Éric Moreault

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    Jeudi 5 juillet 2012 | Mise en ligne à 9h21 | Commenter Commentaires (11)

    FEQ: Sorry, we don’t sing in french

    Il y a deux ans, Luc Plamondon et plusieurs producteurs de musique francophone ont jeté un pavé dans la mare du Festival d’été de Québec, dénonçant le manque de place de la musique francophone dans la programmation. La directrice artistique de l’époque, Dominique Goulet, n’avait pas aidé en déclarant que «la chanson française ne semble pas être la voie d’avenir». Quant à Daniel Gélinas, le grand manitou du FEQ, il était resté — et demeure — imperméable à la grogne du milieu musical en disant que le succès populaire fait foi de tout. Il plaidait aussi qu’on se méprenait sur le mandat du FEQ. Alors, on en est où? Désolé, au même endroit, ce qui est un peu ironique alors que la 45e édition s’est arrimée au Forum mondial de la Francophonie, qui se déroulait à Québec en début de semaine. Vous en pensez quoi? Vous vous en foutez ou pas?

    Si on survole la programmation, les artistes francophones représentent, grosso modo, le quart des spectacles sur les Plaines, le tiers au parc de la Francophonie et le tiers à place D’Youville. C’est correct. Sans plus. Car il n’y a pas que la quantité — les quotas — qui compte. Il y a aussi la qualité. On n’a qu’à regarder la liste du spectacle de variétés présenté ce soir sur les plaines d’Abraham. Navrant. Les deux autres sites? Ordinaire. On fait français pour faire français. Et c’est là où le bât blesse.

    Il n’y a pas au Festival d’été une passion pour la musique francophone semblable à celle qui se manifeste dans l’élaboration du reste de la programmation. C’est une figure imposée, voire un mal nécessaire. Alors on case les Francos le midi à place D’Youville ou en première partie au parc de la Francophonie. J’exagère à peine. Si on n’en veut pas du francophone, fine, mais qu’on nous le dise. Évitons surtout de faire semblant.

    Je ne suis pas un croisé de la rectitude francophone. J’étais très heureux de voir Metallica sur les Plaines, l’an passé. Mais je crois aussi qu’on pourrait améliorer l’offre en sacrifiant au passage les quantités négligeables. Je crois également que le Festival d’été de Québec, qui se déroule dans la capitale d’une province francophone, se doit de refléter notre culture. Et notre langue. Il s’agit d’une question élémentaire de fierté. Il faut parfois en avoir pour ceux qui n’en ont pas.

    Je me permets de citer le chroniqueur David Desjardins. «Une langue ne peut être vivante que si elle parvient à faire rêver. À structurer la pensée. Et on ne peut ni penser ni rêver dans une autre langue que la sienne. À moins de vivre ailleurs depuis trop longtemps. Une langue, c’est le matériau avec lequel on fond l’âme des cultures.»

    Ça me semble assez clair, non? Veux, veux pas, les dirigeants du Festival d’été de Québec vont devoir arrêter de finasser et adopter une position claire. Le plus tôt sera le mieux.

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    • Pourquoi ramener un vieux débat qui date justement de deux ans ? Les défenseurs de la langue française peuvent se sentir outrés comme il veulent quand ils jugent qu’on ne laisse pas assez de place à la musique francophone au festival, mais Luc Plamondon, il a assez la grosse tête pour demander un cachet aussi gros que les Black Eyed Peas (!).

      On est au 21e siècle, c’est l’argent qui mène le monde ! En période de récession comme nous sommes en ce moment (l’Europe et les États-Unis étant les plus touchés), croyez-vous que les restaurateurs, les hôtels, et toutes les autres industries qui dépandent du tourisme et de cette manne que génère le festival ne se poseraient pas des questions à leur tour en voyant disparaître du jour au lendemain toutes ces vedettes internationales qui attirent des foules records pour des artistes francophones au rayonnement beaucoup beaucoup beaucoup moins large ?

      Depuis 5 ans, le FEQ a pris le virage grand V en terme de renommée mondiale et de visibilité et j’en suis très heureuse. Nous faisons maintenant partie du circuit des grands festivals mondiaux, et toute la population des alentours de Québec peut en profiter pour aller voir de grands noms sans avoir à se déplacer tout le temps à Montréal ou plus loin. (Chose qui devrait se rectifier souhaitons-le avec l’arrivée du nouvel amphithéâtre.)

