Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Vendredi 29 juin 2012 | Mise en ligne à 10h25 | Commenter Commentaires (3)

    Perpétuer la mémoire de l’homme en noir

    Shawn Barker interprète un Johnny Cash plus vrai que vrai.  PHOTO Le Soleil Jean-Marie Villeneuve

    Shawn Barker interprète un Johnny Cash plus vrai que vrai. PHOTO Le Soleil Jean-Marie Villeneuve

    J’avoue: je suis retourné voir Man In Black, au Capitole de Québec où il passe l’été, pour une quatrième fois. Moi qui me suis fait une religion de ne pas fréquenter les spectacles hommage, c’est un peu hérétique. Je trouve toujours ça bizarre de voir le succédané quand on peut avoir l’original. Mais, justement, Johnny Cash est décédé en 2003. J’ai vu des centaines et des centaines de shows, mais pas lui. Je ne suis pas tout seul. Shawn Barker, plus vrai que vrai dans son incarnation, ne l’a jamais vu non plus! Et vous? Un chanceux ou une chanceuse que je peux envier à mort?

    Ceci explique cela. En partie. Johnny Cash était plus qu’une icône de la musique. L’homme était un rebelle. Avec plusieurs causes — à une époque où ce n’était pas à la mode. Il dénonçait avec beaucoup d’intelligence les travers et contradictions de la société. Comme dans Ballad of Ira Hayes, qui narre l’histoire véridique de l’Amérindien, qui s’est engagé dans les Marines en 1942 et fut immortalisé sur la photo de la bataille d’Iwo Jima (il est un des protagonistes de Flag of our Fathers de Clint Eastwood). Incapable de s’adapter à la société à son retour, il sombre dans l’alcoolisme et décède en 1955.

    Barker et son groupe en font une interprétation particulièrement réussie. Comme Man In Black, qui résume tout ce que Cash défendait avec honneur et du feu dans les yeux: les pauvres, les illettrés, les vieux abandonnés, les victimes de l’injustice, les soldats morts au combat… Le gars s’y est tenu jusqu’à la toute fin. «Ah, I’d love to wear a rainbow every day / And tell the world that everything’s OK / But I’ll try to carry off a little darkness on my back / ‘Till things are brighter / I’m the Man In Black.» Respect.

    S’il n’y avait que ça. Cash savait s’amuser sur scène, ce que Man In Black rend avec justesse (Get Rhythm, Jackson, Ring of Fire…). La magie de ce spectacle, meilleur à chaque fois que je le vois, réside dans ce bel équilibre entre les classiques et les chansons un peu moins connues. Le tout dans son contexte, du premier simple enregistré par Cash (Cry, Cry, Cry) au mythique studio Sun Records jusqu’au dernier (Hurt de Nine Inch Nail), avec Rick Rubin. L’interprétation sensible de Barker fait d’ailleurs mettre tous les poils du corps au garde-à-vous!

    Bref, à chaque fois, j’ai un gros fun… noir! Évidemment.

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    • Je vous félicite pour la qualité de cet article.
      Merci!
      ÉM

    • Cet article m’a permis de presque me sentir présente au spectacle tellement il y va de plusieurs détails intéressants. Grand merci!

      Il m’a de plus fait parcourir l’histoire (20 minutes de Google) et j’y ai fait une découverte étonnante au sujet d’Ira Hayes (Ballad of Ira Hayes) et de ses deux compagnons survivants présents sur la célèbre photo de la pose du drapeau, Rene Gagnon* et John Bradley.

      Il y eut une controverse au sujet des survivants et Rene Gagnon en est la source. Voici ce qu’en dit Wikipédia:

      [...] En voyant la photographie, le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt réalisa que celle-ci constituerait un excellent symbole pour la campagne du 7e War Bond, un immense emprunt national lancé par l’État afin que l’épargne privée soutienne l’effort de guerre. Le président demanda alors le rapatriement des soldats identifiés sur le cliché. Les Marines rentrèrent aux États-Unis vers la fin de la bataille. Le premier à rentrer aux États-Unis fut le soldat de première classe Rene Gagnon. À l’aide d’un agrandissement de la photo, Rene Gagnon identifia les autres soldats, mais refusa de donner l’identité du sixième homme (Hayes), affirmant qu’il avait promis de garder son nom secret. Gagnon avait promis de ne pas révéler l’identité de Hayes uniquement parce que celui-ci — qui n’aimait pas Gagnon — avait menacé de le tuer. Rene Gagnon fut alors transféré au quartier général des Marines. Informé que la demande provenait directement du président des États-Unis, et que refuser d’y répondre constituait un crime de haute importance, le soldat avoua finalement l’identité de Hayes.[...]

      _____________________

      *Le Marine René Gagnon est né à Manchester, dans le New Hampshire, et est l’unique enfant d’un couple d’immigrants canadien-français du Québec, Henry Gagnon et Irène Marcotte.

      The Ballad of Ira Hayes par Johnny Cash himself:
      http://www.youtube.com/watch?v=NdNV9JX-Xi8

      Très intéressant le cas de Rene Gagnon. Il faut aussi mentionner que Gagnon, Hayes et Bradley, de même que les trois autres Marines décédés ensuite dans la bataille, ont participé à une recréation du lever du drapeau pour la photo, à des fins de propagande.

    • @ Éric Moreault

      Raoul Duguay résumerait ainsi: Toute est dans toute :)

      J’en profite pour vous dire que vos papiers sont toujours très intéressants. Vous êtes un passionné, n’est-ce pas? Je ressens à travers les lignes votre goût de transmettre vos coups de coeur. À +

      Passionné? En effet. Au plaisir,
      ÉM

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