Éric Moreault

Éric Moreault - Auteur
  • Éric Moreault

    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mardi 17 avril 2012 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (5)

    Un coup parti, brûlons les œuvres!

    Une œuvre de Severine Bourguignon, dont on voit ici une reproduction d'une toile, a été la première à être brûlé par le conservateur du musée italien.

    Une œuvre de Severine Bourguignon, dont on voit ici la reproduction d'une toile, a été la première à être brûlée par le conservateur du musée italien.

    J’aurais dû m’y attendre. En écrivant, dans ma dernière entrée de blogue, à propos des idées reçues sur les arts, plusieurs des commentaires reçus étaient truffés de clichés. Misère. Autant crier dans l’oreille d’un sourd…

    Remarquez, c’est partout pareil. Et même dans des endroits où on s’attendrait à un peu de sensibilité sur l’importance de la culture, comme en Italie. Le directeur du Musée d’art contemporain de Casoria a ainsi commencé à brûler des œuvres aujourd’hui (17 avril) pour protester contre les importantes coupes dans le secteur culturel! Un peu extrême, j’en conviens, mais une situation désespérée appelle parfois à des actions extrêmes.

    «Les 1000 œuvres que nous exposons sont de toute façon promises à la destruction en raison de l’indifférence du gouvernement», a-t-il expliqué. Antonio Manfredi a l’intention de brûler ainsi trois œuvres par semaine dans le cadre d’une initiative intitulée Art war. Remarquez, il aurait aussi pu appeler ça La guerre du feu. Et qu’est-ce qu’on en a à foutre, après tout, c’est de l’art contemporain…

    L’État italien ne consacre que 0,21% de son budget à la culture, alors que la péninsule assure abriter la moitié du patrimoine culturel mondial.

    Quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console…


    • C’est ce que je me suis dis, en lisant les commentaires suivant votre billet précédent. J’ignore d’où ça vient, cette hargne contre l’art, l’artiste ou encore le non-conforme ou tout ce qui ne peut être qualifiable par la rentabilité. Surtout, c’est souvent les mêmes commentateurs, les Gasston, Ampoi, Jackwood, Americanophile, etc., tels des trolls, ramènent et ressassent les mêmes clichés. La question qu’il faudrait leur poser,c’est quel est l’image de leur société idéal et la place de l’art et de la culture dans cette société. On en a un aperçu mais il serait intéressant d’en savoir davantage.

    • A-t-il vraiment le droit de détruire des oeuvres ? Il avait la permission de l’artiste, c’est toujours cela pour la première mais à qui appartiennent ces oeuvres ? Voués à la destruction de toute manière ?

      Il n’y a pas une procédure à suivre, un choix à faire parmi les oeuvres, un encan à tenir ?

      L’Italie comment vont leurs finances publiques ? Ce n’est pas une raison pour laisser son patrimoine national à la destruction on en convient… Sauf que l’État ne pourra jamais tout faire…

      De plus vous écrivez :

      ” la moitié du patrimoine culturel mondial ” si c’est un patrimoine culturel mondial, il faut que le financement soit lui aussi mondial !!!! D’autres États et des donateurs du monde entier doivent s’impliquer sur les biens culturels qui ont une suffisante valeur patrimoniale, les budgets seront toujours limités. Des choix seront à faire.

    • Je n’en reviens pas qu’on puisse oser brûler de telles oeuvres telle une représentation de 3 piments forts. Je l’aurais acheté pour au moins 2 piasse! Le bois d’allumage a probablement coûté plus cher!

      La question n’est pas si la culture est importante ou pas, bien sûr que c’est important. La vraie question est: avons-nous besoin réellement de la subventionner par le public?

      Mon parrain à la retraite fait de magnifiques peintures, pourtant personne ne l’a subventionné. Il fait ça par passion. Ça lui coûte des matériaux, il ne charge rien. Voilà pourquoi la culture sera toujours présente, qu’on la finance ou pas.

    • Vous avez raison de dénoncer les clichés mais alors n`importe quel point de vue peut -être jugé comme un cliché et donc il serait interdit de dire quoi que ce soit . Il y a quelque chose de pas clair la dedans. Pour être un peu brut : un tas de m… demeure un tas de m…Mais si quelqu`un y trouve quelque chose d`artistique et de valable alors faudrait accepter sans rien dire ?

      Mon exemple est aussi extreme que celui qui veut bruler des oeuvres dans le fond .Il est clair que l`état ne peut tout subventionner et ne doit pas tout subventionner. Bien sur qu`avant de passer par la culture,il y a tant a couper,à abolir ou à réformer mais le courage politique n`y est pas.
      L`italie peut encore faire beaucoup ne serait ce qu`au niveau historique de corruption mais si concretement le pays est au bord du gouffre,ont ils d`autres options qui peuvent les sauver de l`effondrement ? Dans ce sens la culture passe au second rang.