      Vous pouvez être nostalgique de l’époque où il y avait plus de têtes d’affiches francophones, mais le festival ne faisait que ce qu’il pouvait avec les moyens qu’il avait. Maintenant, pourquoi se priver de groupes internationaux quand on peut maintenant se le permettre ?

      L’un n’empêche pas l’autre.
      ÉM

    • 1. Je crois qu’il faut toujours distinguer entre quatre catégories:

      Musique francophone, musique anglophone, musique dans d’autres langues et musique sans paroles.

      Votre division binaire: musique francophone et les autres est simpliste et peut dénoter un manque d’ouverture à la culture des autres. De plus, elle ne permet pas de se faire une idée de la place sans doute trop importante de la musique anglophone au FEQ (qui est le réel problème).

      Je rappelle que le FEQ n’est pas les Francophonies! La musique d’ailleurs (surtout du monde) fait partie des mandats du FEQ, tout comme le Jazz fait partie du Festival de Jazz de Mtl.

      Bref, voici où je me situe: qu’il y ait moins de musique francophone pour permettre à un artiste chantant en Mandarin ou en Portuguais de venir au FEQ, je trouve ça bien correct. Par contre, qu’il y ait moins de franco pour faire de la place à un énième artiste rock has-been anglophone des années 1980, je trouve ça plutôt mauvais.

      2. Avez-vous des suggestions concrètes d’artistes francophones? Des artistes pertinents capable de remplacer les “artistes de variétés” sur les Plaines et d’attirer autant?

      Selon moi, le problème est qu’il y a peu d’artistes francophones qui attirent les foules à Québec. Le problème est moins au FEQ que dans l’aliénation des gens de Québec par rapport à leur propre culture et aux cultures autres qu’anglophone.

      Voilà l’effet à moyen-long terme des radios-poubelles sur cette ville. Ces médias ont malheureusement réussi à opérer au cours des années une forme “d’ingénérie social” qui a transformé passablement les mentalités de cette ville par rapport à tout ce qui est de culture francophone.

      Ces radios ont fortement contribuer à accroître la honte des Québécois par rapport à leur identité. Le sentiment d’infériorité des gens de Québec est beaucoup plus fort qu’ailleurs dans la province. C’est vraiment un retour à “on est pas capable”, “on est né pour un petit pain” et “les Amaricains, eux, ils l’ont l’affaire”.

      Bref, il s’agit d’une pensée de colonisé et d’aliéné dont l’impact se fait sentir jusque dans la programmation du FEQ.

      P.S. Je suis de Québec

    • Je vous renvoie la question : Quel chanteur (ou quelle chanteuse, quel groupe) francophone voudriez-vous voir au FEQ qui n’a pas déjà été vu mille fois le 24 juin, en tournée au Québec, au festival de la patate de St-Quelquechose, à Star Académie, aux Francofolies?

      Vite de même: Cali, Malajube, Éric Goulet, Daran, les Soœurs Boulay, Jean-Louis Murat, Bénabar, Plume, Galaxie, Maybe Watson, Jérôme Minière, Antoine Gratton, Mathieu Lippé, Mara Tremblay, Yann Perreault, Arthur H et bien d’autres.
      ÉM

    • Il y a plein d’artistes québécois de langue française très talentueux que le public a adoré et qu’il adore encore possiblement même s’il a peu d’occasions de les entendre.

      Je me souviens de soirées où Rochard Séguin attirait quelque 30 000 personnes à la place d’Youville.

      Ces grands artistes et ceux qui se sont ajoutés sont maintenant oubliés par les organisateurs du FEQ où seule la rentabilité et le grandiose semblent compter dans l’établissement de la programmation.

      Le gouvernement du Québec et la ville de Québec devraient couper toute subvention à cet organisme si sa préoccupation première continue d’enrichir les « faces remontées » de grands artistes de la scène internationale qui ne chantent qu’en anglais.

      Colonisés nous avons été, colonisés nous demeurons. Seule différence : le colonisateur est des nôtres et vit de nos impôts.

