lui reconnaître un certain courage, puisque Hollywood et les artistes en général supportent massivement Barack Obama (qui s’avère un centriste sur le plan social et économique, bien loin de ce qu’on considère comme la gauche ici ou en Europe). Mais, honnêtement, il aurait dû rester à la maison.

Pour les Républicains, l’apparition d’Eastwood valait de l’or. Pour un pays bâti sur une mythologie iconique, Eastwood représente le cow-boy individualiste épris de liberté, le six-coups bien en évidence à la hanche. L’image est forte et fait certainement résonner la fibre patriotique. «We own this country», a dit l’acteur de 82 ans. Ne manquait que le cheval et l’harmonica des films de Sergio Leone…

Parce que pour ce qui est du discours comme tel, il était d’un vide sidérant, rempli de banalités, sans aucune perspective autre que de critiquer des décisions de Barack Obama sur lesquelles le président américain avait peu d’emprise puisqu’il héritait des conséquences de la désastreuse administration Bush.

Tant qu’à jouer avec l’image, j’aime autant l’approche humoristique de deux acteurs de Québec pour afficher leur support à l’Option nationale (voir la vidéo). Pas vous?

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Jeudi 30 août 2012 | Mise en ligne à 14h35 | Commenter Commentaires (7)

Armée et culture: antinomique

J’avoue que dans l’art de pousser le bouchon, difficile de faire pire que l’unité de propagande de nos Forces armés qui ont concocté l’évènement «familial» Armée de culture, qui se déroule en fin de semaine dans le cadre des «festivités» entourant le 200e anniversaire de la guerre de 1812.
Armée et culture sont deux termes antinomiques. Normand Baillargeon le démontre avec une suave ironie. Extrait: «Quand le grand Archimède, traçant des cercles sur le sol de sable pour travailler à un problème de géométrie, est à ce point concentré qu’il n’obéit pas immédiatement au soldat Romain qui lui ordonne de dégager et que ce soldat le tue d’un coup d’épée, comme ne pas voir là un beau moment de rencontre entre ce très élevé monument de la culture humaine, les mathématiques, et l’armée?»
Saluons la finesse de l’écriture et son à propos. Vous devriez aller lire ça et m’en donner des nouvelles…

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Mercredi 29 août 2012 | Mise en ligne à 11h45 | Commenter Aucun commentaire

Foo Fighters et Black Keys pour éveiller les consciences

Que diriez-vous d’assister à un show formidable pour des peanuts et d’appuyer une bonne cause? Partant? Vous avez la possibilité aujourd’hui (29 août) de voir (et d’entendre) Loco Locass, Malajube, Galaxie et David Giguère pour 10 $. Les profits seront remis à Jeunes musiciens du monde. C’est bien. Mais il y a bien mieux.

Hugh Evans, 29 ans, a réussi à convaincre la Ville de New York de lui laisser présenter un concert bénéfice à Central Park avec Neil Young and Crazy Horse, Foo Fighters, les Black Keys, Band of Horses et K’naan. Gratuit en plus. Enfin presque. Ceux qui veulent un des 54 000 billets pour le 29 septembre doivent s’inscrire à globalcitizen,org, mais aussi poser un geste pour combattre la pauvreté dans les pays en développement.

Cet activisme 2.0 a séduit Patrick Carney, le batteur des Black Keys. «J’ai jamais entendu parler d’un truc du genre. Ça semble approprié. [...] Si nous devions vendre des billets, je ne sais pas ce que nous aurions accompli, mais sensibiliser les gens à l’organisation, les impliquer d’une certaine façon, vaut plus que de générer une couple de millions de dollars», a-t-il déclaré au New York Times.

Hugh Evans n’a pas choisi cette date au hasard: des milliers de délégués convergeront vers New York pour l’assemblée d’ouverture aux Nations Unies. Il espère ainsi bâtir un mouvement qui fera pression sur les dirigeants des pays riches pour ajouter un autre 500 M$ dans la lutte à l’éradication de la pauvreté et de maladies comme la malaria et la polio.

Vraiment intéressant. Car, en général, les concerts bénéfice ne génèrent pas de grosses sommes et servent surtout à soulager la bonne conscience de ceux qui y participent, tant sur qu’en avant de la scène… Il s’agit peut-être d’une voie d’avenir pour une meilleure distribution des richesses et pour convaincre les gens de s’impliquer dans de bonnes causes.

Sans perdre de vue qu’il y a aussi des gens dans le besoin tout près de nous. Karkwa a ainsi récemment prêté sa chanson Marie tu pleures à la Fondation Mélio, qui s’occupe annuellement d’environ 5000 enfants qui n’ont pas gagné à la loterie de la vie. Touchante attention.

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