Éric Moreault

Archive, juillet 2012

Jeudi 26 juillet 2012 | Mise en ligne à 11h10 | Commenter Un commentaire

L’été au frais

Bon, ça y est, je décroche pour les vacances. Je ne sais pas pour vous, mais quand il fait si chaud, j’ai parfois le goût de profiter de la culture climatisée. Bien sûr, il y a la lecture sur le bord de l’eau. Je suis à mi-parcours du fascinant La constellation du lynx de Louis Hamelin et j’ai l’intention d’attaquer Freedom de Jonathan Franzen ensuite. C’est bien de ne pas bronzer idiot.

Sinon, on peut se réfugier au cinéma ou aller voir La tempête, dans une mise en scène de Robert Lepage, présenté en première mondiale à Québec. Ou encore profiter de la superbe exposition Au pays des merveilles (une allusion au célèbre roman de Lewis Carroll), présentées au Musée national des beaux-arts de Québec, sur les Plaines d’Abraham. Ce que j’ai fait cette semaine.

L’expo est fascinante pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’elle regroupe des œuvres surréalistes d’artistes de réputation internationale en un fascinant parcours de l’art au XXe siècle. Et que les 180 sont l’œuvre de femmes, de Frida Kahlo à Kay Sage, en passant par Alice Rahon et Lee Miller. Ensuite pour ce qu’elles révèlent de l’époque.

Presque toutes étaient épouses, amantes ou amies d’un artiste avant d’épouser leur propre carrière (Kahlo était avec Diego Rivera, Lee Krasner avec Jason Pollock, Jacqueline Lamba avec André Breton, Miller était l’assistante de Man Ray, etc.). Leurs œuvres sont empreintes de fierté et de dignité, mais aussi d’un puissant sentiment d’aliénation et de solitude.

Sans titre, Francesca Woodman

Sans titre, Francesca Woodman

À ce propos, j’ai été laminé par les photos de Francesca Woodman, une incroyable découverte. Ses noirs et blancs, où, souvent, elle se représente seule, sont d’une force stupéfiante. D’une qualité artistique indéniable, elle projette une détresse poignante, qui éclaire son triste destin. Le corps féminin, ici et dans la plupart des œuvres, fait figure de résistance.

Cela dit, ce qui a surtout retenu mon attention, c’est la puissance de cet imaginaire qui s’exprime, libéré des contraintes sociales (et sexuelles) dans lesquelles les femmes étaient enfermées à l’époque, et le sont encore en partie. Le dépaysement est total. Comme l’écrivait Jacqueline Lamba, «nous avions délimité les frontières de l’inconnu dans l’art moderne…»

Allez, ciao, on se revoit vers la fin août. En attendant, profitez-en pour vous amuser, peu importe ce que ce soit. J’ai déjà hâte d’avoir de vos nouvelles.

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Mardi 24 juillet 2012 | Mise en ligne à 10h10 | Commenter Commentaires (7)

Le promoteur Labeaume

Pour plusieurs, l'attente fait partie de l'expérience d'un spectacle à grand déploiement, comme à Roger Waters, samedi dernier. PHOTO Le Soleil Andréanne Lemire

Pour plusieurs, l'attente fait partie de l'expérience d'un spectacle à grand déploiement, comme à Roger Waters, samedi dernier. PHOTO Le Soleil Andréanne Lemire

De toute évidence, Régis Labeaume s’ennuie des années où il était président du Festival d’été de Québec. Je veux bien qu’un maire veille au développement économique de sa ville, mais de là à vouloir jouer au promoteur de show rock… Son histoire de «plan B» pour remplacer les plaines d’Abraham est tirée par les cheveux. Il salive plutôt sur les revenus potentiels pour la Ville en location d’emplacement.

Vous en doutez? Un passage de sa conférence de presse sur sa volonté de configurer l’ancien hippodrome et futur stationnement du Colisée nouveau pour recevoir des spectacles m’a particulièrement frappé.

Le changement d’orientation de l’amphithéâtre, maintenant est-ouest plutôt que nord-sud, était justement pour laisser de l’espace à un tel «site événementiel», a expliqué M. Labeaume. «Moi, j’ai fait une commande. J’ai dit aux architectes et aux ingénieurs : “Je veux ça, organisez-vous pour”. Ils vont revenir avec ça et on va vous montrer ça en septembre», a dit M. Labeaume. «Je veux ça, organisez-vous pour»? C’est pas sérieux. Régis Labeaume commence à être atteint du syndrome Jean-Drapeau. Qu’est-ce que vous en pensez?

Je suis d’accord avec Daniel Gélinas et vous. Le site des plaines d’Abraham, un agora naturel, est magique. Quand on y pénètre, on est gagné par la nature du lieu, son ampleur, sa beauté naturelle. Puis la fébrilité nous envahit, l’excitation de participer à une célébration nous fiche un sourire idiot aux lèvres. Quand les lumières s’éteignent, le rush d’adrénaline est la meilleure des drogues. J’ai vu Metallica, en 1994, et Lollapalooza, en 1996, à l’hippodrome. Y avait rien de magique, là, je vous jure (même si les shows étaient bons, la question n’est pas là).

Un petit mot en terminant sur l’âge et les shows rock, dont traite mon collègue François Bourque. Les plaines, à l’arrière du Manège militaire, sont naturellement inclinées, pour ceux qui ne veulent rester debout tout au long. Sans tomber dans l’âgisme, y a toujours bien des limites. Pas besoin d’en rajouter. Il y a en masse de spectacles à l’intérieur tout au long de l’année.

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Lundi 23 juillet 2012 | Mise en ligne à 11h07 | Commenter Commentaires (9)

De quel site parle le maire de Québec?

Il n'y a pas beaucoup d'endroits qui peuvent accueillir autant de gens et de commodités pour un spectacle.  PHOTO La Presse Canadienne

Il n'y a pas beaucoup d'endroits qui peuvent accueillir autant de gens et de commodités pour un spectacle. PHOTO La Presse Canadienne

Je ne sais pas si Régis Labeaume était encore sous le choc du grandiose spectacle de Roger Waters ou s’il parlait à travers son chapeau. En tout cas. J’ai relu le texte trois fois. Le maire de Québec dit envisager un autre site pour des spectacles extérieurs, pas nécessairement sur les Plaines. De quel site parle-t-il d’après vous?

On peut bien s’amuser un peu, c’est l’été. Je suis allé voir sur Google Maps. Hum, pas évident. Le Bois-de-Coulonge? Il y a pas mal d’arbres là aussi, et c’est peu accessible. Le parc Victoria, qui est sous-utilisé? Il est adossé à un hôpital. La population de Québec vieillit, mais n’exagérons rien. La base de plein-air? Facile d’accès, mais trop excentré. D’Estimauville? ou la baie de Beauport, dans le même coin? Possible. Avez-vous des idées?

Tant qu’à y être, si vous avez des suggestions pour un nouvel emplacement de 15 000 places extérieures, faites-moi le savoir aussi. Le Festival d’été de Québec en aurait grandement besoin pour les artistes trop gros pour le parc de la Francophonie et trop petits pour les plaines d’Abraham.

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