    • @Eric Moreault

      “Je crois également que le Festival d’été de Québec, qui se déroule dans la capitale d’une province francophone, se doit de refléter notre culture”

      Justement, notre CULTURE, comme vous dites, est FORTEMENT américanisée,anglophonisée, et ce, que vous le veillez ou non. Faites le sondage parmi votre entourage à savoir quel est le pourcentage de musique francophone et anglophone est écoutée on a daily basis… après vous comprendrez les pourcentages accordées aux deux langues au FEQ. Pour ma part, je suis un Québécois francophone, et je vous dis… la musique québécoise je ne l’aime pas… j’ai le droit ?

      Oui, absolument. Je ne suis moi-même pas très musique franco. Mais je crois que le FEQ doit, justement parce qu’il est subventionné par le gouvernement du Québec, faire sa part pour soutenir la chanson francophone.

    • Juste à lire les quelques commentaires déja publiés ont voit bien que toutes les raisons sont bonnes pour ne pas mettre de l`avant la chanson francophone dans une ville qui devrait se vanter d`en être le berceau en l`amérique.

      Ainsi,quel chanteur (ou quelle chanteuse, quel groupe) francophone voudriez-vous voir au FEQ qui n’a pas déjà été vu mille fois le 24 juin, en tournée au Québec, au festival de la patate de St-Quelquechose, à Star Académie, aux Francofolies? Vivement mettre de l`avant des artistes qui sont dans l`ombre comme Madonna ou LMFAO hein?
      Concretement c`est une question commerciale . On choisit d`être big . Ca n`a plus rien avoir avec une mission .

      Ca s`inscrit dans l`air du temps faut croire et s`il est de mise de critiquer la métropole de s`angliciser,malheur à celui qui blâmera la vieille capitale.
      Si le gouvernement en place n`a pas de colonne pour favoriser le respect et la promotion du fait francais,pourquoi alors mettre cela sur le dos d`une entreprise commerciale comme le FEQ ? Mais si une autre entreprise commerciale et privée comme une équipe de hockey engage un entraineur anglophone ben là ca marche pas !

      Je vous trouve bien brave de donner la place à ce sujet parce que vous voyez on en parle maintenant comme d`un vieux débat. C`est classé, c`est du passé , c`est pas plus important que ca !

    • Je crois que beaucoup de gens ambitionnent sur le mandat du FEQ. Le FEQ n’est pas un organisme gouvernemental qui a pour but de promouvoir la langue française. C’est un festival (y’a le mot fête là-dedans supposément) qui est là pour offrir du divertissement, point. Alors allez voir les spectacles qui vous intéressent et laissez les autres millions de personnes se réjouir de la programmation.

    • On s’entend tous pour dire que nos artistes québécois des années 70 n’auraient jamais eu de problème a remplir les Plaines autant que les Black Eyed Peas et autres groupes de langue anglaise (je dis langue anglaise puisque beaucoup de groupes européens s’exportent dans la langue anglaise) Alors que s’est-il passé pour que la popularité de la musique dans notre langue diminue autant? Mon idée c’Est que les maisons de production québécoises ont ignoré certains segments du marché et certains courants musicaux internationnaux pour favoriser certains autres segments du marché.

      Les conséquence font qu’aujourd’hui ces segments négligés sont maintenant plus familliers avec les artistes anglophones que ces artistes francophones qui ne les ont jamais rejoints.

      PS : Quelqu’un peut m’informer si dans les grands festivals de Métal allemend ils ont ces mêmes questions parceque la majorité du Métal européen se fait en anglais?

    • Il y a un festival exclusivement consacré à la musique francophone, et ça s’appelle les Francofolies. Oui je sais, c’est à Montréal, mais cette ville en a bien plus besoin que Québec.

      J’adore ma langue, mais les ayatollahs du français au FEQ me les cassent royalement.

    • Moi, ce que je retiens, c’est qu’on donne autant la chance à Jean Leloup de briller sur les Plaines qu’on en donne à Bon Jovi et à LMFAO.

      Moi, ce que je sais, c’est qu’il va y avoir au moins autant de monde pour Vincent Vallières qu’il va y en avoir pour Sarah McLachlan.

      Et vous savez quoi? Je m’en réjouis. Parce qu’il n’y a pas un maudit festival au monde qui a l’envergure du FEQ et qui ose programmer de tels artistes locaux en tête d’affiche.

    • Pour qu’une langue soit vivante, il faut la parler à tous les jours! Votre article fait plaisir aux artistes du Québec qui veulent être engagés au FEQ. Point. Je n’ai pas besoin d’Éric Lapointe et compagnie pour faire vivre ma langue.

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