Éric Moreault

Archive, mai 2012

L'œuvre que enlever Hydro-Québec parce qu'elle l'assimile à du vandalisme. PHOTO LE SOLEIL STEVE DESCHÊNES

L'œuvre que veut enlever Hydro-Québec parce qu'elle l'assimile à du vandalisme. PHOTO LE SOLEIL STEVE DESCHÊNES

Dans l’art de se couvrir de ridicule avec une décision administrative obtuse et des arguments de béotiens, difficile de faire mieux qu’Hydro-Québec. Notre société d’État veut faire disparaître une installation qu’a réalisé Sylvain Michaud sur un de ses poteaux, en 2010, parc qu’elle l’assimile à du vandalisme, révélait un article de ma collègue Annie Morin. C’est une insulte à l’intelligence.

Un bien d’utilité publique, martèle la porte-parole. Justement. Vos fichus poteaux appartiennent à la population. Ils sont régulièrement «dénaturés» par une quantité innombrables d’affiches qui constituent une véritable pollution visuelle. Là quelqu’un décide d’enjoliver la ville de Québec en décorant un poteau d’écailles de serpent en cuir et vous parlez «d’objets placés illégalement sur un poteau»? Plutôt mourir que d’entendre ça.

Autre argument avancé: c’est dangereux. Ben oui, on le sait qu’il y a des transformateurs. Croyez-vous réellement que la population va se mettre à grimper dans les poteaux soudainement parce qu’elle veut imiter M. Michaud? Faudrait être malade. Avez-vous une petite idée du temps qu’il a consacré à l’œuvre en question? Trois patiente semaines. Depuis, il nettoie et huile le cuir pour qu’il reste beau. GRATUITEMENT!

Le gouvernement du Québec oblige promoteurs et société d’État à investir 1 % du budget de la construction d’un immeuble en art public. Les villes investissent des sommes considérables dans l’amélioration du mobilier urbain. Là, vous coupez les ailes à un citoyen qui a fait preuve d’une belle initiative pour des considérations technocratiques. Bravo les champions!

J’ai emprunté en partie le titre à une chronique de Nathalie Petrowski. En 2010, la Société d’État avait décidé de suspendre son programme d’acquisition d’œuvres d’art contemporain, qui existait depuis 50 ans, pour «économiser» 200 000 $. Comme on voit, en matière de jugement artistique, ça vole bas en ce moment chez Hydro-Québec.

Un citoyen a ouvert une page Facebook pour sauver l’œuvre. Bonne idée. Mais peut-être que quelqu’un devait plutôt lancer une pétition sur change.org. Pas mal souvent, ça fait reculer les administrations qui prennent des décisions ridicules.

AJOUT: Hydro n’a pas l’intention d’instituer une «police des poteaux», mais maintient sa position. Sans commentaire.

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Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 11h10 | Commenter Un commentaire

Des répliques qui tuent

L'affiche est une pièce courageuse, magnifiée par l'écriture fini et tranchante de Philippe Ducros.   PHOTO Patrice Laroche

L'affiche est une pièce courageuse, magnifiée par l'écriture fine et tranchante de Philippe Ducros. PHOTO Patrice Laroche

L’affiche, qui est présentée jusqu’à demain au Carrefour international de théâtre de Québec, est une pièce courageuse, qui ose dire les choses et dénoncer l’occupation de la Palestine. La pièce est magnifiée par l’écriture de Philippe Ducros, qui en assure aussi la mise en scène. Son écriture est fine et tranchante, comme je l’écris dans ma critique. Voici quelques répliques qui tuent que j’ai griffonnées dans mon calepin pendant la représentation.

- «Toi, tu ne sers à rien. Même pas à lancer des pierres.»
- «Tous les matins, je meurs.»
- «La vie a-t-elle tant de valeur?»
- «La terre est trop lourde pour qu’on la porte seul.»
- «Chez-nous, il n’y a pas de place pour l’enfance.»
- «Tu es le père d’un héros.» «Je suis le père d’un mort.»
- «La discorde est la vie dans mon ventre.»
- «Regarde mes poings. Le sang ne s’y rend pas, juste l’amertume.»
- «On entre dans leurs maisons toutes les nuits, c’est ça, la terreur.»
- «Ce n’est pas la guerre, c’est l’occupation.»
- «À chaque table, il y a une chaise vide, ou deux, ou trois.»
- «Tu crois qu’ils peuvent tuer les anges aussi?»
- «Face à l’apathie, il n’y a que notre courage et notre détermination.»

Philippe Ducros n’a pas peur d’exprimer ses opinions, avec un certain lyrisme. On peut d’ailleurs lire dans Le Devoir ce que lui inspire le soulèvement citoyen actuel dans un texte intitulé Nous sommes immenses.

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Mardi 29 mai 2012 | Mise en ligne à 14h35 | Commenter Commentaires (5)

Un Hallelujah pour Jeff Buckley

Il y a 15 ans, le 29 mai, le chanteur Jeff Buckley disparaissait englouti dans les flots la Wolf River, un affluent boueux du Mississippi. Il avait à peine 30 ans, et un seul album studio, Grace, paru en 1994. C’est sur cet album qu’il a repris Hallelujah de Leonard Cohen, une reprise que plusieurs estiment meilleure que l’originale. Pour la petite histoire, il ne s’agit pas de la version du Montréalais, mais de celle de John Cale, datant de 1991, sur la compilation I’m Your Fan. Et Buckley n’en était pas vraiment satisfait non plus, selon une entrevue qu’il a accordé.

Le fait que son père Tim, un auteur-compositeur lui aussi, soit mort à 30 ans combiné à son propre destin tragique ont mythifié Jeff Buckley. Mais il avait une voix magique, et la qualité de son interprétation ont eu une influence durable sur la musique, notamment sur Thom Yorke, de Radiohead. J’ai pensé que ça valait la peine de s’en souvenir.

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