Bon, ça y est, je décroche pour les vacances. Je ne sais pas pour vous, mais quand il fait si chaud, j’ai parfois le goût de profiter de la culture climatisée. Bien sûr, il y a la lecture sur le bord de l’eau. Je suis à mi-parcours du fascinant La constellation du lynx de Louis Hamelin et j’ai l’intention d’attaquer Freedom de Jonathan Franzen ensuite. C’est bien de ne pas bronzer idiot.
Sinon, on peut se réfugier au cinéma ou aller voir La tempête, dans une mise en scène de Robert Lepage, présenté en première mondiale à Québec. Ou encore profiter de la superbe exposition Au pays des merveilles (une allusion au célèbre roman de Lewis Carroll), présentées au Musée national des beaux-arts de Québec, sur les Plaines d’Abraham. Ce que j’ai fait cette semaine.
L’expo est fascinante pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’elle regroupe des œuvres surréalistes d’artistes de réputation internationale en un fascinant parcours de l’art au XXe siècle. Et que les 180 sont l’œuvre de femmes, de Frida Kahlo à Kay Sage, en passant par Alice Rahon et Lee Miller. Ensuite pour ce qu’elles révèlent de l’époque.
Presque toutes étaient épouses, amantes ou amies d’un artiste avant d’épouser leur propre carrière (Kahlo était avec Diego Rivera, Lee Krasner avec Jason Pollock, Jacqueline Lamba avec André Breton, Miller était l’assistante de Man Ray, etc.). Leurs œuvres sont empreintes de fierté et de dignité, mais aussi d’un puissant sentiment d’aliénation et de solitude.

Sans titre, Francesca Woodman
À ce propos, j’ai été laminé par les photos de Francesca Woodman, une incroyable découverte. Ses noirs et blancs, où, souvent, elle se représente seule, sont d’une force stupéfiante. D’une qualité artistique indéniable, elle projette une détresse poignante, qui éclaire son triste destin. Le corps féminin, ici et dans la plupart des œuvres, fait figure de résistance.
Cela dit, ce qui a surtout retenu mon attention, c’est la puissance de cet imaginaire qui s’exprime, libéré des contraintes sociales (et sexuelles) dans lesquelles les femmes étaient enfermées à l’époque, et le sont encore en partie. Le dépaysement est total. Comme l’écrivait Jacqueline Lamba, «nous avions délimité les frontières de l’inconnu dans l’art moderne…»
Allez, ciao, on se revoit vers la fin août. En attendant, profitez-en pour vous amuser, peu importe ce que ce soit. J’ai déjà hâte d’avoir de vos nouvelles.
Un commentaire | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 






