Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Jeudi 26 avril 2012 | Mise en ligne à 16h44 | Commenter Commentaires (2)

    Les réseaux sociaux pour financer les artistes

    Richard Desjardins a utilisé le financement participatif... bien avant les réseaux sociaux, en 1989!  PHOTO LE SOLEIL JEAN-MARIE VILLENEUVE

    Richard Desjardins a utilisé le financement participatif... bien avant les réseaux sociaux, en 1989! PHOTO LE SOLEIL JEAN-MARIE VILLENEUVE

    Puisque vous aimez tellement discuter des subventions que touchent les artistes, j’y reviens. Ceux-ci peuvent maintenant solliciter directement leurs fidèles pour leur demander un coup de pouce financier par l’entremise des réseaux sociaux. Les Français appellent ça le «crowdfunding», bravo les champions, je préfère finance participative. C’est hip en ce moment, mais ce n’est pas nouveau. Richard Desjardins a demandé 10 $ à chacun de ses fans en 1989 pour financer l’enregistrement de Derniers humains (400 ont répondu à l’appel — ce qui a permis à sa carrière de démarrer et de se poursuivre avec Tu m’aimes-tu?).

    Ce qui est nouveau, c’est l’utilisation d’Internet, qui facilite les contacts directs et démultiplie les chances de rejoindre ceux qui vous aiment. Nouveau projet a utilisé la méthode récemment pour démarrer son magazine. Le festival Mutek, de Montréal, le fait en ce moment pour tenter de financer des plate-formes de diffusion virtuelle de sa 13e édition. Les gens doivent donner 20 000 $ d’ici le 16 mai, par l’entremise de Kickstarter.

    En gros, si la somme est amassée, l’argent est versé aux créateurs, sinon, les gens reprennent leurs billes. Les cinéastes, musiciens, artistes, designers et autres ont le contrôle complet (y compris artistique) sur leurs projets.  Le site se finance en retenant 5 % des sommes sur les projets retenus. Depuis trois ans, 20 000 projets se sont partagés 200 M$ provenant de près de 2 millions de personnes.

    Sinon, les artistes peuvent aussi solliciter des mécènes. Bien qu’au Québec, on soit de loin les gens qui donnent le moins en Amérique du Nord. Vous me direz qu’on paye aussi le plus d’impôts, si bien que les gens ont l’impression que le gouvernement va se charger de tout. Et n’ont pas le goût de jouer aux mécènes. C’est l’œuf ou la poule.

    C’est pour y remédier que Québec a mis en place Placements Culture, un programme qui vise à inciter les particuliers, les sociétés et les fondations privées à donner plus généreusement. Québec peut donner jusqu’à 3 $ pour chaque dollar reçu par une campagne de souscription (mais le montant ne peut excéder 250 000 $).

    Ça ne me dérange pas de verser plus du tiers des mes revenus en impôt et que ça serve au bien commun, en général, et aux arts, en particulier. Ce qui me dérange vraiment, c’est quand mon argent, et celui de l’ensemble des Québecois par le fait même, est mal administré et gaspillé. Il y a du gaspillage en culture, mais Québec y consacre moins de 1 % de son budget. Arrêtez, SVP, de faire des boutons avec les subventions au milieu des arts. Placez votre indignation ailleurs, ça va être plus productif.

    Je vous laisse avec l’exemple de Gilbert Dion (j’ai piqué ça dans le journal municipal). Le gars de Saint-Sauveur a une entreprise dans laquelle il fabrique et vend des foyers. Mais, depuis deux ans, il est le commanditaire principal de l’Internationale des musiques sacrées. De façon tout à fait désintéressée. Pour «contribuer à rendre le monde meilleur par la musique»…

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    • Encore de la charité…..

    • M. Moreault,

      C’est pour ça que ce système est bien mieux qu’un système basé sur des subventions retirées des impôts. Parce que le gouvernement et ses organismes sont trop souvent médiocres dans la gestion de quoi que ce soit et qu’il y a trop souvent copinage.

      Quand je critique sur le fait qu’il y a du gaspillage dans la culture ici, ce n’est pas parce que ça n’existe pas ailleurs. Plus on donne d’argent au gouvernement, plus il y aura d’argent gaspillé, que ce soit dans les routes, en culture ou en éducation.

      Et c’est pourquoi c’est mieux de retirer davantage de frais de scolarité que d’augmenter les impôts pour financer les universités; il y a ainsi moins d’intermédiaires et de sources de gaspillage.

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