      De là à faire un rapprochement avec le Québec loin de moi l`intention mais la situation n`est pas rose non plus et si un jour il fallait réagir, nous nous en voudrions de ne pas avoir agi quand il était encore temps.

    • @ noirod – 18 avril 2012 – 12h40 -

      « Dans ce sens la culture passe au second rang. » dites-vous…

      Or, l’Italie est parvenu de 1945 à 1980 à équilibrer sa balance commerciale et payer sa facture de pétrole grâce au tourisme. Et, ce qui a fait la différence ce sont les villes d’art comme Florence, Venise, Rome, et autres Ravenne. C’est donc parce que l’art est de plain-pied avec le reste de l’activité économique de l’Italie qu’elle a pu concurrencer des pays plus autrement nantis.

      @ arnolde – 18 avril 2012 – 12h29

      Vous avez raison, peindre un tableau ne coûte pas très cher. Mais l’art de la peinture ne peut se résumer qu’au fait de peindre un tableau. Encore faut-il l’intégrer à la vie de la Cité, dans l’architecture elle-même, dans le marché. Ce qui demande un investissement, et il faut financer cet investissement.

      Monter une exposition coûte à Québec au bas mot, et dans une espace gratuit, ± 15 000$ ( dont ± 5 000$ en frais d’encadrements), sans compter le coût de production des oeuvres ( ± 5 000$ de matériaux et de médiums). Il faut dont vendre pour 40 000$ pour générer un revenu brut de 20 000$. En galerie, il faut vendre pour plus du double de ce montant pour obtenir le même revenu pour l’artiste et pour que le galeriste paie ses frais puisque la galerie prend 60% du produit des ventes pour ce faire. C’est possible dans la seule mesure ou toutes les conditions sont réunies. Et c’est possible pour plusieurs quand l’artiste restreint sa production à la production d’oeuvres « commerciales », des maisons québécoises et des paysages quand c’est ce qui est prisé, ou des oeuvres abstraites imitant ce qui a déjà été produit quand c’est ce qui est communément prisé. Ce n’est pas avec ce type de production qu’on se positionne dans le marché international de l’art… Il faut donc autre chose. Et encore faut-il l’atteindre ce marché international de l’art.

      Il nous a fallu 50 ans pour le faire en chanson, au théâtre, en cinéma, en danse. Mais nous n’y sommes encore pas parvenu en arts et métiers d’arts visuels… Pour y parvenir, il faut consentir à investir. Et c’est investissement qu’il soit privé ou public doit venir de la société québécoise. On peut le faire, comme on l’a fait dans les autres arts… du moins j’y crois encore… sinon, la seule alternative est l’expatriation, comme Riopelle s’est résolu à le faire… Je ne peux pas croire que nous en soyons encore là, 60 ans plus tard…

      @ lecteur_curieux – 17 avril 2012 – 17h14

      OUI, le directeur du Musée a eu la permission de l’artiste… Cf l’article de l’Express – http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/les-monuments-italiens-s-ecroulent-le-secteur-prive-et-l-ue-a-la-rescousse_1102497.html

      Et vous avez bien vu… Le monde entier doit assumer les frais de protection et de mise en valeur de la moitié du patrimoine mondial qui se trouve en Italie. L’autodafé dont on parle ici, nous permet d’en venir à cette juste conclusion, ce, maintenant qu’un conservateur a trouvé le moyen bon moyen de nous alerter pour attirer l’attention des médias sur cette question. Sans ce recours à cette mesure spectaculaire, le spectacle de l’actualité aurait trouvé autre chose pour nous distraire…

      Umberto Eco disait aussi l’an dernier à ce propos… « Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, on ne sait pas comment faire de l’argent avec notre culture nationale »… mais même lui, n’a pas réussi à attirer l’attention des médias, de manière à ce que nous en soyons informé,es.

      J’ai déjà pensé le faire avec mes oeuvres dans certains moments de découragement… pour attirer l’attention sur le sous-développement des arts et métiers d’arts d’ici et sur la misérable situation qui est la mienne… Mais c’est râpé… d’autres l’ont fait… Comme quoi, il faut foncer… cesser de remettre à plus tard ce qui doit être fait aujourd’hui… ;-)

      Ce qui m’a retenu, c’est que même ça, n’aurait pas été relayé de manière conséquente par les médias… tant est si grand notre indifférence aux arts et métiers d’arts visuels… faudra-t-il que nous nous immolions par le feu devant l’Assemblée nationale… !?

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    octobre 2014
    D L Ma Me J V S
    « sept    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives

  • publicité